Dictionnaire des citations


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CAC 40

Voici ce qu'on peut lire à la Une du journal Le Monde du vendredi 9 mars 2018 :

"93 400 000 000 euros"

"DE PROFITS POUR LE CAC 40"

- "Portée par la bonne conjoncture de 2017, les multinationales ont engrangé des résultats spectaculaires, en hausse de 24 % par rapport à 2016"

- "Les 40 groupes du CAC, français pour la plupart, ont retrouvé les volumes de profits des années 2006-2007, avant la crise mondiale"

- "En tête du classement en termes de bénéfice net, Sanofi (8,4 milliards), BNP Paribas (7,8 milliards), Total (7,2 milliards), Axa (6,2 milliards) ou LVMH (5,1 milliards)"

- "De son côté, la BCE s'inquiète des salaires anoormalement bas en Europe, alors qu'une amélioration n'est pas attendue avant 2020"

(se) cacher

"Se cacher est un plaisir. Ne pas être trouvé est une catastrophe."

Donald Woods Winnicott

Cité par Agnès Desarthe dans l'émission de France Culture, Une vie, une oeuvre, consacrée à ce pédiatre et psychanalyste britannique et diffusée le 13 décembre 2014 (1).

NOTE JMS :

(1) Cette écrivaine avait d'ailleurs mis cette citation en exergue de son premier roman, comme elle le dit elle-même en début d'émission.

Cahiers noirs

Dans un article publié dans le journal Le Monde du 28 janvier 2014 et intitulé : "Heidegger : sa vision du monde est clairement antisémite", Emmanuel Faye (1) écrit ceci :

"L'antisémitisme de Martin Heidegger est depuis longtemps bien documenté, tant dans ses lettres que dans ses cours. Par exemple, en 1935, écrivant à son collègue Kurt Bauch (2), membre comme lui du Parti national-socialiste, il déplore que se pressent à ses cours "juifs et demi-juifs". Dans un séminaire d'éducation politique de l'hiver 1933-1934, il enseigne que "la nature de notre espace allemand [...] ne se manifestera peut-être jamais aux nomades sémites"."

"Et, dans un cours de la même année, il exhorte ses étudiants à se donner pour but "sur le long terme", l'"extermination totale" de l'ennemi enté sur la racine la plus intime du peuple germanique. Qu'apporte donc de nouveau la publication imminente de ses premiers Cahiers noirs ? Pourquoi ce vent de panique parmi les heideggériens ?"

"La querelle que l'on observe actuellement entre heideggériens se déroule sur fond de guerre de succession, notamment entre la Martin Heidegger Gesellschaft (3), créée en 1985, et le nouvel Institut Martin Heidegger de Wuppertal, fondé en 2012 par Peter Trawny (4). Cela au moment où le fils, Hermann Heidegger, se prépare à passer la main au petit-fils Arnulf."

"C'est le contrôle des éditions et traductions pour les prochaines années qui est en jeu. Dans ce contexte, l'ancienne ligne de défense, qui consistait à tout nier, s'est effondrée pour laisser place à ce que François Rastier (5) a justement nommé l'"affirmationnisme". C'est Gianni Vattimo affirmant que Heidegger a eu le courage de s'engager en 1933, ou Slavoj Zizek soutenant qu'il a fait "le bon pas dans la mauvaise direction". C'est maintenant Trawny qui reconnait enfin l'antisémitisme foncier de l'auteur d'Etre et Temps [...], mais pour louer la "liberté de pensée" et le "courage" de celui qui assume publiquement, mais de façon posthume, son hostilité radicale à l'égard du judaïsme."

"Outre les problèmes que pose cette évolution des lignes de défense, ce qui est particulièrement troublant, c'est la volonté exprimée par Heidegger, de publier ses Cahiers noirs antisémites comme l'aboutissement du chemin tracé par les 102 volumes de son oeuvre intégrale. [...]."

"La récusation constante, depuis les années 1920, de l'absence de sol et du déracinement de l'homme moderne, apparaît aujourd'hui comme l'expression, désormais explicitement assumée dans l'oeuvre même, de ce qu'il nomme, dans ses lettres, l'"enjuivement au sens large" de la culture allemande."

"Nous sommes donc en mesure de comprendre de quelle teneur est le "combat" dont il exigeait qu'il se poursuive, au § 74 d'Etre et Temps (6). Sont en cause non seulement l'individualisme moderne, la pensée rationnelle et la démocratie, qui participent de cet "enjuivement au sens large" qu'il pourfend, mais aussi ce qu'il nomme dans son cours de 1932 récemment publié en allemand, le "christianisme juif".

"C'est ce combat tout à la fois antihumaniste et antisémite, qui forme la trame du Combat actuel pour une vision du monde historique, pour reprendre le titre qu'il a donné à ses conférences prononcées à Cassel en 1925. Dans ces conférences, véritables matrice d'Etre et Temps, il fait sienne la formule du comte Yorck (7) adressée à Dilthey, selon laquelle "l'homme moderne, l'homme depuis la Renaissance, est prêt à être enterré"."

"Or, cette "vision du monde historique", quelle est-elle ? En aucun cas il ne s'agit pour lui d'une représentation individuelle. Dans la conception qu'il défend, le monde n'est pas l'objet de ma pensée, c'est un  espace commun pour un être-là, ou Dasein, toujours déjà enraciné en lui ; une existence non pas individuelle mais communautaire et exclusive, bref, dans le langage nazi de l'époque, völkisch."

"Comme il l'enseigne dans un passage capital de son cours du semestre d'hiver 1933-1934, peu avant son éloge vibrant de la "vision du monde national-socialiste" enseignée au peuple allemand par Hitler : "La vision du monde n'est pas une superstructure venant après-coup, mais un projet mondial qu'un peuple accomplit."

"Ce que Heidegger nomme vision du monde se distingue à la fois du concept d'idéologie élaboré par Marx dans L'idéologie allemande et la représentation consciente que nous pouvons former de notre environnement historique. La vision du monde national-socialiste n'est ni le reflet inversé de rapports historiques réels tels que l'envisage la pensée marxiste ni une conception collective à laquelle nous serions libres d'adhérer ou non."

"Uni sous la Führung ("commandement") hitlérienne, le peuple germanique se trouve, par son être même, inscrit dans un monde ou espace commun dont sont exclus tous les autres. C'est d'un racisme ontologisé qu'il s'agit."

"Dans les quelques citations qui nous parviennent des Cahiers noirs, Heidegger soutient en effet qu' "avec leur talent calculateur prononcé", "les juifs vivent selon le principe de la race". Il affirme en outre l'absence non plus seulement de sol, mais de monde du judaïsme."

"Telle est sa thèse antisémite : le supposé "judaïsme mondial", conçu par lui de façon nazie comme une puissance cosmopolite menaçante, qui exprime "le déracinement de tout étant hors de l'être", est ontologiquement dépourvu de monde, comme le nomade sémite est privé de toute révélation de l'espace allemand. En bref, le terme central de Etre et Temps, celui de l'être-là comme être-dans-le-monde, apparaît maintenant dans toute sa violence discriminatoire."

De même se trouve éclairée de manière nouvelle la lutte de Heidegger contre ce qu'il nomme, dans un cours de 1929, la "dégénérescence de la vision du monde", à laquelle il oppose celle "entendue comme maintient". De ce maintient dans l'être, de cette Haltung ("attitude") aux accents héroïques, les juifs, parce qu'ils sont dépourvus de monde, sont d'emblée exclus. La radicalité de l'attaque se voit au  fait que, de l'animal, Heidegger ne dit pas qu'il est sans monde, mais seulement "pauvre en monde".

"Une oeuvre peut-elle garder le nom de philosophie, quand elle se donne ainsi pour principe un racisme ontologisé ? La tentative d'inscrire l'antisémitisme dans l' "histoire de l'être", affirmée par Heidegger dans ses Cahiers noirs, est-elle réductible à une ultime aventure ou "errance" -  selon le mot de Peter Trawny - de la pensée philosophique ? Il apparaît nettement qu'il s'agit d'une version ontologisée et mythifiée de la vision du monde nationale-socialiste."

NOTES JMS :

(1) Emmanuel Faye enseigne à l'université de Rouen. Il est le fils de Jean-Pierre Faye.

(2) Kurt Bauch est un historien de l'art allemand qui a entretenu une correspondance (1932-1975) avec Martin Heidegger dont il était ami. Cette correspondance (1932-1975) a été éditée par Almuth Heidegger et publiée en mars 2010 (Verlag Karl Alber) avec une préface d'Alfred Denker.

(3) L'Association Martin Heidegger.

(4) Peter Trawny (né en 1964) a étudié la philosophie, la musicologie et l'histoire de l'art. Il enseigne à l'université de Wuppertal.

(5) François Rastier (né en 1945) est un sémanticien français, docteur en linguistique et directeur de recherches au CNRS. C'est un spécialiste de sémiotique des cultures.

(6) "In der Mitteilung und im Kampf wird die Macht des Geschickes erst frei. Das Schicksalhafte Geschick des Daseins in und mit seiner "Generation" macht das volle, eigentliche Geschehen des Daseins aus." 

Sein und Zeit, Max Niemeyer Verlag, 1935, § 74 ("Die Grundverfassung der Geschichtlichkeit"), pp. 384-85.

"C'est dans la communication et dans le combat que se libère toute la puissance du destin commun. C'est le destin commun partagé dans et avec sa "génération" qui constitue, en ce qu'il a de destinal pour le Dasein, la pleine et propre aventure du Dasein."

Etre et Temps, NRF Gallimard, 1986, § 74 ("La constitution fondamentale de l'historialité"),p. 449. Traduction de François Vezin d'après les travaux de Rudolf Boehm, Alphonse de Waelhens, Jean Lauxerois et Claude Roëls.

(7) Paul, comte Yorck von Wartenburg (1812-1897) est un juriste et philosophe allemand qui entretint une importante correspondance avec son ami, le philosophe Wilhelm Dilthey (1833-1911). Cette correspondance eut une très forte influence sur la pensée de Martin Heidegger, notamment par rapport à son approche de la question de l'histoire dans Etre et Temps.

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François Rastier, dans son article publié dans le journal Libération du 6 mars 2014 et intitulé "Il n'y a pas d'affaire Heidegger", écrit, quant à lui, la chose suivante  :

"[...] on annonce aujourd'hui neuf volumes regroupant les Cahiers noirs. Les extraits rendus publics depuis décembre, reprennent les thèses de Hitler et de Rosenberg sur la "domination juive mondiale"."

"Heidegger dépasse l'hitlérisme sur sa droite, par une radicalisation de l'antisémitisme. [...] Trawny [...] fait lui-même la comparaison du propos heideggérien avec les Protocoles des Sages de Sion [...] et "estime que [...] la volonté [de Heidegger] de publier [ses idées antisémites] témoigne chez [lui] d'une "remarquable liberté de pensée"."

"[...] Trawny a bien compris que Heidegger, en prévoyant de couronner son oeuvre complète par neuf volumes ouvertement ultra-nazis, pensait non sans raison qu'ils seraient accueillis comme marée en carême et misait sur le dépassement d'un hitlérisme vieillot et vaincu par un ultra-nazisme actualisé et décomplexé. Après que le négationnisme a fait son temps,  voici celui de l'affirmationnisme. A en juger par les premières réactions, le retentissement sera grand dans le monde académique à l'échelle internationale." 

"Comme Heidegger déploie un style oraculaire, pompeux et adroitement hypnotique, recodant dans le vocabulaire de l'ontologie les catégories du nazisme, on n'a pas su ou pas voulu y discerner le double langage qu'il revendiquait pourtant en privé. L'"affaire Heidegger" n'aura été que celle de l'aveuglement parfois complice de divers milieux académiques et de bien des intellectuels de renom. Mais une philosophie qui appelle au meurtre est-elle autre chose qu'une idéologie dangeureuse ? De fait, des ultra-nationalistes influents, comme Alexandre Dougine, ou des islamistes comme Omar Ibrahim Vadillo, s'appuient de longue date sur Heidegger pour prôner la supériorité raciale et la guerre totale. Dans le scénario noir, tel que Heidegger l'a programmé, la radicalisation inscrite dans son projet éditorial peut revêtir alors une valeur éducative, en prônant un antisémitisme radicalisé et philosophiquement légitimé."

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Et Sidonie Kellerer, chercheuse à l'université de Cologne, en ce qui la concerne, publie dans BiblioObs du 11 mai 2014 un petit texte qui a pour titre : "A quelle "guerre invisible" Heidegger faisait-il référence ?" et dont voici quelques extraits :

"[...] l'acceptation du national-socialisme par Heidegger [...] va de pair, en particulier, avec un antisémitisme dont la violence idéologique n'est en rien diminué par le vernis idéologique qui la recouvre. [...]."

"L'aveuglement de nombre des analystes de Heidegger est à rapprocher de la négligence qui consiste à ignorer le rôle joué par l'hermétisme dans le langage de Heidegger [...]. Les allusions à un langage toujours indirect et codé sont omniprésentes dans ses textes et elles sont récurrentes en particulier dans les Cahiers Noirs. Son message, y lit-on, n'est "jamais, et ce à bon escient, communiqué de manière immédiate", il s'agit d'une "communication cachée". "Nous resterons", explique-t-il, "dans le front invisible de la secrète Allemagne spirituelle" (1)."

"Ainsi, dans une lettre adressée par Heidegger le 25 novembre 1939 à Doris, la femme de Kurt Bauch (2) [...] on lit : "Je crois que nous ne sommes qu'au début de ce que cette guerre invisible va nous apporter" (3)."

"A la première lecture, j'ai trouvé cette phrase énigmatique. Des recherches m'ont alors permis de découvrir, non sans étonnement, qu'en mai 1939, la ligue nationale-socialiste des soldats du Reich (Reichkriegerbund) avait publié un manuel de formation intitulé La guerre invisible et sa parade par le soldat allemand (4). La "guerre invisible" désigne, explique le texte, "les agissements de certaines forces cachées", qui "mènent une politique extérieure et mondiale secrète", une "guerre sournoise" contre les "intérêts völkisch et nationaux"."

"Ce dangereux ennemi invisible est la "Juiverie mondiale" qui, "dirigée de manière unifiée, vise à la domination du monde". La "sous-estimation de la Juiverie mondiale" doit être combattue avec la plus grande fermeté. Le texte reprend tous les poncifs antisémites, du Juif obsédé par l'argent, en passant par le Juif tirant en secret les fils de la politique mondiale jusqu'au Juif à tout prix fidèle à sa race. Il faut répondre à la guerre invisible et totale des Juifs par une guerre de même nature : invisible et totale, dans laquelle la "guerre de l'esprit et de l'âme" doit jouer un rôle prédominant."

"[...]."

"Il est remarquable que Heidegger emploie la même tournure que la brochure de formation [...] de la ligue nationale-socialiste. Au-delà de cette concordance que l'on ne peut ignorer, même si elle ne suffit pas à établir une corrélation directe, il faut souligner que l'espression de "guerre invisible" évoquait alors inévitablement la figure du Juif invisible, dangereux du fait même de son caractère insaisissable."

"[...]."

"Les passages explicitement antisémites de Heidegger [...] ne sont donc que la partie évidente dans un discours de part en part codé, qui requiert, pour sa compréhension, une mise en  contexte historique."

"Si l'on tient compte de celle-ci, on voit qu'il est faux de parler d'une prise de distance progressive de Heidegger à l'égard du national-socialisme. Ce qui était déjà clair avant même la publication des Cahiers noirs, à condition de tenir compte du caractère crypté du langage heideggérien. [...]."

NOTES EN BAS DE PAGE DE CE TEXTE :

(1) Heidegger, Uberlegungen II -VI (Schwartze Hefte 1931-1938), Peter Trawny (dir.), vol. 94 de la Gesamtausgabe, Frankfurt am Main : V. Klostermann, 2014 (note de l'auteur).

(2) Cf. texte précédent, note 2.

(3) Heidegger, Kurt Bauch, Briefwechsel 1932-1975, Almuth Heidegger (dir.), Freiburg/München : Karl Alber, 2010, p. 61 (note de l'auteur).

(4) Freiherr von Rechenberg, Der unsichtbare Krieg und seine Abwehr durch den deutschen Soldaten !, Berlin : Nationalsozialist. Reichkriegerbund, 25 p. (note de l'auteur).

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Le national-socialisme est un principe barbare. C'est ce qui lui est essentiel et sa possible grandeur."

Martin Heidegger : Les Cahiers noirs (1)

NOTE JMS :

(1) Cité dans la 4ème de couverture du livre de Guillaume Payen : Martin Heidegger. Catholicisme, révolution, nazisme, paru chez Perrin en 2016, 616 p.

se cajoler

"Nous nous cajolions (nounou ; cage aux lions)."

Marcel Duchamp : Duchamp du Signe, Flammarion, 1975.

SOURCE :

Roger Dadoun : Duchamp Ce Mécano qui Met à Nu, Hachette, 1996, p. 119.

calcul mental

- "Combien font 7 fois 9 ?"

- "76", compte rapidement Didier Migaud (1), président de la Cour des comptes (2), en 2010.

SOURCE :

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 108.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Migaud

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cour_des_comptes

calembour

"Louis XV (1) apostrophe le marquis de Bièvre (2) :

- "Marquis, on dit que vous faites des calembours (3) sur n'importe quel sujet. Faites-en un sur moi."

- "Impossible, Sire : Votre majesté n'est pas un sujet !"

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_XV et http://www.cosmovisions.com/LouisXV.htm

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/François-Georges_Mareschal_de_Bièvre

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Calembour et https://www.laculturegenerale.com/calembour-definition-liste-2

SOURCE :

Jean Piat et Patrick Wajsman : Vous n'aurez pas le dernier mot ! Petite anthologie désinvolte des plus belles reparties, Albin Michel, 2006, p. 110.

callistique

"Possible"

"La figuration d'un possible.

(pas comme contraire d'impossible

ni comme relatif à probable

ni comme subordonné à vraisemblable)

Le possible est seulement

un "mordant" physique [genre vitriol]

brûlant toute esthétique ou callistique"

Marcel Duchamp : note écrite en 1913.

SOURCE :

Marcel Duchamp : Duchamp du signe, Flammarion, col. "Champs arts", chap. I. Le voile de la mariée, 2013, p. 112.

Calvados (boisson)

"Le calva ça peut pas faire de mal, c'est de la pomme et du sucre. Rien que des plantes." (1)

Michel Audiard : Le Cavaleur (Philippe de Broca, 1979) (2)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. http://www.patrimoine-normand.com/index-fiche-30106.html

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cavaleur et https://www.philippedebroca.com/film/le-cavaleur

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 7.

caméléon

"Qui n'admirerait ce caméléon que nous sommes ?"

Jean Pic de la Mirandole (1) : Discours de la dignité de l'homme (1486)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pic_de_la_Mirandole

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 41.

camelote

"[...] l'Allemagne, de qui nul ne conteste la splendeur commerciale, est la patrie de la camelote."

Charles Morice

SOURCE : Guy Bechtel & Jean-Claude Carrière : Dictionnaire de la bêtise suivi du Livre des bizarres, nouvelle éd., Robert Laffont, col. Bouquins, 2014, p. 27.

Albert Camus

"Le rappeur et poète Abd al Malik reprend L'Envers et l'Endroit, la première oeuvre d'Albert Camus, dans L'Art et la Révolte, un spectacle à mi-chemin entre le rap, le slam, la danse et la performance vidéo (1)."

""Sans liberté vraie et un certain honneur, je ne puis vivre. Voilà l'idée que je me fais de mon métier." Ce soir-là, le timbre humaniste d'Albert Camus fait vibrer le Théâtre du Châtelet. Parole intemporelle, universelle. [...]. En décembre 2013, il a fait le pari hautement risqué de transposer l'oeuvre de Camus au slam. Costume sombre, voix profonde, présence magnétique... le rappeur-poète dévoilait sur scène L'Art et la Révolte. [...]. Dans cet essai de 1937, le futur auteur de L'Etranger décrivit une jeunesse plus que modeste. Celle d'un fils de colons d'une cité d'Alger, orphelin de père et assoiffé d'ailleurs..."

"Six décennies après la mort de l'écrivain, son histoire fait encore écho à Abd al Malik. Ce gamin, arraché de Brazzaville, puis élevé en banlieue parisienne par sa mère, la considère comme la pierre angulaire. Le slogan "L'art et la révolte ne mourront qu'avec le dernier homme" en exergue, il signe ici un hommage hybride mêlant lectures, vidéo, danse... [et] ses textes engagés trouvent une forte résonance dans le verbe de Camus le résistant [...]. La présence de Juliette Gréco, du pianiste Gérard Jouannest (2) et d'un ensemble classique enluminent cette [...] rencontre imaginaire."

Critique Télérama du 17 mai 2014 (in n° 3357 du 17 au 23 mai 2014).

NOTES JMS :

(1) Spectacle musical enregistré au Théâtre du Châtelet, à Paris (France, 2013).

(2) Gérard Jouannest est un pianiste français né en 1933, connu principalement pour avoir été l'accompagnateur de Jacques Brel ainsi que pour être celui de Juliette Gréco, dont il est l'époux.

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"[...] en campagne pour sa réélection, [Nicolas Sarkozy] rend hommage à Stéphane Camus et non à Albert..."

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 41.

cancer

"BIEN PLACE UN CANCER PEUT RAPPORTER JUSQU'A 120 000 EUROS."

"Signez la pétition pour faire baisser le prix de médicaments sur www.leprixdelavie.com"

 Message publicitaire de Médecins du monde paru dans le Télérama n° 3466 (du 18 au 24 juin 2016), p. 17.

candidat

"Quel est le féminin de "candidat" aux cantonales ? Suppléante."

Cécile Duflot (1)

SOURCE :

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 58.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cécile_Duflot

canicule

"Pendant la canicule, nombre de personnes s'écrient : "C'est effrayant, il y a 35° à l'ombre." Mais qui les oblige à rester à l'ombre ?"

Pierre Dac, rédacteur en chef de : L'os à moelle, Le Livre de Poche n° 3937, 1974, p. 70. Textes réunis et présentés par Michel Laclos.

cannabis

A propos du documentaire de Laurent Samama : Arjan Roskam, le Roi du cannabis (France, 2014, 55 mn ; série Criminels 2.0, 5/6), Marie-Hélène Soenen écrit, dans un encadré Télérama consacré à celui-ci :

"Dans la famille des businessmen mégalos [...], voici le Néerlandais Arjan Roskam, dit "le Roi du cannabis". Un "chasseur d'herbe" autodidacte devenu un ponte de la drogue. Le quinqua règne aujourd'hui sur Green House, un empire du cannabis partagé entre un réseau de coffee shops et... un site de vente de graines de cannabis par correspondance." 

"[...], le récit retrace la percée fulgurante d'Arjan Roskam dans le monde de la drogue. S'il dit peu de choses de sa personnalité et de sa vie privée (et ce malgré l'obtention d'une interview, où l'on perçoit surtout son arrogance), le film évoque avec intérêt les débuts des coffee shops à Amsterdam et explique les raisons de son succès. Arjan Roskam n'a pas 30 ans lorsqu'il décide d'ouvrir son propre point de vente, en 1992, et révolutionne le marché par un plan marketing inédit : il rend le coffee shop transparent et convivial, y appose son logo et étend sa notoriété jusqu'à séduire les stars américaines. Le réalisateur détaille la com imparable de Roskam, son utilisation habile d'Internet et des vidéos qu'il produit à sa gloire, bâtissant le mythe d'un aventurier parcourant la planète pour dégoter la meilleure herbe. Auprès de ses collaborateurs et de spécialistes des lois antidrogues, il interroge la légalité de ses activités sans apporter de réponse définitive, et montre surtout le caractère borderline de ce roi de la provoc."

cannibalisme

Dans un texte publié dans le Télérama n° 3554 le 21 février 2018 , p. 143, Julia Vergery écrit, à propos de www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties, diffusé le 16 décembre 2017, 2 x 29 mn :

"C'est l'histoire d'un homme brûlé "quasi vif" par une foule devenue furieuse. Ce 16 août 1870, Napoléon III est malade, les Prussiens ont envahi la Lorraine, la fin du second Empire est proche. Dans le village de Hautefaye, en Dordogne, Alain de Monéys a eu le malheur d'être là le jour où la folie collective l'emporta sur l'entendement. Sur France Culture, dans Une histoire particulière, Olivier Chaumelle raconte ce drame, un fait divers sordide sur fond historique. C'est la foire agricole, la rumeur se répand aussi vite que le vin est bu : de Monéys est soupçonné d'être républicain, et bientôt la foule s'en prend à lui dans un mécanisme de violence implacable. On le torture, il finit au bûcher. Certains feront des "tartines de gras de cochon" dans un élan cannibale épouvantable. [...]."

capitalisme

"On n'est pas à un moment où la planète est appauvrie. On est à un moment où le capitalisme a réussi à s'organiser pour ne plus verser sa part au bien public. Fraude et évasion fiscales se comptent en milliards d'euros. Alors, il n'y a plus d'argent dans les caisses. L'Etat social ne peut pas fonctionner. Si on ne résoud pas ce problème-là, les partis nationalistes ne vont cesser de prospérer. [...]."

Paul Moreira (1), propos recueillis par Marie Cailletet à propos de son enquête (France, 2015, 95 mn) : Danse avec le FN (Télérama n° 3405 du 15 avril 2015, p. 66).

NOTE JMS :

(1) Paul Moreira est un reporter, documentariste et écrivain français né en 1961 au Portugal et vivant à Paris depuis 1963.

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"Je profite des contradictions du système capitaliste. J'utilise les moyens des riches pour faire comprendre les idées des pauvres."

Coluche

Cité dans Eric Bhat et Jean-Quentin Gérard : Le programme politique d'un mec nommé Coluche. Sa vie, son oeuvre, S.I.P.E. (Société internationale de presse et d'édition), Paris, 1981, p. 24. 

Cargill

A propos du documentaire de Stenka Quillet et Pedro Brito da Fonseca : Cargill : la faim justifie les moyens (France, 2015, 52 mn), Emmanuelle Skyvington écrit, dans un encadré consacré à celui-ci :

"Numéro 1 de l'agroalimentaire, la multinationale Cargill contrôle une partie du négoce des matières premières et des produits alimentaires de base (sucre, blé, soja, chocolat...), ainsi que leur transport dans soixante-sept pays. "Il y aura neuf milliards d'être humains à nourrir en 2050. Cargill est bien placé pour jouer un rôle important." Cette société, peu connue du grand public (à la différence, par exemple, du géant Monsanto), est mise en cause en France, aux Etats-Unis ou encore au Brésil pour ses méthodes et leur impact sur l'économie et l'environnement."

"Stenka Quillet, à qui l'on doit plusieurs enquêtes sur la guerre des graines et des semences, est allée à la rencontre de producteurs de porcs et de petits agriculteurs floués par le géant, et a tenté de rencontrer les dirigeants de Cargill. Spéculation sur le prix des céréales, lors de la "crise de la faim" de 2008, accélération de la déforestation en Amazonie, déversement de tonnes de lisier bourré de nitrates dans les champs, éleveurs pris à la gorge dénonçant "un système industriel dans lequel Cargill fixerait toutes les règles" : les affaires qui mettent en cause l'industriel américain sont multiples [...]."

caricature

"CARICATURE n. f. est emprunté (1740) à l'italien caricatura, dérivé du participe passé de caricare "charger" au propre et au figuré, littéralement "action de charger", depuis le XVIIe s. "portrait ridicule en raison de l'exagération des traits".

¤ Le mot, d'abord employé en parlant d'une représentation grotesque par le dessin ou la peinture, s'étend aux images déformées, outrées, de la réalité dans la littérature (av. 1784, Diderot) et généralement à la déformation outrée d'une chose. [...].

La première moitié du XIXe s. [...] est aussi l'époque où la caricature politique s'est épanouie sous les plumes de Daumier, de Gavarni, etc. Au XXe s., à l'idée initiale de charge, de portrait-charge, se substitue celle de dessin d'humour, le mot caricature devenant moins courant. Caricatural a pris des valeurs figurées assez usuelles, "qui déforme, rend ridicule".

LE ROBERT. Dictionnaire historique de la langue française (sous la direction d'Alain Rey), Dictionnaires LE ROBERT, Paris, 1992.

cartésien

"Les cartésiens n'aiment pas les avis ronds."

Auguste Derrière : Les mites n'aiment pas les légendes, Le Castor Astral / Maison PoaPlume, 2013, p. 115.

Préface de Albert Muddah. Avec la participation exceptionnelle de Plonk et Replonk.

Giovanni Giacomo Girolamo Casanova, dit chevalier de Seingalt

Dans l'encadré Télérama consacré au film de Luigi Comencini : Casanova, un adolescent à Venise (Infanzia, vocazione e prime esperienze di Giacomo Casanova, venaziano, Italie, 1969), Nagel Miller écrit ceci :

" [...] Ce qui frappe dans le carnaval incessant [de la Venise du XVIIIe s.], c'est que tout est spectacle, mensonge, illusion. La ruse, le sexe et l'argent y règnent comme sur la scène d'un théâtre. Aristocrates, sorcières, acrobates, arracheurs de dents, prélats, médecins charlatans, courtisanes ou filles de couvent : tous mettent en scène leurs "entrées" et leurs "sorties"."

"Le jeune Casanova, qui va devenir un allègre libertin, découvre que porter la soutane n'est pas seulement l'unique moyen pour un pauvre d'échapper à son destin de classe, mais aussi un déguisement, un sésame pour recevoir des billets doux et pénétrer dans les alcôves. Qui sont, sous leur velours de nids d'amour, de pures jungles." 

castor

"Les castors (1) utilisent leurs dents pour couper des branches, construire barrages et canaux, et manger de l'écorce de bouleau, d'érable et de peuplier. Leurs dents poussent en continu, ce qui leur permet de ronger tout leur soûl sans se soucier de les user. Elles croissent en moyenne de plus de 1 mètre par an. Un castor qui arrêterait de ronger risquerait de gros ennuis, par exemple de les voir remonter dans son crâne."

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 183. Trad. de l'anglais par Fleur d'Harcourt.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : http://ecologie.nature.free.fr/pages/mammiferes/castor.htm et http://dinosoria.com/castor.htm

catastrophe

"Désunis, nous courrons à la catastrophe."

"Unis, nous y parviendrons."

Emil Michel Cioran (1911-1995)

SOURCE : Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 16.

catholicisme

"Le catholicisme n'a pas fait la guerre, on lui a faite : voilà la vérité du parti prêtre. Et en effet, toute prédication, toute pensée irréconciliable avec le dogme, ou seulement explicative du dogme, en dehors de l'interprétation officielle, est une guerre contre la religion. Le bûcher, la torture, en ce cas, ne sont qu'une défense contre l'oppression : c'est le système de Dom Guéranger (1)."

"[...]."

(Bibl. Nat. Mss. Fr. N.A. 9581, 4e et 5e cahiers.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 54.

NOTE JMS :

(1) Moine français (1805-1875), refondateur de l'abbaye de Solesmes et restaurateur de l'ordre bénédictain en France. Il fut l'un des inspirateurs du mouvement liturgique, mouvement considéré par Pie XII comme "l'intervention du Saint-Esprit dans son Eglise", ainsi qu'il le dit dans sa lettre de 1956 au Congrès d'Assise). Il restaura également le chant grégorien médiéval et publia notamment L'année liturgique que Sainte Thérèse de Lisieux lisait régulièrement avec ses soeurs durant son enfance.

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"Le catholicisme, c'est la mort. [...]."

"C'est une chose cruelle de passer ses derniers jours à lutter contre cet odieux cadavre."

(Lettre inédite à Lacambre, 6 fév. 1865.)

Auguste Blanqui : idem ci-dessus, p. 72. 

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"Catholicisme : tombeau de l'intelligence, de la pensée, du cerveau. Le protestantisme : tombeau de la conscience, du sentiment, du coeur."

(Bibl. Nat. Mss. fr., N.A. 9581, 2e cahier n° 3.)

Auguste Blanqui : idem ci-dessus, p. 76. 

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"Un pasteur protestant essaie de convertir deux anarchistes espagnols."

"- Vous fatiguez pas, lui répondent-ils. On ne croit déjà pas à la vraie religion, comment voulez-vous qu'on croie à la vôtre."

Hervé Nègre : Dictionnaire des histoires drôles J à Z, Librairie Arthème Fayard, 1973 ; reprise : Le Livre de Poche n° 4054, 1974, p. 162.

catholique

"Le paysan catholique est indécrottable et restera toujours le suppôt dévoué de la tyrannie. Il faudrait préalablement le purger de son catholicisme, oeuvre peu facile et plus longue que la création même d'un nouveau peuple."

(4 mai 1870.)

(Bibl. Nat., Mss. fr. N.A. 9591.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 49.

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"On ne peut jamais rien attendre de bon d'un dévôt, encore moins d'une dévôte. On y sera toujours pincé. C'est un fond détestable où il ne se trouve que des traquenards. Pour mon compte, j'en suis venu à regarder tout catholique comme un malfaiteur. Ces gens-là ont aujourd'hui en dépôt tous les vices de l'humanité. Ils s'en sont constitués les conservateurs."

(Lettre inédite à Lacambre, 14 janvier 1865. Collection Dommanget.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, p. 49.

célébrité

"Les célébrités ! S'inquiéter du moindre détail de leur vie privée, afin de pouvoir les dénigrer."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

Louis-Ferdinand Céline

"Arletty (1)  parlait de L.-F. Céline à un journaliste : "J'avais tout lu de lui, mais je ne voulais pas du tout le connaître ! Mais un jour Céline est venu et je ne l'ai pas regretté. Parce que Céline, ce n'est pas un monsieur qui parle l'argot, c'est un grand poète ! Voyage au bout de la nuit, c'est une création de l'esprit... Vous n'êtes pas très célinien, je crois ? Ah si, malgré tout. Pour moi, c'est un génie, c'est un poète qui passe dans le siècle. On aime ou on aime pas. Moi, je ne force pas ! Heureusement... Je souhaite qu'il y ait des types qui n'aiment pas Céline, je voudrais être toute seule ! Parce que je vois des gueules de con qui me disent qu'ils aiment Céline, alors je me dis : "Ca c'est pas de chance !"."

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 48.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arletty et https://dicocitations.lemonde.fr/auteur/4818/Leonie_Bathiat_dite_Arletty.php

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"LA LIBRAIRIE CELINIENNE D'AUDIARD"

Dix ans après la mort de l'écrivain, en 1971, la passion d'Audiard pour Céline le pousse à acheter avec ses propres deniers une librairie parisienne spécialisée dans le fantastique, La Mandragore, pour la transformer en lieu de vente entièrement consacrée à l'auteur. Située 30, rue des Grands-Augustins (VIe arrondissement), la boutique proposait notamment nombre de pièces rares (exemplaires numérotés, anuscrits, éditions originale...) lui ayant été confié par Lucette Almanzor, la veuve de Céline. "Mais l'aventure tourne court par manque de clients et aussi, finalement, par manque d'intérêt", relate Philippe Lombard (1) dans Le Paris de Michel Audiard (2). [...]."

Arnaud Folch

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Lombard et http://philippelombard.e-monsite.com

(2) publié aux éditions Parigramme, février 2017, 125 p.

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 65.

cénacle

"CENACLE (1) n.m. est emprunté (v. 1200) au latin cenaculum "salle à manger" [...]."

"¤ Le mot est passé en français par l'intermédiaire de la Vulgate, désignant une chambre haute servant dans l'Antiquité de salle à manger et de salle de réunion, spécialement, d'après le latin chrétien, la salle haute où Jésus-Christ, entouré de ses apôtres, institua l'Eucharistie (2), celle où ses disciples et quelques intimes se réunirent après son ascension. ¤ Par extension, le mot a été choisi par les écrivains romantiques [1829, Sainte-Beuve (3), Joseph Delorme] pour désigner une coterie littéraire ou artistique. De là, il a souvent une valeur péjorative de "cercle fermé"."

"[...]."

Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d'Alain Rey, Dictionnaires LE ROBERT, nouvelle édition 2012. 

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cénacle

(2) Cénacle, d'où la Cène.

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Augustin_Sainte-Beuve

Censure

CENSURE n. f. est emprunté (1387) au latin censura (de censor) "charge, dignité de censeur", puis "jugement, examen" et, en latin chrétien, "rigueur (IIe s., censura divina). ¤ Employé d'abord au sens concret de "mesure disciplinaire prise par l'Eglise contre un de ses membres", le mot désigne la condamnation d'une pensée, d'une doctrine par l'Eglise (1656, Pascal). Tout en reprenant au latin son acception spécialisée en histoire romaine (1690), il s'étend, au XVIIIe s., à la vie de la société, désignant la sanction prise dans une assemblée contre un de ses membres (av. 1791) et le contrôle officiel des publications. [...].

SOURCE : LE ROBERT. Dictionnaire historique de la langue française (sous la direction d'Alain Rey), Dictionnaires LE ROBERT, Paris, 1992.

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"[...] pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit (1), ni de l'Opéra (2), ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs. [...]."

Monologue de Figaro, seul, se promenant dans l'obscurité, dit du ton le plus sombre.

extrait du Mariage de Figaro, acte V, scène III.

NOTES :

(1) En crédit : pourvu de considération et d'autorité.

(2) Chanteuses et danseuses de l'Opéra tenaient souvent de fort près à des personnages politiques influents. Cf. également Le Neveau de Rameau, de Denis Diderot.

SOURCE DES NOTES :

D'après les notes du Mariage de Figaro, de Beaumarchais, publiées dans les Nouveaux classiques Larousse, 1971, tome II, p. 66.

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"Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur."

Beaumarchais : La Folle Journée ou Le Mariage de Figaro (1784)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Augustin_Caron_de_Beaumarchais

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 147.

certificat d'études

"Sa mère [...] veut qu'il poursuive ses études, qu'il devienne quelqu'un de bien, c'est-à-dire qu'il ait le certificat (1). Mais elle va être déçue. En 1957, le jour de l'examen, elle le prévient : "Si tu fais plus de cinq fautes à ta dictée, tu le rates". Il a tellement peur qu'il se surveille parfaitement et sait n'avoir pas fait plus d'une faute. Fier et sûr de lui, il sait qu'il a virtuellement le certificat et décide donc de ne pas se rendre, l'après-midi, à la suite de l'examen. Il comprendra après qu'à cause de cette absence le "titre suprême" ne lui sera pas remis, mais il s'en moquera : "J'avais pas le certif, mais je savais que je pouvais l'avoir. J'étais du niveau et cela me suffisait. Si un jour, pour être balayeur ou fleuriste, comme ma mère, on me demandait mon "diplôme", il me serait toujours possible de repasser l'exam et de l'obtenir aussitôt".

Coluche

Cité dans Eric Bhat et Jean-Quentin Gérard : Le programme politique d'un mec nommé Coluche. Sa vie, son oeuvre, S.I.P.E. (Société internationale de presse et d'édition), Paris, 1981, p. 6.

NOTE JMS :

(1) Le certificat d'études primaires élémentaires était un diplôme sanctionnant, en France, la fin des études de l'enseignement primaire élémentaire. Il était également appelé communément le Certificat d'études et familièrement le certif'. Il a été officiellement supprimé en 1969.

cerveau

"Le cerveau est le parasite ou le pensionnaire de l'organisme tout entier."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 69).

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"[...]. Chez l'individu, comme chez les nations, le danger mortel, c'est la révolte des tripes contre le cerveau."

"Le cerveau seul fait l'homme, sa dignité, sa grandeur. Il est l'organe roi, siège et source de l'intelligence. [...]."

Auguste Blanqui : Ni Dieu, ni Maître, Ed. Aden, col "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 23.

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"Le patrimoine génétique des sangsues (1) est très différent de celui d'un humain (tiens donc !). Leurs 32 cerveaux sont une sorte de long cerveau divisé en 32 ganglions, qui sont des amas de cellules nerveuses. Elles ont aussi une bouche à chacune extrêmité de leur corps, chacune garnie de dents à l'extérieur."

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 207. Trad. de l'anglais par Fleur d'Harcourt.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hirudinea et https://www.cnrtl.fr/definition/sangsue

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"De l'intime à l'universel. Inspirée par des photos de famille et par ses souvenirs d'enfance, Nurith Aviv (1) interroge des neurobiologistes, un pédopsychiatre ou encore une psycholinguiste, sur la mémoire, l'apprentissage des langues et des sens..."

"Des paroles étonnamment accessibles et émouvantes, qui remettent en cause la détermination génétique : leurs expériences prouvant l'importance de la rencontre avec autrui pour se constituer soi-même."

"[...]."

Samuel Douhaire : encadré Télérama consacré au documentaire de Nurith Aviv sur la Poétique du cerveau (France/Israël, 2015, 1h05).

NOTE JMS :

(1) Cf not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nurith_Avivhttps://www.franceculture.fr/personne-nurith-aviv.html , https://revuelautre.com/entretiens/le-photo-portrait-de-nurith-aviv  http://nurithaviv.free.fr 

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"100 milliards de neurones, 1 million de milliards de connexions neuronales... La rapidité du cerveau humain est tout bonnement inconcevable : il aurait, selon une étude américaine, une capacité de stockage de l'ordre du Web, et il a fallu 40 minutes au 20e ordinateur le plus puissant du monde pour décoder une seule seconde d'environ 1 % de l'activité cérébrale. [...]."

Dossier : THEORIE DE LA BÊTISE. L'intelligence n'est qu'une illusion ! du SCIENCE ET VIE n° 1223 (août 2019), p. 61.

Aimé Césaire

"Voici l'histoire de Robert Saint-Rose, surnommé Zétwal (1). Nous sommes en 1974 et La Martinique (2) va mal. Les affrontements politiques durcissent avec, en première ligne, le Parti progressiste martiniquais (3) d'Aimé Césaire (4), sévèrement réprimé par les autorités."

"Pour prouver à la face du monde la fierté de son peuple, Robert Saint-Rose a une idée simple : être le premier Antillais à marcher sur la Lune. Aidé par sa famille et ses amis, il entreprend de construire une fusée. L'énergie nécessaire au décollage sera puisée dans la puissance poétique des textes d'Aimé Césaire, déclamés au moment du compte à rebours. Quelques jours après les premiers essais, Zétwal et sa fusée disparaissent mystérieusement."

"Le premier mérite de l'auteur, Gilles-Elie-dit-Cosaque (5), est d'avoir retrouvé les témoins de cette aventure oubliée. Quant à la réalisation, elle est plus subtile que la construction chronologique et l'alternance d'entretiens et d'archives ne le laisse croire de prime abord. Il y a la bande originale, une version créole du Space Oddity (6), de David Bowie (7). Il y a les jeux graphiques sur les images des astronautes américains et sur celles, très mal conservées, de Zétwal, tournées par son frère. Il y a surtout un regard sagace et délicat. Sans encenser ni ridiculiser Robert Sain-Rose, Elie-dit-Cosaque rend à son rêve sa logique et sa noblesse. Et d'ailleurs on y croit : aucune étude scientifique n'a jamais prouvé que l'énergie poétique serait inapte à faire décoller une fusée."

Samuel Gontier : encadré Télérama consacré à : Zétwal, documentaire de Gilles Elie-dit-Cosaque (France, 2008, 50 mn).

NOTES JMS :

(1) Ce mot signifie étoile en créole.

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Martinique

(3) Cf. not. : https://ppm-martinique.org et https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_progressiste_martiniquais

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aimé_Césaire, http://www.unjourunpoeme.fr/auteurs/cesaire-aime et https://www.franceculture.fr/personne/aime-cesaire

(5) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Elie-Dit-Cosaque et http://bed.bzh/fr/portraits-realisateurs/gilles-elie-dit-cosaque/

(6) Cf. not. : https://www.franceculture.fr/emissions/lanachronique-culturelle/1969-space-oddity-de-david-bowie-lextra-terrestre-de-la-pop

(7) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Bowie

CGT

"[...]. Quand Thierry Lepaon (1) arrive à la tête de la CGT, son logement de fonction est refait à neuf. Coût des interventions : 100 000 euros. Les explications n'y feront rien, la démission est inéluctable. Un rapport de la CGT blanchira, mais un peu tard, son ex-secrétaire général."

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 89.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Lepaon

Marc Chagall

"...]. je trouve que la première condition pour un artiste est de savoir nager. Je sens également que l'art, à l'état mystérieux de la forme chez un lutteur, a plutôt son siège dans le ventre que dans le cerveau, et c'est pourquoi je m'exaspère devant une toile et que je vois, quand j'évoque l'homme, seulement une tête. Où sont les jambes, la rate et le foie ?"

"C'est pourquoi je ne puis avoir que du dégoût pour un Chagall ou Chacal, qui vous montrera un homme versant du pétrole dans le trou du cul d'une vache [...]."

Arthur Cravan : revue Maintenant n° 4, mars-avril 1914 (à propos du Salon des Indépendants).

Rééd. : Maintenant avril 1912 - mars-avril 1915, Seuil, col. "l'école des lettres", 1995, p. 85.

chambre

"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre."

Blaise Pascal (1) : Pensées (1670)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Pascal et https://citations.ouest-france.fr/citations-blaise-pascal-637.html

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 111.

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"Dans une société de plus en plus quadrillée et contrôlée, la chambre maintient un ultime droit au secret. Elle est la possibilité d'une île..."

Michelle Perrot (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michelle_Perrot, https://www.babelio.com/auteur/Michelle-Perrot/12913 et https://www.franceculture.fr/personne-michelle-perrot.html

SOURCE :

La Grande Librairie. Portraits d'écrivains, saisons 1, 2 et 3 : préface de François Busnel et photographies de Franck Courtès, Ed. Place des Victoires, 2012, p. 151.

chameau

"Les chameaux (1) peuvent tenir 16 000 kilomètres sans boire, mais ils font le plein d'eau quand ils en trouvent. On croit souvent que leurs bosses servent à stocker l'eau, mais ce sont des réserves de graisse qu'ils consomment quand ils n'ont rien d'autre à manger."

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 183. Trad. de l'anglais par Fleur d'Harcourt.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Camelus, https://fr.wikipedia.org/wiki/Chameau_de_Bactriane et http://www.cosmovisions.com/chameaux.htm

champagne

"[...]. Provoque l'enthousiasme chez les petites gens. [...]."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

changement

"Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d'opinions, ou bien si tard, que ça n'en vaut plus la peine."

Louis-Ferdinand Céline (1) : Voyage au bout de la nuit (2)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Ferdinand_Célinehttps://www.espacefrancais.com/louis-ferdinand-celine et https://www.babelio.com/auteur/louis-Ferdinand-Celine/2086/citations

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Voyage_au_bout_de_la_nuit

SOURCE :

Julien Rault : Petit(s) point(s) sur la ponctuation, Le Figaro magazine éd., col. "Mots et Caetera", p. 91.

chanson

"Rien n'est plus bête qu'une chanson déshabillée de sa musique [...].

Barbara, à Luc Simon (1), à propos d'une lettre d'amour qu'elle lui adressa, probablement en 1963.

SOURCE : Cité à la page 28 du Télérama n° 3534 du 04/10/17 [dossier sur Barbara (pp. 24-31)].

NOTE JMS :

(1) Luc Simon (1924-2011) est un peintre, graveur, décorateur et acteur français.

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"La France est une monarchie absolue, tempérée par des chansons."

Sébastien-Roch Nicolas, dit Chamfort 1740-1794 (1)

NOTE JMS :

(1) Commentaires du journal Le Monde :

"La phrase n'est pas vraiment de Chamfort. Elle est rapportée par lui en ces termes, dans ses Caractères et Anecdotes : "Un homme d'esprit me disait un jour que le gouvernement de France était une monarchie absolue, tempérée par des chansons."."

"Le marquis de Custine (a) a paraphrasé le mot au sujet de la Russie. Voyageur et écrivain, auteur notamment de La Russie en 1839 (b), il disait du pays des tsars dans ses Lettres de Russie (c) :

"Tandis que d'autres nations ont supporté l'oppression, la nation russe l'a aimée. [...] On peut dire des Russes qu'ils sont ivres d'esclavage. Non Seulement la tyrannie ne les révolte pas, elle les attache. [...] L'obéissance politique est devenue pour eux un culte, une religion..."

"Suit cette appréciation, que le rapprochement avec le bon mot cité par Chamfort rend plus terrible encore : "Le gouvernement russe est une monarchie absolue, tempérée par de l'assassinat."

SOUS-NOTES :

(a) Cf. not. :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Astolphe_de_Custine et https://dicocitations.lemonde.fr/auteur/1195/Astolphe_marquis_de_custine.php

(b) Cf. not. :  https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Russie_en_1839 

 (c) Cf. not. : https://www.deslettres.fr/lettre-de-russie-du-marquis-de-custine-il-ny-de-peuples-que-les-pays-libres

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 205.

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"Tout finit par des chansons. La dernière, c'est le De profundis." (1)

Paul Masson 1849-1896 (2)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/De_profundis et http://www.interbible.org/interBible/cithare/psaumes/2004/psa_040305.htm

(2) Cf. not. : https://data.bnf.fr/fr/13744088/paul_masson

SOURCE :

Idem ci-dessus, p. 206.

charité

"La charité est un plaisir dont il faut savoir se priver."

Sulpice-Guillaume Chevalier, dit Gavarni 1804-1866

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Gavarni et https://www.registre-des-arts.com/peinture/paul-gavarni-1804

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées  à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 115.

Charlie Hebdo

Dans L'HISTOIRE DU JOUR Pour ces écrivains, "Charlie Hebdo" n'a pas de prix in Le Monde du jeudi 30 avril 2015, p. 19, Macha Séry écrit :

"Ils ne sont pas Charlie. En tout cas pas Charlie Hebdo. Peter Carey, Michael Ondaatje, Francine Prose, Teju Cole, Rachel Kushner et Taiye Selasi, six éminents écrivains anglophones, ont décidé de bouder le gala annuel du PEN American Center, prévu le 5 mai à New York, au cours duquel le prix du courage en faveur de la liberté d'expression sera remis au journal satirique français."

"Diverses sont les raisons de leur défection. [...]."

"L'Australien Peter Carey a dénoncé, lui, "l'aveuglement du PEN concernant l'arrogance culturelle de la nation française, qui ne reconnaït pas son obligation morale envers une grande partie de sa population, privée de pouvoir". [...]."

"[...]. L'une des plus virulentes, Joyce Carol Oates, qui considère le journal satirique comme sexiste et xénophobe, a aussi réagi à la polémique sur son compte Twitter qui rassemble près de 200 000 abonnés : "Il y a un problème très délicat à honorer la liberté d'expression sans approuver ce qui ressemble à un discours de haine." [...]."

chasse

"L'engouement pour la chasse dépend essentiellement du fait que vous soyez devant ou derrière le fusil."

 Pelham Grenville Wodehouse (1)

Cité dans le Dictionnaire amoureux de l'Humour, de Jean-Loup Schiffer (Plon, 2012, p. 655).

NOTE JMS :

(1) Humoriste britannique (1881-1975) naturalisé citoyen des Etats-Unis d'Amérique en 1955.

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"A la chasse, je ne tire qu'en situation de légitime défense, par exemple si un lapin me menace avec un couteau."

 Johnny Carson (1)

Cité dans le Dictionnaire amoureux de l'Humour, de Jean-Loup Schiffer (Plon, 2012, p. 671).

NOTE JMS :

(1) Humoriste américain (1925-2005), connu essentiellement pour avoir animé sur NBC l'émission de télévision The Tonight Show de 1962 à 1992.

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"Je suis anti-chasseur. Mais je vous comprends : si un lièvre vous attaque, il faut bien que vous vous défendiez."

Jacques Chirac

SOURCE :

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 58.

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"[...]. Il ne faudrait tout de même pas oublier que ce sont les chasseurs qui ont tué la maman de Bambi (1) et la maman de Babar (2)."

Mireille Meurisse de Rueil-Malmaison in rubrique "Ca va mieux en le disant" du Télérama n° 2662 du 12 avril 2000, p. 7. 

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://www.20minutes.fr/culture/985331-20120813-bambi-dessin-anime-traumatise-millions-enfants

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Babar

chasteté

"De toutes les perversions sexuelles, la chasteté est la plus dangereuse."

 Georges Bernard Shaw

Cité dans le Dictionnaire amoureux de l'Humour, de Jean-Loup Chiflet (Plon, 2012, p. 659).

chat

"Un chat, c'est l'ensorcellement même, le tact en ondes...", notait Céline. Et Bébert, énorme matou tigré au maintien aristocratique et à l'intelligence prodigieuse, glouton et râleur, mais toujours d'une "fidélité de fauve", n'était pas, qui plus est, un chat ordinaire."

"Abandonné par son premier maître, l'acteur de cinéma Le Vigan (1), longtemps vagabond dans Montmartre au temps de l'Occupation, il avait été recueilli par Céline et sa femme, et partageait leurs errances, leurs aventures, leur misère, leur exil. "Il se rendait compte de la tragédie." On comprend que Céline en est fait l'un de ces héros de ces derniers romans (2) - ces chroniques hallucinées de l'Allemagne de la débâcle -, et l'un des chats les plus célèbres de la littérature."

"Oui, Bébert a bien  tenu ce rôle de "Français à part entière" dont parlait Roger Nimier. Et plus encore, il a servi de révélateur pour l'écrivain quand il ne figurait pas tout simplement pour lui un modèle ou un miroir."

"L'aventure du chat renvoie donc aux derniers romans de Céline, et ceux-ci projettent désormais une image quasi mythique de l'animal."

"Ce livre - entre la biographie et l'essai - est au fond l'histoire d'une double fascination."

Présentation par Frédéric Vitoux (3) de son livre : Bébert, le chat de Louis-Ferdinand Céline (Ed. Grasset, sept. 1976, 184 p.).

NOTE JMS :

(1) Robert Le Vigan est le nom de scène de Robert-Charles-Alexandre Coquillaud (1900-1972). Ayant adhéré en 1943 au PPF de Jacques Doriot, il rejoint Céline à Sigmaringen en 1944 pour tenter d'échapper à l'Epuration. Mais il est condamné à la dégradation nationale pour son implication dans la Collaboration, ainsi qu'à dix ans de travaux forcés. Relâché trois ans plus tard sur parole, il s'exile en Argentine en passant par l'Espagne. Il y mourra dans la misère.

(2) Féérie pour une autre fois (1952), Normance : Féérie pour une autre fois II (1954), D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969).

(3) Frédéric Vitoux est né en 1944. En 1968, il a soutenu une thèse de doctorat de 3ème cycle sur Céline, thèse qui, remaniée, sera publiée en 1973 chez Gallimard sous le titre : Louis-Ferdinand Céline Misère et parole. Elu à l'Académie française en 2001.

Cabaret Le Chat noir

"Au Chat noir (1), Alphonse Allais avait une discussion un peu vive avec "le Grand Français", colosse de deux mètres, parfois violent. L'homme avait bu, et il finit par dire à Allais : "Je vais t'arracher la tête comme à une mouche et t'éplucher comme une crevette !"

Allais répondit tranquillement : "Et moi, qu'est-ce que je fais pendant ce temps-là ?"

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed; Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 35.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chat_noir et http://www.chatsnoirs.com/pages/au-chat-noir/le-cabaret-du-chat-noir.html

François René, vicomte de Chateaubriand

"Connu surtout pour le beefsteak qui porte son nom."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

chauve-souris

"En captivité, les petites chauves-souris brunes (1) dorment presque 20 heures par jour, économisant leur énergie pour un bref rodéo de ravitaillement à base de chasse aux insectes."

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 183. Trad. de Fleur d'Harcourt.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chiroptera, http://www.lpotouraine.fr/chauves-souris/tout-savoir-sur-les-chauves-souris, https://fr.wikipedia.org/wiki/Petite_chauve-souris_brune et http://www.hww.ca/fr/faune/mammiferes/la-petite-chauve-souris-brune.html

Chaval

A propos du livre de Chaval (1) : Faites des économies, aux éditions Le Cherche-midi, Marc Lecarpentier (2) écrit ceci (3) :

"Lorsqu'on lui demandait ce qui l'intéressait vraiment, il répondait crûment : "rien". Et  lorsqu'on l'interrogeait sur la façon dont il passait ses journées, il confiait sans détours : "je m'emmerde".

"Fatigué par l'espèce humaine (au point de la quitter volontairement il y a vingt-deux ans) Chaval utilisait un trait sec, un graphisme pur et des légendes froides pour torpiller la bêtise miltante de ses contemporains."

"Les trois cents dessins ici assemblés, réalisé en 1960 pour l'huile Labo, sur le thème des économies, enchanteront les admirateurs du poète désespéré : avares, menteurs, veules, orgueilleux, bêtes ou mesquins, les héros de Chaval économisent  d'abord leur  vie. Et finissent par s'afficher pour ce qu'ils sont : des gagne-petits."

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chaval

(2) Cf. not. : https://www.babelio.com/auteur/Marc-Lecarpentier/232545

(3) Encadré Télérama n° 2088 - 17 janvier 1990, p. 30.

chef-d'oeuvre

"Notre grand et glorieux chef-d'oeuvre, c'est vivre à propos."

Michel de Montaigne : Essais III, chap. XIII : "De l'expérience".

SOURCE :

(1) Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2019, p. 104.

cheval

"Le plus grand bienfait des chemins de fer est qu'ils ont épargné à des millions de chevaux de trait leur lamentable existence."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 47).

cheval

"L'ATTELAGE DES CHEVAUX RENFORCE LA FEODALITE"

"920 AP. J.-C. Le collier de cheval est apparu au VIe siècle en Bactriane (1) - une ancienne région persane située au nord de l'Afghanistan actuel -, où il équipe déjà les chameaux. Quand il parvient en Europe, vers 920, avec la charrue (2) asiatique aux lourdes roues, c'est le début d'une révolution agricole. Comme les chevaux sont deux fois plus rapides que les boeufs, les agriculteurs augmentent leur rendement en les utilisant. Pour le première fois, ils disposent d'excédents alimentaires, qui contribueront à la réussite du système féodal européen."

"[...]."

National Geographic : 100 événements qui ont changé le monde. Hors-série de septembre-octobre 2017, Ed. NG France, septembre 2017, p. 33.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bactriane

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charrue

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"[...]."

"Pourquoi le cheval est-il l'animal le plus représenté en peinture, en sculpture ? Lui qui n'est ni le plus beau, ni le plus rapide, mais le plus raide, le plus maladroit. C'est qu'il lui faut faire des efforts pour acquérir souplesse et style. Comme l'homme. Le cheval est notre miroir. Nous nous reconnaissons en lui. Et d'autant plus intensément que le contact passe par l'épiderme. On "monte" un cheval..."

Bartabas (1)

NOTE JMS :

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Bartabas, https://www.franceculture.fr/personne-bartabas.html et https://bartabas.fr

SOURCE :

La fièvre du cheval : article de Fabienne Pascaud consacré à Bartabas au Festival d'Avignon pour son ballet équestre Eclipse in Télérama n° 2478 du 9 juillet 1997, pp. 34-35.

cheveux

"Le temps c'est de l'argent. Et surtout nos cheveux."

Henri Rochefort

SOURCE : http://dicocitations.lemonde.fr/auteur/3833/Henri_Rochefort.php

chien

A propos du documentaire de Guillaume Podrovnik : Pif, l'envers du gadget (France, 2014, 55 mn), Stéphane Jarno écrit, dans un encadré de Télérama consacré à celui-ci :

"Pif ou Mickey ? Dans les cours de récré françaises des années 1970, chacun devait choisir son camp. La souris américaine aux grandes oreilles pour les enfants de bonne famille, le chien débonnaire et communiste pour les autres. Créé en 1950 par le dessinateur Arnal, un  républicain espagnol rescapé des camps nazis, le petit personnage a fait ses armes dans L'Humanité, puis dans Vaillant, qui devient Pif Gadget dès mars 1969. Voué à la diffusion de valeurs "saines" et humanistes dans la jeunesse, et à contrer les publications "réactionnaires" ou "impérialistes", Pif échappe rapidement à ses créateurs pour devenir un véritable phénomène de société. Vendu à plus de cinq cent mille exemplaires chaque semaine avec souvent des pics à un million (!), le magazine marque durablement plusieurs générations de lecteurs. Son secret ? Une alchimie unique qui associe des bandes dessinées modernes et de qualité (Rahan, Dr Justice, Gai-Luron, Corto Maltese...) à un cadeau à monter soi-même : le fameux gadget !"

"Agrémenté des témoignages d'anciens lecteurs [...], le documentaire de Guillaume Podrovnik explore ce magazine pas comme les autres, coincé entre ses idéaux fondateurs et les sirènes du marketing, sur fond d'énormes profits. [...]."

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"Un paysan, ayant tué d'un coup de hallebarde un chien qui voulait le mordre, fut cité devant le juge, qui lui demanda pourquoi il n'avait pas opposé le manche de la hallebarde."

"Je l'aurais fait, répondit le paysan, s'il m'eût mordu de la queue ; mais il me mordait avec ses dents."

François Xavier Testu : Le bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 1142.

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"[...]. Le chien est l'ami de l'homme - parce qu'il est son esclave dévoué."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

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"Abraham vient de terminer un super couscous du chef, mais quelque chose le tracasse. Le patron s'approche."

- C'était tout à fait délicieux, mais votre chien s'est installé sur la chaise à côté de moi tout le temps. J'ai cru qu'il avait faim, alors je lui ai proposé un peu de mon couscous, mais il n'a rien voulu. Je me demande pourquoi il restait là.

- Il ne voulait pas manger ; effectivement, ce n'est pas son heure, mais il avait reconnu son assiette."

Cité dans La bible de l'humour juif, tome 2, de Marc-Alain Ouaknin et Dory Rotnemer, Ed. Ramsay, 1997 ; repris aux Ed. J'ai lu, 1998, chap. 13 : La nourriture, le restaurant et sa faune, p. 201/202.

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Dans l'encadré Télérama consacré au film de Samuel Fuller : White Dog (Dressé pour tuer), de Samuel Fuller (USA, 1982, 90 mn), Guillemette Odicino écrit :

"[....]. Fuller, le vieil anar, n'en démord toujours pas : à travers la métaphore de ce chien assassin, il tient, une fois encore, à dénoncer la violence en la filmant de près. De très près."

"Une actrice renverse [...] un superbe berger allemand sur une route, une nuit. Elle le soigne et s'attache à lui. Avant de découvrir, dans le sang, la signification de l'expression "chien blanc" aux Etats-Unis : dressé pour tuer les Noirs..."

"La caméra colle à l'animal, à ses babines retroussées par la haine réflexe, à son regard qui passe, en un éclair, de la docilité à la folie, à sa fourrure maculée de sang humain. La sauvagerie peut se déchaîner à chaque seconde, à chaque plan, dans une rue, dans une église... Fuller fait de ce chien le symbole des esprits faibles, programmables à la haine raciste. Pour lui, déraciner la violence relève de l'illusion. C'est pour cela qu'on ne cesse d'avoir peur devant ce film antiraciste qui ne croit ni en Dieu ni en les hommes, et dont le décor principal est une arène."

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"Au procès des sorcières de Salem (1) 19 humains furent jugés coupables de sorcellerie et exécutés, auxquels s'ajoutent 2 chiens suspects de complicité. A l'époque, une méthode couramment utilisée pour confondre les sorcières consistait à recueillir l'urine des suspects et à la cuisiner en un petit gâteau que l'on donnait à manger à des chiens pour voir ce qui se passait."

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 184. Trad. de l'anglais par Fleur d'Harcourt.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sorcières_de_Salem et http://www.cinematheque.fr/film/51112.html

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"Le docteur Con Slobodchikoff a passé 30 ans à étudier les chiens de prairie (1). Ces mammifères vivent en groupe dans des terriers souterrains et poussent des cris pour se prévenir lorsqu'un prédateur approche. Un novice n'entendrait que des gazouillis, mais il y a en réalité des nuances pour les différents types de menace : faucon, autobus, homme... Ils poussent la précision jusqu'à indiquer des détails comme le poids ou la couleur du T-shirt [...]. Slobodchikoff est capable d'identifier ces différents cris en tendant simplement  l'oreille."

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 185. Trad. de l'anglais par Fleur d'Harcourt.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chien_de_prairie et https://animal.cheloniophilie.com/Fiches/Chien-de-prairie.php

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"Dans mon film, un chien est blessé par un sniper. Nulle part dans le monde, ce chien ne survivrait, à Sarajevo, si."

Ademir Kenovic, à propos de son film : Le Cercle parfait, 1997 (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/le-cercle-parfait-2

SOURCE :

Nicole du Roy : "Sarajevo, mon amour" in Télérama n° 2416 du 1er mai 1996, pp. 38-40.

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"Le chien errant est souvent le révélateur d'un dysfonctionnement ou de l'écroulement des sociétés humaines. Partout où ça va mal, on voit en effet se manifester, avec une certaine audace, des chiens errants."

Jean Rolin (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Rolin, https://www.babelio.com/auteur/Jean-Rolin/9694, http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=auteur&numauteur=5658 et http://www.academie-francaise.fr/jean-rolin

SOURCE :

La Grande Librairie. Portraits d'écrivains, saisons 1, 2 et 3 : préface de François Busnel et photographies de Franck Courtès, Ed. Place des Victoires, 2012, p. 84.

chier

"Esope, ce grand homme, vid son maistre qui pissoit en se promenant : "Quoy donq, fit-il, nous faudra-t-il chier en courant ?"

Michel de Montaigne : Essais, livre 3, chap. XIII. De l'experience [Garnier-Flammarion n° 212 (3e vol.), 1969, p. 327].

chiffre

"Le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs : On lui fait dire ce que l'on veut."

Michel Audiard (1) : Le Président (Henri Verneuil, 1961) (2).

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Audiard et https://citations.ouest-france.fr/citations-michel-audiard-31.html

(2) Cf. not. : https://fr.wikiquote.org/wiki/Le_Président

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 8.

chinois

"Lire le chinois, ce n'est pas jongler avec des concepts, mais observer les choses accomplir leur destin."

 Ernest Fenollosa/Ezra Pound : Le caractère écrit chinois, matériau poétique, in L'Herne. Trad. Ghislain Sartoris.

SOURCE :

Cité dans Poésure et peintrie, éd. RMN, avril 1998.

Jacques Chirac

"Il ne faut jamais perdre une occasion de manger, de pisser et de baiser."

Jacques Chirac : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 17.

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"Quand Chirac vient me voir à l'Elysée, il monte le perron avec ses idées et il redescend avec les miennes."

François Mitterrand

SOURCES :

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, chez Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 678.

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 59.

chocolat

A propos du documentaire de Miki Mistrat et Roberto Romano : Le goût amer du chocolat (Danemark/Allemagne, 2012, 45 mn), Virginie Félix écrit, dans un encadré Télérama consacré à celui-ci : 

"En 2009, Miki Mistrat montrait dans un film à la saveur âcre [La Face cachée du chocolat(1)] les dessous de la production de cacao en Côte d'Ivoire : des enfants, souvent amenés du Mali ou du Burkina Faso par des trafiquants, ramassant les cabosses dans les plantations. Le journaliste s'était alors heurté au mépris des multinationales du chocolat, qui avaient toutes refusé de le recevoir pour commenter ces images. Tentant une projection sauvage de son documentaire devant le siège de Nestlé, Mistrati n'avait reçu pour seule réponse qu'une visite de la police suisse lui demandant de déguerpir."

"Trois ans plus tard, [...] face à des entreprises qui mettent désormais en avant leur action en faveur de la scolarisation des enfants, le journaliste entend confronter les promesses humanitaires à la réalité du terrain. Désormais interdit de séjour en Côte d'Ivoire, il confie à un journaliste d'Abidjan, Ange Aboa, le soin d'aller vérifier [...]. Constat à nouveau désolant : une école à l'état de chantier abandonné, une autre qui n'a pas été construite. Et des enfants toujours présents dans les plantations. La seule nouveauté semble résider dans la communication des multinationales : cette fois-ci, le vice-président de Nestlé a bien voulu recevoir Mistrati. Et assuré, face aux images accablantes, qu'il "ne savait pas"."

NOTE JMS :

(1) Allemagne, 2010, 45 mn.

chômage

"Il n'y a pas de moyen de coercition plus violent contre les salariés que le chômage."

 Henri Krasucki (1), dans Le chômage a une histoire, documentaire français (2/2) de Gilles Balbastre (2001). 

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Krasucki

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"La meilleure façon de résoudre le chômage, c'est de travailler."

Philippe Séguin

SOURCE :

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 59.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Séguin

Frédéric Chopin

"[...] Au début des années 1980, la stripteaseuse Cha Landres bénéficiait d'un cachet quotidien de mille livres pour qu'on pût la voir, intégralement nue, jouer du Chopin sur un piano noir. Le public s'y pressait, et elle disait ensuite : "C'est extraordinaire... Je n'aurais jamais cru qu'il y eût à Londres autant de gens qui aiment Chopin (1)."

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 97, note 1.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Frédéric_Chopin, http://www.musicologie.org/Biographies/chopin.html et https://www.francemusique.fr/personne/frederic-chopin

chose

"A force d'aller au fond des choses, on y reste."

 Jean Cocteau

Cité dans le Dictionnaire amoureux de l'Humour, de Jean-Loup Chiflet (Plon, 2012, p. 656).

chose en soi

"Des bas en soie... la chose aussi."

Marcel Duchamp : Duchamp du Signe, Flammarion, 1975.

SOURCE :

Roger Dadoun : Duchamp Ce Mécano qui Met à Nu, Hachette, 1996, p. 117.

chrétienté

"[...]. Au XIIe siècle commence à se mettre en place la notion de chrétienté, qui permet de clore, d'exclure et, aussi, de persécuter : les hérétiques, les Juifs, les homosexuels, les lépreux, les fous. Si le XIIIe reste le grand siècle des universités, du développement de la scolastique (1), il est aussi, par conséquent, celui du contrôle et de l'encadrement de la pensée. [...]."

Jacques Le Goff (2)

SOURCE :

in Le confesseur du Moyen Âge : entretien avec Jacques Le Goff. Propos recueillis Michèle Gazier et Xavier Lacavalerie pour Télérama (n° 2558 du 20 janvier 1999, pp. 34-36).

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Scolastiquehttp://www.histophilo.com/scolastique.php, http://www.cosmovisions.com/scolastique.htm et https://www.cnrtl.fr/definition/scolastique

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Le_Goff, https://www.herodote.net/Un_Moyen_Age_toujours_vivant-article-88.php et https://www.franceculture.fr/personne-jacques-le-goff.html  

christianisme

"A affranchi les esclaves."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

christianophobie

"Intolérance et hostilité à l'égard des chrétiens. [...]. Dér. christianophobe."

Dictionnaire Hachette Edition 2014, "Les mots nouveaux du français vivant", p. 14.

ciel

"CIEL, CIEUX ou CIEUX n. m. est hérité (v. 881) du latin caelum [...] "voûte céleste, séjour de la divinité" et techniquement "voûte, voussure". L'origine du mot est incertaine ; on évoque un  rattachement à caedere "couper" (césure), le ciel étant "découpé" en régions qu'observe la science des augures ou en zones que parcourent les astres. Le développement du pluriel caeli, d'origines biblique et chrétienne (rare auparavant), est fait sur l'hébreu chamayîm (pl.) ; Cf. le pluriel du grec ouranos (ouranien)."

"¤ Les trois sens du latin - "séjour de la divinité", "voûte céleste" et "plafond" - ont été repris en français. Le premier l'a été dans une perspective chrétienne, désignant, au singulier, et au pluriel cieux, le lieu de séjour de Dieu et des âmes après la mort,  par opposition à terre ou à enfer [...].  ¤ Depuis 1050, le mot possède aussi le sens latin de "voûte céleste", à la fois dans une perspective cosmique, astrologique et au sens courant de "partie du ciel visible, limitée par l'horizon". [...]. [Ce mot] entre dans de nombreuses locutions où la référence atmosphérique n'est pas toujours affranchie de connotations cosmologiques et religieuses (ambiguïté que ne connaît pas l'anglais avec ses deux noms : sky, heaven)."

[...].

Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d'Alain Rey (nouvelle édition, 2010, Dictionnaires LE ROBERT).

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KOU : "Que dois-je entendre quand on me dit d'adorer le ciel (Chang-ti) ?"

CU-SU : "Ce n'est pas le ciel matériel que nous voyons ; car ce ciel n'est autre chose que l'air, et cet air est composé de toutes les exhalaisons de la terre. Ce serait une folie bien absurde d'adorer des vapeurs."

KOU : "Je n'en serais pourtant pas surpris. Il me semble que les hommes ont fait des folies encore plus grandes. [...]. Il y a tant de peuples qui adorent le ciel et les planètes !"

CU-SU : "Les planètes ne sont que des Terres comme la nôtre. La Lune, par exemple, ferait aussi bien d'adorer notre sable et notre boue, que nous de nous mettre à genoux devant le sable et la boue de la Lune."

KOU : "Que prétend-on quand on dit : le ciel et la Terre, monter au ciel, être digne du ciel ?"

CU-SU : "On dit une énorme sottise. Il n'a a point de ciel ; chaque planète est entourée de son atmosphère, comme d'une coque, et roule dans l'espace autour de son Soleil. Chaque Soleil est le centre de plusieurs planètes qui voyagent continuellement autour de lui : il n'y a ni haut, ni bas, ni montée, ni descente. Vous sentez que, si les habitants de la Lune disaient qu'on monte à la Terre, ils diraient une extravagance. Nous prononçons de même un mot qui n'a pas de sens, quand nous disons qu'il faut se rendre digne du ciel. C'est comme si nous disions : il faut se rendre digne de l'air, digne de la constellation du dragon, digne de l'espace."

"[...] il est beaucoup plus ridicule de dire le ciel et la Terre que de dire les montagnes et un grain de sable. Notre globe est infiniment moins qu'un grain de sable en comparaison de ces millions de milliards d'univers, parmi lesquels nous disparaissons. [...]."

CU-SU : "On nous a donc bien trompés quand on nous a dit que Fo était descendu chez nous du quatrième ciel et avait paru en éléphant blanc (1)."

KOU : "Ce sont des contes que les bonzes font aux enfants et aux vieilles [...]."

Voltaire : Dictionnaire philosophique (GF Flammarion, 2010) au mot Catéchisme chinois (2), pp. 144/146.

NOTES JMS :

Les notes ci-dessous ont été écrites en tenant compte de celles de Gerhardt Stenger qui a établi l'édition critique de la publication parue chez GF Flammarion.

(1) Fo est le nom chinois de Bouddha. Il aurait paru sous forme de singe, de dragon ou d'éléphant lors de ses prétendues réincarnations.

(2) Sous-titré : ou Entretien de Cu-su, disciple de Confutzée*, avec le prince Kou, fils du roi de Lou, tributaire de l'empereur chinois Gnenvan, 417 ans avant notre ère vulgaire. Traduit en latin par le Père Fouquet, ci-devant ex-jésuite. Le manuscrit est dans la bibliothèque du Vatican, numéro 42759.

* plus connu chez nous sous sa forme latinisée de Confucius. Il est, selon Voltaire, le philosophe laïque par excellence. Cu-su est son petit-fils.

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"Si  un vers à soie donnait le nom de Ciel au petit duvet qui entoure sa coque, il raisonnerait aussi bien que le firent tous les Anciens, en donnant le nom de ciel à l'atmosphère, qui est, comme le dit très bien M. de Fontenelle dans ses Mondes (1), le duvet de notre coque."

"Les vapeurs qui sortent de nos mers et de notre terre, et qui forment les nuages, les météores et les tonnerres, furent pris d'abord pour la demeure des dieux. Les dieux descendent toujours sur des nuages d'or chez Homère ; c'est de là que les peintres les peignent encore aujourd'hui assis sur une nuée. [...]."

"Cette physique d'enfants et de vieilles était prodigieusement ancienne ; cependant il est très sûr que les Chaldéens avaient des idées aussi saines que nous de ce qu'on appelle le ciel. Ils plaçaient le Soleil au centre de notre monde planétaire, à peu près à la distance de notre globe que nous avons reconnue ; ils faisaient tourner la Terre et toutes les planètes autour de cet astre. C'est ce que nous apprend Aristarque de Samos (2). C'est le véritable système du monde que Copernic a renouvelé depuis ; mais les philosophes gardaient le secret pour eux afin [de] ne pas être persécutés."

"[...]."

 Voltaire : Dictionnaire philosophique (GF Flammarion, 2010, au mot Le Ciel des Anciens, pp. 219/220.

NOTE JMS :

Les notes ci-dessous ont été écrites en tenant notamment compte de celles de Gerhard Stenger qui a établi l'édition critique de la publication parue chez GF Flammarion.

(1) Cf. l'ouvrage de Bernard Le Bovier de Fontenelle (1657-1757) : Entretiens sur la pluralité des mondes (1686). Cf. réédition récente : G-F Flammarion, 1998, p. 78.

(2) Aristarque de Samos (310- v. 230 av. J.-C.) est le premier astronome à avoir défendu la conception héliocentrique de l'univers (avec la Terre qui tourne sur elle-même et autour du Soleil) ; ce point de vue fut officiellement adopté par l'astronome babylonien Séleucos un siècle plus tard avant de tomber dans l'oubli.

Il inventa également une méthode permettant de calculer les distances relatives de la Terre à la Lune et au Soleil.

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"[A Alexandre le Grand (1), les Gaulois] répondirent qu'ils ne craignaient personne, qu'ils redoutaient seulement que le ciel ne tombe sur eux, mais qu'ils plaçaient l'amitié d'un homme tel que lui au-dessus de tout."

Ptolémée Sôter (2) : Histoire des guerres d'Alexandre

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_le_Grand et https://www.histoire-pour-tous.fr/biographies/1430-alexandre-le-grand.html

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ptolémée_Ier et http://www.cosmovisions.com/Ptolemees.htm

SOURCE :

(1) Cité en exergue du chapitre 21 du livre de Jean-Louis Brunaux : Les Gaulois. Vérités et légendes, Ed. Perrin, 2018, p. 215.

cigale

"Les cigales (1) s'enterrent sous terre où elles dorment pendant 17 ans. [...]."

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 186. Trad. de l'anglais par Fleur d'Harcourt.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cicadidae et https://www.animateur-nature.com/gros_plan/cigale.html

cigare

"Le cigare est, pour l'homme limité, un succédané de pensées très apprécié."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 167).

ciguë

"Ne dites pas que Socrate est mort d'avoir bu la ciguë dans une prison d'Athènes. Tout le monde est au courant. Si, par malheur, quelqu'un vous en parle, faites remarquer que sa mort dans le Phédon de Platon est en complète contradiction avec les effets connus de la ciguë. [...]."

in Monsieur BLUFF et... La philosophie, par Jim Hankinson, Oval Projects Ltd, Londres, 1985 ; éditions Anne Carrière, Paris, 1997 dans une adaptation française de Michèle Garene et Jean-Loup Chiflet ; rééd. Edition du Club France Loisirs, Paris, 1999, p. 34 (chapitre sur "La mort des philosophes").

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"Alphonse Allais était agacé par les goûts de collectionneur de Sacha Guitry, et il décida de s'en moquer. Il lui dit un jour : "J'ai acheté chez un antiquaire la coupe où Socrate à bu la cigüe.

- Hum... Êtes-vous sûr de son authenticité ?

-J'en suis certain. En dessous, elle porte gravée cette mention : 399 avant Jésus-Christ."

SOURCE :

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 35.

cimetière

"Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables."

Georges Clemenceau 1841-1929

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 171.

cinéma

"Ce n'est plus la peine de nous faire le cinéma de l'espoir socialiste. De l'espoir capitaliste. Plus la peine de nous faire celui d'une justice à venir, sociale, fiscale, ou autre. Celui du travail. Du mérite. Celui des femmes. Des jeunes. Des Portugais. Des Maliens. Des intellectuels. Des Sénégalais. Plus la peine de nous faire le cinéma de la peur. De la révolution. De la dictature du prolétariat. De la liberté. De vos épouvantails. De l'amour. Plus la peine."

"Plus la peine de nous faire le cinéma du cinéma. On croit plus rien. On croit. Joie : on croit : plus rien."

"Plus la peine de faire votre cinéma. Plus la peine. Il faut faire le cinéma de la connaissance de ça : plus la peine."

"Que le cinéma aille à sa perte, qu'il aille à sa perte, c'est la seule politique."

Extrait du texte de Marguerite Duras "Le Camion. JOIE : ON CROIT : ON CROIT PLUS RIEN" publié dans l'ouvrage collectif : Marguerite Duras, Ed. Albatros, col. "ça/cinéma", Paris, 1979.

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"Je fais des films pour occuper mon temps. Si j'avais la force de ne rien faire, je ne ferais rien. C'est parce que je n'ai pas la force de ne m'occuper à rien que je fais des films. Pour aucune autre raison. C'est là le plus vrai de tout ce que je peux dire sur mon entreprise."

Marguerite Duras, Michelle Porte : Les lieux de Marguerite Duras, Les Editions de Minuit, 1977/2012, p. 10 (1).

NOTE DE L'EDITEUR (Page 6) :

Ce livre a été réalisé par Michelle Porte à partir des interviews faites pour les deux émissions de télévision Les Lieux de Marguerite Duras, produites par l'Institut national de l'audiovisuel, et diffusées en mai 1976 par TF1.

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"Moi, je suis passé à faire du cinéma, par lassitude devant le cinéma de consommation, pour ne plus le subir, si vous voulez. C'est un acte politique, c'est un acte de rupture, de refus."

Marguerite Duras in Le Siècle de Duras, de Pierre Assouline (France, 2014).

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"[...]. Le cinéma n'est pas un art. [...]."

"S'il n'y a pas de cinéma d'art, il n'y a pas non plus, en dehors du court-métrage, de cinéma d'essai. Les salles dites "d'art et d'essai" sont des épiceries spécialisées dans l'amphigourisme et le galimatias."

"Celui qui n'a jamais assisté à un débat après projection dans un ciné-club ne peut pas prétendre s'être vraiment marré dans la vie. On y côtoie des androgynes hallucinogènes qui se chamaillent à propos du nom de l'assistante monteuse d'Eisenstein, qui savent que le plan n° 114 de Citizen Kane a été postsynchronisé sans l'autorisation d'Orson Welles, qui savent sur John Ford des choses que John Ford ne soupçonne même pas. (...)."

Michel Audiard in Le Crapouillot, 1968 (1) ; repris dans Valeurs actuelles, hors série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 17.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Crapouillot

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"Dans l'histoire du cinéma, on a eu la période péplum, on a eu la période films de guerre, et puis plus rien."

Nicolas Sarkozy, interviewé sur France Inter par Jean-Jacques Bernard (1), le 17 juillet 2000 à 08:44.

NOTE JMS :

(1) Licencié en droit et diplômé de sciences politiques, Jean-Jacques Bernard* était journaliste et critique de cinéma. Il a notamment travaillé sur France Inter de 1981 à 2005 et s'est éteint, au festival du film de Sarlat**, suite à une crise cardiaque.

* Cf. not. : https://www.babelio.com/auteur/Jean-Jacques-Bernard-II/338632

** Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_du_film_de_Sarlat, https://www.festivaldufilmdesarlat.com, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarlat-la-Canéda et https://www.sarlat.fr

cirque

"La passion que Genet voua à Abdallah Bentaga l'orienta vers l'univers du cirque. La tragédie qu'entraîna leur relation fut l'épisode le plus douloureux de la vie de l'écrivain. Après avoir rencontré un être humain d'une tout autre catégorie que celle à laquelle il avait été habitué (ni voyou ni intellectuel), il croyait voir s'ouvrir pour lui un monde nouveau. Après l'accident, puis le suicide d'Abdallah (le 12 mars 1964) (1), il va sombrer dans une profonde dépression, qui le conduit à vouloir renoncer à écrire et à tenter de se tuer à son tour en mai 1967 à Domodossola (2). [...]. Les années passant, un certain apaisement retrouvé, Genet renouera avec le cirque, à travers Alexandre Bouglione et Lydie Dattas (3). Dans un de ses textes les plus obscurs, L'Etrange Mot d'..., Genet imagine un théâtre des morts qui serait installé dans un cimetière. Et tout drame théâtral deviendra un "mime funèbre". C'était peut-être une façon inconsciente de lier la mort d'Abdallah au cirque. Et c'est peut-être de cirque qu'il parlait. Il écrivit Le Funambule en mars 1957, deux ans après avoir rencontré l'acrobate franco-algérien. [...]. Genet organise, dans son poème, un rituel d'amour et de mort, à l'image de la tauromachie, mais il n'est question ici que d'un homme et d'un fil, et la mise à mort ne concerne que l'acrobate, qui y succombera. [...]."

René de Ceccaty in hors-série du journal Le Monde d'avril-mai 2016 : Jean Genet, un écrivain sous haute surveillance, lexique au mot "cirque", p. 112.

NOTE JMS :

(1) Jean Genet a rencontré l'acrobate Aldallah Bentaga en 1955. Lorsque ce dernier s'est suicidé en 1964, il était âgé de 28 ans.

(2) Domodossola est une commune située dans la région du Piémont, dans le nord-ouest de l'Italie.

(3) Lydie Dattas est une poétesse née en 1949. Elle fut, durant 25 ans, l'épouse du dompteur de fauves Alexandre Bouglione. Jean Genet dira, à propos de celle-ci : "Les rois et les évêques se prosterneront devant vous." (in Lydie Dattas : La chaste vie de Jean Genet, N.R.F. Gallimard, 2006, 224 p.).

(4) L'Etrange Mot d'... a d'abord été publié en 1967 dans la revue Tel QuelIl a été ensuite repris en nov. 1968 dans le tome IV des Oeuvres complètes de Jean Genet chez N.R.F. Gallimard.

Au sujet de ce texte, on peut notamment lire : "Désigner, pudiquement, l'autre monde. L'utopie urbanistique de Jean Genet", par Yehuda Moraly, professeur d'études théâtrales à l'Université Hébraïque de Jérusalem in Les Cahiers du CREHU. Revue sur l'espace humain et urbain n° 10 : Les utopies de la ville, Annales Littéraires de l'Université de Franche-Comté n° 720, Besançon, 2001, pp. 331-336.

citoyen

"Nous avons connu l'apartheid et nous en avons vu la fin.

 Nous avons connu les totalitarismes et nous en avons vu la fin.

 C'est dire si les obstacles, quels qu'ils soient, peuvent être surmontés.

 Il ne faut jamais nous décourager. C'est à nous, les citoyens,

 de dire dans quelle société nous voulons vivre."

Stéphane Hessel.

Cité en exergue du tract de nouvelle DONNE pour les élections européennes du 25 mai 2014. 

civilisation

"L'ARBRE debout, l'homme aussitôt le couche, le débite et s'en fait un plancher. Il démonte la falaise pierre à pierre pour édifier un mur. Tout être libre qui passe à sa portée, il va le circonscrire, le capturer, le séduire ou le rôtir. Chaque entreprise humaine vise à rompre un ordre - en prétendant qu'il s'agit du chaos - pour en créer un autre - en prétendant qu'il s'agit de la civilisation."

Eric Chevillard in Le feuilleton d'Eric Chevillard : "Stratégie de la dérobade" (Le Monde des Livres du jeudi 30 avril 2015, p. 8), à propos du livre Le cerveau à sornettes (In One Head and Out the Other), de Roger Price (1918-1990). Traduction de l'anglais (Etats-Unis) par Frédéric Brument, préface de Georges Perec (chez Wombat, col. "Les insensés", 2015, 192 p.). 

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"[...] les premiers signes de civilisation furent découverts lorsque l'on exhuma "un crâne humain défoncé par une hache de pierre" [...]."

- ibid. -

Claudel

"En sortant de la première du Soulier de satin, de Claudel, qui dura plus de cinq heures, Marcel Achard (1) déclara : "Heureusement qu'il n'y avait pas la paire..." (2).

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 26.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Achard, http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/marcel-achard et https://www.babelio.com/auteur/Marcel-Achard/59571

(2) François Xavier Testu fait remarquer dans une note en bas de page que c'est aussi le "commentaire que Jacques Charon a prêté à Sacha Guitry". Mais il y a d'autres versions encore : cf. not. : https://jmsauvage.fr/dictionnaire-des-citations/soulier

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"A une pièce de Claudel, Marcel Achard se tourna vers sa voisine, qui applaudissait souvent : "C'est pour vous réchauffer ?"."

Idem ci-dessus, p. 26.

clergé

"Je suis convaincu que les Communards, qui ont expédié par voie rapide l'archevêque de Paris et les moines dans l'autre monde, leur ont rendu un grand service ; ces gens étaient saints et mûrs pour le ciel ; la terre ne pouvait être digne d'eux."

Antoine Rocher : La Friponnerie des évêques et des prêtres par un apostat, vers 1875.

SOURCE : Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière : Dictionnaire de la bêtise, suivi du Livre des bizarres, nouvelle éd., Robert Laffont, col. Bouquins, 2014, p. 44.

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"Ayez confiance dans le clergé ; car, en matière d'enseignement, c'est lui qui, au Moyen Âge, a sauvé l'Europe de la barbarie ignorante, et maintenant qu'on nous menace quelquefois d'une barbarie savante ou prétendue telle, c'est lui qui fera notre salut."

"Ainsi soit-il ! Le mot est lâché et il est joli. Le clergé nous sauvera de la barbarie savante ; il n'en est pas à ses début dans cette voie ; on lui doit déjà beaucoup. Il nous a sauvé de Galilée, lequel enseignait une astronomie destructive du dogme. Quel malheur d'avoir échoué dans cette sage entreprise ! [...]."

(Bibl. Nat., Mts français, N.A. 9581 - 5e cahier).

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 68.

clic

"[...] quel rapport peut-on trouver entre le lait et les jésuites ? Celui-ci : "... les clics, ces phonèmes lactés que le jésuite merveilleux, Van Ginneken (1), plaçait entre l'écriture et le langage" (2)."

Roland Barthes : Roland Barthes par Roland Barthes, Ed. du Seuil, col. "écrivains de toujours, 1975, p. 80.

NOTE JMS :

(1) Jacques van Ginneken : La Reconstruction typologique des langues archaïques de l'humanité, Amsterdam, 1939.

Jacobus Joannes Antonius van Ginneken (1877-1945) est un jésuite et linguiste hollandais. Par ailleurs, notons également ici que ce prêtre est controversé pour son antijudaïsme.

(2) Cf. Roland Barthes, Le Plaisir du Texte (1973) : "[...]. Le babil du texte, c'est seulement cette écume de langage qui se forme sous l'effet d'un simple besoin d'écriture. On n'est pas ici  dans la perversion, mais dans la demande. Ecrivant son texte, le scripteur prend un langage de nourrisson : impératif, automatique, inaffectueux, petite débâcle de clics (ces phonèmes lactés que le jésuite merveilleux, Van Ginneken, plaçait entre l'écriture et le langage) : ce sont les moments d'une succion sans objet, d'une oralité indifférenciée, coupée de celle qui produit les plaisirs de la gastrosophie et du langage[...]." (Oeuvres complètes IV Livres, textes, entretiens 1972-1976, Ed. du Seuil, 2002, p. 220).

climat

"[...] Le réchauffement climatique arrive en 15e position parmi les sujets prioritaires sur lesquels les Français souhaitent agir : le chômage, le pouvoir d'achat, l'insécurité, le terrorisme, les inégalités sociales, les incivilités et l'enseignement. [...]."

télé 7 JEUX n° 454 - mai 2018, p. 93.

clitoris

"Le clitoris (1) est pur dans sa définition. C'est le seul organe du corps humain conçu purement pour le plaisir. Le clitoris est tout simplement une boule de nerfs : 8000 terminaisons nerveuses, pour être précis. C'est la plus forte concentration de terminaisons nerveuses qu'on puisse trouver dans le corps humain [...]... deux fois... deux fois plus que le pénis. Qui a besoin d'un pistolet à un coup quand on a un semi-automatique ?"

Eve Ensler (4) : Vagin : les faits in : Les Monologues du vagin (The Vagina Monologues), Ed. Denoël, 2005, p. 63. Traduction de l'anglais (Etats-Unis) par Lili Sztajn (3).

EVE ENSLER : SOURCE DU TEXTE :

Extrait de Femme !, de Natalie Angier (2)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Clitoris

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Eve_Ensler

(3) Cf. not. : https://www.gallmeister.fr/traducteurs/fich/29/sztajn-lili

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Natalie_Angier et https://www.babelio.com/auteur/Natalie-Angier/98411

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"Au XIXe siècle, les filles qui avaient appris à développer leurs capacités orgasmiques par la masturbation étaient considérées comme des cas médicaux. Souvent elles étaient "traitées" ou "corrigées" par l'excision ou la cautérisation (1) du clitoris, ou par une "ceinture de chasteté miniature" (2) obtenue en cousant les grandes lèvres afin de mettre le ciltoris hors de leur portée, et même par la castration en pratiquant l'ablation chirurgicale des ovaires. Cependant il n'y a aucune référence dans la littérature médicale à une quelconque ablation des testicules ou une amputation du pénis pour faire cesser la masturbation chez les garçons."

"Aux Etats-Unis, la dernière clitoridectomie (3) connue destinée à guérir la masturbation a été pratiquée en 1948 - sur une petite fille de cinq ans."

Eve Ensler : Idem ci-dessus, p. 75.

EVE ENSLER : SOURCE DU TEXTE :

The Woman's Encyclopedia of Myths and Secrets, de Barbara G. Walker (4), Ed. HarperOne, Etats-Unis, 1983, 1136 p.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cautérisation

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ceinture_de_chasteté

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Clitoridectomie

(4) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Barbara_G._Walker  et https://www.babelio.com/auteur/Barbara_G_Walker/153203

clôture

"Je rêve d'un peuple qui commencerait par brûler les clôtures et laisser croître les forêts !"

Henry David Thoreau (1) : De la marche (1862) (2)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Henry_David_Thoreau et https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_David_Thoreau

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_marche

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 153.

cocu

"COCU, E n. et adj. est, comme le montre la forme primitive kuku (av. 1350) "cri du coucou pour insulter les amants" (1), une variante de coucou, dont l'étymon latin possède, dès l'époque classique, le sens figuré d' "imbécile" et de "galant niais" : le coucou doit son ancienne réputation d'infidélité au fait que, ne prenant pas en charge sa progéniture, il n'éprouve pas le besoin de vivre en couple comme d'autres oiseaux. [...]."

"En sont dérivés COCUAGE n. m. (1513, coqulaige ; 1546, coquage et COCUFIER v. tr., attesté pour la première fois chez Molière (1660)."

Dictionnaire historique de la langue française, sous la dir. d'Alain Rey, Dictionnaire LE ROBERT, nouvelle éd. juin 2012.

NOTE JMS :

(1) Dans le même dictionnaire, on peut également lire au mot COUCOU : "n. m. et interjection (1660) [...], est issu du latin cuculus, mot expressif d'après le cri de l'oiseau. [...]. Le latin cuculus était aussi employé comme terme injurieux pour un amant adultère (d'après l'habitude de l'oiseau de pondre ses oeufs dans un autre nid) et pour un amoureux transi. [...]."

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"[...]. Surveillé par la police, interdit de voyage hors la Russie, [Pouchkine (1)] se jette à corps perdu  dans l'écriture... et la débauche. Mais il croit trouver l'âme soeur avec la belle Nathalie Gontcharova (2), qu'il épouse, en 1831. Court répit. Le temps de terminer La Fille du capitaine, Le Cavalier de bronze, La Dame de pique... Jusqu'au jour où il reçoit une lettre anonyme, lui annonçant qu'il a été désigné "Grand Maître de l'Ordre des cocus" ! Il provoque en duel le coupable, un dénommé Georges d'Anthès (3), émigré français qui courtise Nathalie. Le 27 janvier 1837, une balle de pistolet transperce le frêle corps du poète, qui succombe. Il est âgé de 38 ans."

"Pouchkine, le Dante russe" in Pouchkine, reviens ! Ils sont devenus fous..., par Slimane Zeghidour (4) (Télérama n° 2605 du 15 décembre 1999, p. 22).

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Pouchkine et https://www.babelio.com/auteur/Alexandre-Pouchkine/4839 et http://indigenes-republique.fr/pouchkine-limmense-ecrivain-russe-descend-dun-esclave-africain

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Natalia_Nikolaïevna_Gontcharova

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges-Charles_de_Heeckeren_d'Anthès et https://data.bnf.fr/fr/16754857/georges-charles_d__anthes

(4) Cf. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Slimane_Zeghidour et https://www.franceculture.fr/personne-slimane-zeghidour.html et https://www.lhistoire.fr/portrait/slimane-zeghidour%C2%A0-retour-en-kabylie

code de Hammourabi

"LE CODE DE HAMMOURABI, ROI DE BABYLONE"

"VERS 1792 AV. J.-C. Hammourabi (1810-1750 av. J.-C.) est surtout connu pour les réformes administratives et morales qu'il a promulguées, vers 1792 av. J.-C., en montant sur le trône de l'Empire babylonien. S'il ne s'agit pas vraiment du premier code de lois de la Mésopotamie antique, c'est le plus important : plus de 3500 lignes sont gravées sur une stèle de basalte de plus de 2 m de haut. On peut la voir au musée du Louvre, à Paris, où elle est conservée."

"Le code traite des questions pénales et civiles, du meurtre au mariage et des accords commerciaux aux litiges liés à l'esclavage. Reprise plus tard par l'Ancien  Testament, la loi du talion - symbolisée par "oeil pour oeil, dent pour dent" - fait figure d'exception dans un texte juridique qui n'évoque quasiment pas les coutumes punitives primitives."

"Le code ne reconnaît de pouvoir qu'aux hommes, qui sont les chefs de famille. Ils peuvent vendre leur épouses et leurs enfants pour payer leurs dettes, ou avoir des relations sexuelles avec des esclaves, des prostituées ou des concubines. En cas d'adultère, les femmes sont, elles, promises à la noyade. Ce code est l'un des premiers écrits à promulguer des règles de conduite pour tout un empire. Malgrè les inégalités qu'il renferme, il influencera ceux qui édictent les lois pendant des siècles. Hammourabi compte parmi les vingt-trois législateurs figurant sur un bas-relief dans la chambre des représentants aux Etats-Unis."

National Geographic : 100 événements qui ont changé le monde. Hors-série d'octobre 2017, Ed. NG France, septembre 2017, p. 13.

coeur

"Que le coeur de l'homme est creux et plein d'ordure."

Blaise Pascal : Pensées, dernière phrase du fragment 143.

"C'est le coeur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c'est que la foi, Dieu sensible au coeur, non à la raison."

Blaise Pascal : Pensées, fragment 278 dans son intégralité.

SOURCE :

Dernière édition des Pensées établie par Léon Brunschvicg pour la collection des "Classiques Hachette". Reprise : Le Livre de Poche n° 823, 1972, pp. 74 et 134.

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"Plus le reste est moche, plus le coeur est bon."

Michel Audiard : Les Yeux de l'amour (Denys de La Patellière, 1959) (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Yeux_de_l'amour

SOURCE :

Valeurs actuelles : La France d'Audiard, hors-série n° 19, juin 2019, p. 8.

cogito

"[...] Vous voyez, madame Dodin (1), nous avons des métiers, nous autres, comme ils disent si bien, méconnus.

- Pour ça, dit Mme Dodin, c'est vrai.

- Par exemple, dit Gaston, pour ce qui est de leur boîte qu'ils appellent Sainte-Eulalie, j'arrive toujours quand ça ferme. Fini la musique, et en fait de belles filles, ceinture. Et tout ce que j'en sais, c'est que la nuit, ça pisse ferme. [...].

- Faut bien que ça pisse, dit Mme Dodin, puisque ça boit toute la nuit."

Ainsi la pisse c'est tout ce qu'en voit Gaston le balayeur. Gaston est promu à la pisse de ces messieurs.

[...].

"Et si on en juge par la pisse, continue Gaston, ça doit boire ferme.

- Ca pisse, donc ça boit, dit Mme Dodin.

- Ca me rappelle, dit Gaston, quelque chose. Un philosophe a dit la même chose : "Je pense, donc je suis".

- L'aurait mieux fait de se taire, dit Mme Dodin, s'il a rien trouvé de mieux. 

- Celui qui a trouvé ça, c'est Descartes", dit le balayeur.

Mme Dodin se marre.

"Des cartes de quoi ? En fait de cartes, je connais que celles d'alimentation."

Marguerite Duras : Des journées entières dans les arbres, "Madame Dodin" in O.C., Gallimard, La Pléiade, 2011, t. I, pp. 1057 et 1059.

NOTE JMS :

(1) Mme Dodin exerce le métier de concierge.

coït

"Le coït est essentiellement l'affaire de l'homme, la grossesse uniquement celle de la femme."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 102).

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"COÏT n. m. d'abord cohit (1304) puis coït (1575), est emprunté au latin coitus "action de se joindre, de se réunir", "conjonction", pris dans son sens tardif d'"accouplement". Coitus est dérivé de coire, de cum "avec" (cf. co-) et de ire (cf. aller), proprement "aller ensemble", d'où "se rassembler", "se réunir pour délibérer" et "s'allier"."

" ¤ Le mot a été repris avec le sens d'"accouplement" en parlant d'animaux puis également d'humains (XVe s.)."

" ¤ Le dénominatif COÏTER v. intr. (1859, Flaubert) est didactique."

Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d'Alain Rey, Dictionnaires LE ROBERT, nouvelle édition, 2010.

D'une grande proximité de sens, il est à rapprocher du mot COPULE :

"COPULE n. f. est emprunté (1482) au latin classique copula "lien, union", spécialement "liaison de mots" et, en latin chrétien, "lien moral", "union dans le mariage", (cf. couple) issu par composition d'un co-apula dérivé en cum, avec (cf. co-) de apere "attacher" (cf. apte)."

" ¤ Le mot a eu le sens d'"accouplement charnel" qu'il a cédé à copulation. ¤ Il s'est spécialisé (1752) en logique linguistique en parlant du verbe d'un jugement exprimant une relation entre le sujet et le prédicat et d'un mot qui lie le sujet et le prédicat."

" ¤ Les autres mots du même groupe, si l'on excepte le mot de grammaire COPULATIF, IVE adj. (1370 ; XIVe s., en grammaire), emprunté au latin chrétien grammatical copulativus, ont tous trait à l'idée d'"union charnelle". ¤ COPULER v. intr. (1450) est emprunté à copulare, s'"unir charnellement" (chez les auteurs chrétiens), et COPULATION n. f. (1342) au dérivé latin copulatio pris au sens chrétien d'"union charnelle"."

SOURCE : idem ci-dessus.

collapsologie

Collapsologie : "[...] néologisme apparu au début du XXIe siècle pour désigner l'étude de l'effondrement de la société industrielle et de ce qui pourrait lui succéder."

in : https://fr.wikipedia.org/wiki/collapsologie (1)

 NOTE JMS :

(1) Cf. également et entre autres choses : https://franceculture.fr/ecologie-et-environnement/theorie-de-leffondrement-la-collapsologie-est-elle-juste-une-fantaisie-sans-fondementhttps://www.lejdd.fr/Societe/les-collapsologues-prophetes-de-lapocalypse-3927841 et https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Cochet

collège

A propos du documentaire : L'enfer... il est dans ma classe !, de Virginie Saclier (France, 2014, 50 mn), Marie-Hélène Soenen écrit, dans un encadré de Télérama consacré à celui-ci :

"Virginie Saclier pensait le thème du harcèlement en milieu scolaire surmédiatisé jusqu'à ce que son propre neveu en souffre au collège. "Ils m'emmerdaient en sortant des cours, ils me poussaient, ils me disaient des mots du genre : "intello"" [...]. Il aimerait oublier. Alors, pour "décortiquer le processus", la réalisatrice a posé sa caméra dans un collège bourguignon. Les élèves y ont pour beaucoup été témoins ou victimes de harcèlement : des mots durs à encaisser ("Il y a une fille qui se faisait insulter de chèvre", "les autres disent qu'elle s'habille mal, qu'elle est grosse"), des rites de passage absurde ("Si tu fumes pas, si t'as pas un copain, si t'as jamais baisé, ben t'es pas une personne"), mais aussi des violences. Enzo et Antoine racontent qu'à leur arrivée en 6e certains se donnent des coups pour "s'endurcir" et ne plus ressentir la douleur lorsqu'ils se font frapper. [...]"

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A propos du film de Laurent Cantet (1) : Entre les murs (France, 2008) (2), Jacques Morice écrit, dans un encadré de Télérama consacré à celui-ci :

"La chronique d'une classe de quatrième : c'était la règle que s'était fixée François Bégaudeau dans son livre. Laurent Cantet la garde. Face aux élèves qui "vannent" sans arrêt, François a fort à faire. Mais il possède une qualité : il incite à parler, il la joue collectif, pour filer la métaphore footballistique. D'où le feu d'artifice de la langue, avec tous ses rythmes et mixages possibles (verlan, arabe, etc.)."

"L'énergie est le maître-mot, ce sur quoi le film s'appuie pour croire que rien n'est perdu. Energie débordante d'une jeunesse peu "gauloise", plurielle. [...]. Ni état des lieux alarmiste ni profession de foi à l'optimisme béat, Entre les murs montre surtout l'école comme le siège d'un formidable jeu social, y compris entre les professeurs. Un jeu de pouvoir, de feintes et de stratégies diverses, où chacun tente avec plus ou moins de bonheur de se distinguer."

NOTE JMS :

(1) Laurent Cantet est fils d'instituteurs.

(2) Entre les murs a obtenu la Palme d'or au Festival de Cannes 2008.

coloniaux

Question n° 767.

Quels sont les hommes qui ont le plus contribué à la fondation de l'empire colonial sous la IIIe République ?

Réponse :

Les hommes qui ont le plus contribué à la fondation de notre empire colonial sous la IIIe République sont le ministre Jules Ferry (1) [Tunisie et Tonkin (2)], l'explorateur de Brazza (3) (Congo), les maréchaux Gallieni (4) (Madagascar) et Lyautey (5) (Maroc) ; le général Laperrine (6) (Sahara).

Jean Le Gouil : 800 questions d'histoire au C.E.P., Les Ed. de l'Ecole, Paris, 1963, p. 121.

(1) Cf. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Ferry

(2) Cf. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tonkin

(3) Cf. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Savorgnan_de_Brazza

(4) Cf. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Gallieni

(5) Cf. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Lyautey

(6) Cf. : https://fr.wikipedia.org/wiki/François-Henry_Laperrine

colonie

"C'était il y a quatre-vingts ans. Nous étions en 1938. [...] Jean Zay (1) définissait et signait les instructions destinées à la rédaction des manuels d'histoire et de géographie des écoles. Celui du certificat d'études primaires (de la librairie classique Belin), conforme aux directives de mars 1938, comportait deux tiers de pages consacrés à la France d'outre-mer et un tiers à la métropole.""

"Voici ce qu'on pouvait lire dans son introduction : "La civilisation se justifie par la mission civilisatrice des peuples blancs. La France est, de toutes les puissances coloniales, celle qui a le plus complètement et le plus consciencieusement rempli cette mission.""

"Destiné à des écoliers de 10 à 11 ans à l'époque, ce manuel cite alors en exemple parmi "nos grands fondateurs d'empire", Lyautey, racontant un souvenir de sa vie de colonisateur à Madagascar : "J'ai présidé la distribution des prix dans une école de trois cents élèves, où j'ai distribué quatre livres illustrés, deux aux garçons, deux aux filles, après de nombreuses interrogations. Il y a six mois, pas un de ces petits ne parlaient le français ; ils le parlent presque couramment, font au tableau des multiplications et récitent "la Cigale et la Fourmi"."

"Voilà, conclut le même manuel, quel fut toujours l'idéal de nos grands coloniaux : conquérir, pour civiliser et pour instruire. Les magnifiques résultats de la colonisation française sont le plus beau témoignage de la valeur de cet idéal."

"On peut dire que vingt ans après, la Seconde Guerre mondiale ayant tout massacré, cet Empire avait disparu ; on peut dire aussi que de génération en génération il aura laissé des traces indélébiles."

François d'Orcival (2), de l'Institut : "Conquérir, civiliser, instruire...", préface du hors-série n° 14 de Valeurs actuelles intitulé La vraie histoire des colonies. Des pionniers du Nouveau Monde aux larmes de l'Algérie française... quatre siècles d'épopée coloniale. Dont la France n'a pas à se repentir, 2018, p. 3.

NOTES :

(1) Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay

(2) Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_d%27Orcival

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Question 281.

De quelle époque date nos premières colonies ?

Réponse :

Nos premières colonies datent du XVIe siècle. Sous François Ier (1) Jacques Cartier (2) nous donna Terre-Neuve (3) et, au Canada, les rives du Saint-Laurent ou Nouvelle-France (4).

Jean Le Gouil : 800 questions d'histoire au C.E.P., Les Ed. de l'Ecole, n° 429, Paris, 1963, p. 46.

NOTES :

(1) http://www.histoire-france.net/temps/francois-ier

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Cartier

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Terre-Neuve

(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle-France

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Question 363.

Expliquez l'origine des colonies françaises.

Réponse :

La colonisation est née de l'esprit d'aventure poussant à explorer les pays inconnus et à exploiter leurs richesses et aussi du besoin de répandre la civilisation française et chrétienne.

Ces tendances se sont surtout développées au XVIe siècle, après la découverte de l'Amérique.

Réf. ouvrage : idem ci-dessus, p. 59.

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Question 365.

Quelle a été, au XVIIIe siècle, l'oeuvre coloniale de la France ?

Réponse :

1° Sous Henri IV, en 1603, Samuel Champlain (1) remonte le Saint-Laurent, fonde la ville de Québec en 1608 et commence la véritable colonisation du Canada.

A la même époque, la France prend possession de la Guyane (1604).

2° Sous Louis XIII, missionnaires et trappeurs étendent notre influence vers l'Ouest canadien. Montréal est fondé en 1642.

Des Français s'établissent sur les côtes du Sénégal et aux Antilles (Haïti, la Guadeloupe, la Martinique).

3° Sous Louis XIV, des Français s'installent à La Réunion et au Sud de Madagascar ; ils fondent des comptoirs de commerce dans l'Inde.

En Amérique, Cavelier de la Salle (2) explore la vallée du Mississipi et lui donne, en l'honneur du roi, le nom de Louisianne ; elle sera occupée par la Compagnie des Indes, qui fondera la Nouvelle-Orléans.

Réf. ouvrage : idem ci-dessus, p. 59.

NOTES :

(1) Cf. http://www.biographi.ca/fr/bio/champlain_samuel_de_1F.html

(2) Cf. http://www.biographi.ca/fr/bio/cavelier_de_la_salle_rene_robert_1F.html

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LE TEMPS DES COLONIES

 

"Moi monsieur j'ai fait la colo,

Dakar (1), Conakry (2), Bamako (3),

Moi monsieur, j'ai eu la belle vie,

Au temps béni des colonies.

Les guerriers m'appelaient Grand Chef

Au temps glorieux de l'A.O.F. (4)

J'avais des ficelles au képi, Au temps béni des colonies."

 

"On pense encore à toi, oh Bwana.

Dis-nous ce que t'as pas, on en  a.

Y a pas d'café, pas de coton, pas d'essence

En France, mais des idées, ça on en a.

Nous on pense,

On pense encore à toi, oh Bwana.

Dis-nous ce que t'as pas, on en a."

 

"Autrefois à Colomb-Béchar (5),

J'avais plein de serviteurs noirs

Et quatre filles dans mon lit,

Au temps béni des colonies."

 

"Pour moi monsieur, rien n'égalait

Les Tirailleurs sénégalais (6)

Qui mouraient tous pour la patrie

Au temps béni des colonies."

 

"On pense encore à toi, oh Bwana.

Dis-nous ce que t'as pas, on en a.

Y a pas d'café, pas d'coton, pas d'essence

En France, mais des idées, ça on en a.

Nous on pense,

On pense encore à toi, oh Bwana.

Dis-nous ce que t'as pas, on en a."

 

"Moi monsieur j'ai tué des panthères,

A Tombouctou (7) sur le Niger (8),

Et des hypo dans l'Oubangui (9),

Au temps béni des colonies.

Entre le gin et le tennis,

Les réceptions et le pastis,

On se serait cru au paradis,

Au temps béni des colonies."

 

"On pense encore à toi, oh Bwana.

Dis-nous ce que t'as pas, on en a.

Y'a pas d'café, pas de coton, pas d'essence

En France, mais des idées, ça on en a.

Nous on pense,

On pense encore  toi, oh Bwana.

Dis-nous ce que t'as pas, on en a."

 

1976. Paroliers : Jacques Abel, Jules Revaud, Michel Sardou et Pierre Delanoë

 

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dakar

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conakry

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bamako

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrique-Occidentale_française , http://www.souvenir-francais-92.org/2017/02/l-afrique-occidentale-francaise-ou-aof.html et https://gallica.bnf.fr/html/und/enregistrements-sonores/afrique-occidentale-francaise-aof?mode=desktop

(5) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Béchar

(6) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tirailleurs_sénégalais, https://www.histoire-image.org/fr/etudes/tirailleurs-senegalais-grande-guerre et https://rebellyon.info/La-France-fait-massacrer-des-Africains

(7) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tombouctou et https://whc.unesco.org/fr/list/119

(8) Cf. not. : http://www.cosmovisions.com/fleuveNiger.htm

(9) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oubangui

colonisation

"[...]."

"Pour souligner l'intimité coupable entre racisme et colonisation, les exemples ne manquent pas. On les trouve dans la pub pour le chocolat Cémoi (1), une chanson de Trenet (la Biguine à Bongo) (2), la première édition du dictionnaire Larousse ("Nègre : un fait incontestable et qui domine tous les autres, c'est qu'ils ont le cerveau plus rétréci, plus léger et moins volumineux que celui de l'espèce blanche"). Dans Cinq semaines en ballon (3), Jules Verne affirme tranquillement qu'entre indigènes et singes "la différence n'est pas grande" ! Ecrivant ses premiers vers, un jeune collégien de Charleville nommé Arthur Rimbaud demande à Abdelkader (4) de s'incliner devant la magnificence de la civilisation française. Le même, plus tard, écrira d'Harar (5) à sa famille : "Obligé de parler leur baragouin, de manger leurs sales mets, de subir mille ennuis provenant de leur paresse, de leur trahison, de leur stupidité." "

"Des couplets de Travadja la moukère (6) aux affirmations de Gobineau (7) (qui explique à propos des peuples jaunes que le Créateur n'a voulu faire qu'une ébauche), c'est une confondante litanie sur l'art du mépris. Une race supérieure, celle du Blanc, accorde aux barbares, ces "mal lavés" qui grouillent comme des insectes, le privilège de les civiliser. [...]. Sauf exception [chez Alphonse Daudet, Victor Segalen (8), Paul Gauguin, Isabelle Eberhardt (9)...)], le mâle conquérant ne peut guère avoir de tendresse pour la femme indigène. Il n'y a pas d'amour qui ne soit éphémère, purement sexuel, sinon condamné au vice. Il n'y a, dans l'archipel des voluptés, que nécessités physiologiques, plaisirs des sens, prises de possession païennes, dévergondées."

"Comment les Noirs sauraient-ils aimer ?, s'exclame le colonel Baratier (10) : "Ils ne savent pas le dire. Ils ne connaissent pas le plus doux des verbes." (11). Guy de Maupassant n'est pas plus mesuré : "On n'aime pas les filles de ce continent primitif. Elles ont un coeur trop rudimentaire, une sensibilité trop peu affinée pour éveiller dans nos âmes l'exaltation sentimentale qui est la poésie de l'amour." Soumise à la pulsion du colonisateur, la fille aux seins nus n'a qu'un statut domestique. Chez Claude Farrère (12), on définit la congaï (13) comme "une fillette annamite (14), moitié servante, moitié épouse, qui complète de façon indispensable le mobilier d'un Européen d'Indochine". Pour dépeindre l'Africaine, c'est encore Maupassant le plus ignoble, qui la juge aussi "malfaisante et pourrie que le liquide fangeux des puits sahariens", impudique et nymphomane, bien sûr, et gare à ses "ardeurs acharnées et ses hurlantes étreintes, avec des grincements de dents, des convulsions et des morsures" ! "

"On atteint le summum du kitsch avec Louis-Charles Royer (15), qui fut dans l'entre-deux-guerres, l'un des spécialistes de la littérature osée. Dans La Maîtresse noire, une danseuse de foxtrot (16) égarée près de Tombouctou (17) ordonne à son maître d'hôtel noir : "Couche-toi là, au pied !", avant de le flatter de la main, "comme une bête familière", de lui ouvrir les lèvres avec l'orteil et de dénouer son pagne le temps d'un fiévreux caprice. Ce que n'aurait pas admis la blonde héroïne de La Caravane en folie, de Félicien Chamsaur (18), qui, encerclée par une horde de Nègres concupiscents, vocifère : "Aviez-vous pensé, crapauds immondes, que j'apaiserais vos ignobles désirs ?" Les Noirs reculent, effarés d'avoir pu désirer la femme blanche. On en entend certains demander pardon."

"En dépit des préjugés, des hommes et des femmes, pourtant, osèrent se risquer au romantisme : frôlements de mains, premiers baisers, respect, fidélité. On les appela les "décivilisés". Avoir de vraies relations humaines avec une femme de couleur avait un nom : "bougnouliser" (19) en Afrique, "encongailler" en Indochine, "encanaquer" (20) en Nouvelle-Calédonie. Aimer une Négresse, une Khmère ou une Bédouine était vouée à l'échec : une relation empoisonnée. A l'image d'Ourika, la Sénégalaise de Claire de Duras (21), qui mourra de n'avoir pu épouser le beau Charles, dont elle était si innocemment éprise. Mais il était fort rare que le folklore colonial autorise une femme de couleur à vivre une passion humaine. Il est des pans de notre littérature nationale dont il est légitime d'avoir honte."

Jean-Luc Douin : "Y'a bon préjugés" in Télérama n° 2416 du 1er mai 1996, pp. 44-45.

SOURCES DU TEXTE DE JEAN-LUC DOUIN :

- Le Credo de l'homme blanc, d'Alain Ruscio (22). Regards coloniaux au XIXe siècle, Ed. complexe, 416 p.

- Amours coloniales. Aventures et fantasmes exotiques de Claire de Duras à Georges Simenon. Anthologie établie par Alain Ruscio, Ed. Complexe, 976 p.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Cémoi

(2) Cf. not. : https://www.paroles.net/charles-trenet/paroles-la-biguine-a-bango

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cinq_semaines_en_ballon

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelkader_ibn_Muhieddine, https://philitt.fr/2016/09/25/lemir-abdelkader-saint-musulman-et-ami-des-francais et https://www.roubaix-lapiscine.com/expositions/abd-el-kader-lemir-de-la-resistance

(5) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Harar, https://whc.unesco.org/fr/list/1189 et https://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/07/31/en-ethiopie-arthur-rimbaud-l-inconnu-de-harar_4705837_3212.html

(6) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Travadja_la_moukère et http://rol-benzaken.centerblog.net/1886-la-chanson-trabadja-la-moukere

(7) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_de_Gobineau, https://fr.wikipedia.org/wiki/Essai_sur_l%27inégalité_des_races_humaines et https://www.cairn.info/revue-la-cause-freudienne-2004-3-page-206.htm

(8) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Segalen et http://www.unjourunpoeme.fr/auteurs/segalen-victor

(9) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_Eberhardt, https://diacritik.com/2016/07/19/claviers-feminins-lalgerie-litteraire-a-decouvrir et https://diacritik.com/2016/12/23/isabelle-eberhardt-1877-1904-une-identite-dans-lalterite

(10) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Baratier et https://journals.openedition.org/africanistes/5026

(11) Cf. not. : https://larabefacile.fr/comment-dit-on-je-taime-en-arabe

(12) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Farrère et http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/claude-farrere

(13) Cf. not. : https://www.cnrtl.fr/definition/conga%C3%AF

(14) Cf. not. : https://www.cnrtl.fr/definition/annamite, https://fr.wikipedia.org/wiki/Annam et https://www.histoire-image.org/fr/etudes/annamites-grande-guerre

(15) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Charles_Royer et https://data.bnf.fr/fr/12181613/louis-charles_royer

(16) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Foxtrot

(17) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tombouctouhttps://www.herodote.net/Tombouctou-synthese-1744.php et https://whc.unesco.org/fr/list/119

(18) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Félicien_Champsaur et https://data.bnf.fr/fr/12094974/felicien_champsaur

(19) Cf. not. : https://www.cnrtl.fr/definition/bougnouliser

(20) Cf. not. : https://fr.wiktionary.org/wiki/encanaquer

(21) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Claire_de_Duras, https://www.desfemmes.fr/litterature/ourika et https://diacritik.com/2017/02/06/racisme-lactification-exclusion-ourika-de-madame-de-duras-1823

(22) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Ruscio

comique

"Au théâtre, il est des effets qui sont comiques a priori, sans motif, sans qu'on puisse démêler, même vaguement, le parce que d'un phénomène inexplicable et établi."

"Il semble que la Mort, qui n'a rien de bien gai, devrait faire exception à cette règle générale ? Pas du tout ! Supposez Néron empoisonnant Britannicus avec des [...] moules, et le public se tordra de rire en dépit de Junie."

Georges Courteline : La philosophie de Georges Courteline, éd. Mille et une nuits, mars 2009, p. 71.

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"Les nations verront s'augmenter en elles les motifs de comique à mesure que s'accroîtra leur supériorité."

Charles Baudelaire : "De l'essence du rire et généralement du comique dans les arts plastiques, in Oeuvres complètes, tome II, Gallimard, col. "Bibliothèque de la Pléiade", 1976, p. 533.

communication

"Quel est le rapport de l'oeuvre d'art avec la communication ? Aucun. L'oeuvre d'art n'est pas un instrument de communication. L'oeuvre d'art n'a rien à faire avec la communication. L'oeuvre d'art ne contient strictement pas la moindre information. En revanche, il y a une affinité fondamentale entre l'oeuvre d'art et l'acte de résistance. Là, oui. [...]."

Gilles Deleuze : "Qu'est-ce que l'acte de création ?", conférence à la FEMIS du 17 mars 1987 diffusée sur FR3/Océaniques le 18 mai 1989 et retranscrite dans Deux régimes de fous. Textes et entretiens 1975-1995, Les Editions de Minuit, 2003, p. 300.

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"Le singe Koko (1) est un gorille femelle de 120 kg, devenue célèbre pour sa capacité à communiquer par signes (elle en maîtrise plus de 1 000). Koko vit en californie avec sa dresseuse, Francine Patterson (2), et les chatons qui lui tiennent compagnie. Un jour, en arrivant chez elle, des chercheurs se sont aperçu qu'un évier avait été arraché du mur ; Koko a indiqué par signes que c'était la faute des chatons. Malheureusement pour elle, à ce jour, on ne connaît pas de chaton assez fort pour arracher un évier du mur..."

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 208. Trad. de l'anglais par Fleur d'Harcourt.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://www.parismatch.com/Animal-Story/Koko-le-gorille-qui-parle-a-trouve-sa-voix-816325

(2) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Francine_Patterson et https://fr.wikipedia.org/wiki/Francine_Patterson

communisme

"Au commencement, il y avait six cents familles pauvres et seulement vingt-cinq demandes de bourses satisfaites. Cinq ans plus tard, quarante mille euros sont récoltés par des "camarades" européens et réinvestis dans des semences et de l'essence. La ville turque d'Ovacik (1), dirigée par Fatih Mehmet Maçoglu, devient un modèle économique et social. Gratuité des transports et de l'eau, production agricole multipliée par vingt-quatre, exportation de haricots célèbres dans le pays : la ville renaît depuis que le maire communiste en a repris les rênes."

"Nous le suivons ici dans sa campagne municipale, pendant l'hiver 2019, alors qu'il se rend à Tunceli (2), une ville dix fois plus grande qu'Ovacik et où le taux de chômage atteint 63 %. Maçoglu vend la formule gagnante de son mandat à Ovacik : redistribution des richesses, transparence, écologie et égalité des sexes. Des acclamations résonnent sur son passage, des danses traditionnelles kurdes (3) et alévies (4) dynamisent ses discours, des groupes de Stambouliotes  (5) traversent la Turquie pour une dédicace et une photo avec le célèbre maire... devant un portrait du Che (6). Maçoglu serait-il aussi charismatique que le célèbre parangon argentin ? La caméra adhère à ses motivations qui semblent si bénéfiques pour la vallée du Munzur (7). Camouflée dans ce folklore, la police du régime d'Erdogan (8) est la seule à faire planer un doute quant à la concrétisation de ces belles idées."

Marion Bellal : encadré Télérama consacré au documentaire de Jean-Yves Cauchard et Ali Inan : Turquie : le "Che d'Ovacik" (France, 2019, 55 mn).

NOTES JMS :

(1) Ovacik : ville et district de la province de Tunceli dans la région de l'Anatolie orientale en Turquie.

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tunceli

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kurdes

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alévisme

(5) Cf. not. : https://fr.wiktionary.org/wiki/Stambouliote

(6) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Che_Guevara

(7) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Munzur et http://www.kedistan.net/2015/02/26/pour-que-la-vallee-de-munzur-devienne-patrimoine-mondial-de-l-humanite

(8) Cf. not. : https://www.marianne.net/tags/erdogan et http://www.nouvelobs.com/tag/recep-tayyip-erdogan

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"Marchais (1) était un âne bâté et les dirigeants du PCI (2) des types drôles, intelligents et chaleureux."

Patrick Rotman (3)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Marchais, http://www.georgesmarchais.fr et https://maitron.fr/spip.php?article74007

(2) Cf. not. : https://it.wikipedia.org/wiki/Partito_Comunista_Italiano et https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_italien

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Rotman et https://www.babelio.com/auteur/Patrick-Rotman/56674

SOURCE :

Agnès Bozon-Verduraz : Divorce à l'italienne (à propos du film La Foi du siècle*) in Télérama n° 2597 du 20 octobre 1999, p. 104.

* Cf. not. : http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/6768_1

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"Quelques soient leurs appellations actuelles, les deux partis (1) ont soutenu et même applaudi les crimes des régimes de l'Est. Et ils ont entretenu dans leurs pays respectifs l'idée que le changement en politique est synonyme de rupture radicale. Il faudra du temps, en France et en Italie, pour désacraliser la politique. Pour faire admettre qu'elle ne peut pas faire le bonheur de l'humanité. Qu'elle est une activité comme une autre."

Marc Lazar (2)

NOTES JMS :

(1) Le PCI (Parti communiste italien) et le PCF (Parti communiste français).

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Lazar, http://www.sciencespo.fr/ceri/fr/cerispire-user/7338/1524 et https://www.franceculture.fr/personne-marc-lazar.html

SOURCE :

Idem ci-dessus.

Compagnie de Jésus

"Un jésuite et un dominicain discutent sur la Nativité.

- A votre avis, demande le jésuite, Jésus est-il né les yeux ouverts ou les yeux fermés ?

- Eh bien, dit le dominicain, je crois qu'il est né les yeux ouverts. Seulement, quand il a vu le boeuf et l'âne, il a dû penser : "C'est donc ça, la Compagnie de Jésus !" Et désabusé, il a préféré fermer les yeux..."

Hervé Nègre : Dictionnaire des histoires drôles, Librairie Arthème Fayard, 1973 ; rééd. Le Livre de Poche n° 4054, vol. II, J à Z, 1974, p. 61, histoire n° 1389.

comparaison

"[...]. Le cardinal Maury (1) ayant exigé que dans son discours de réception [à l'Académie française] [...] on l'appela "Eminence", Regnaud [de Saint Jean d'Angely] (1) s'enquit perfidement :

- "Vous vous estimez donc beaucoup, monsieur ?"

"Le cardinal Maury, qui n'affrontait pas là sa première averse, sut lui répondre :

- "Très peu quand je me considère. Beaucoup quand je me compare."

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Sifrein_Maury et http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jean-sifrein-maury

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Regnaud_de_Saint-Jean_d%27Angély et http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/michel-louis-etienne-regnaud-de-saint-jean-dangely

SOURCE :

Jean Piat et Patrick Wajsman : Vous n'aurez pas le dernier mot ! Petite anthologie désinvolte des plus belles reparties, Albin Michel, 2006, p. 74.

compassion

"J'ai besoin d'essayer d'être bon, d'éprouver de la compassion, tout en étant animé de passions destructrices."

Nick Cave (1) : "Le combat de l'ange" : entretien Télérama n° 2391, p. 95. Propos recueillis par Vincent Le Leurch.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Nick_Cave, https://fr.wikipedia.org/wiki/Nick_Cave, http://www.nova.fr/faut-il-sauver-le-soldat-nick-cave et https://www.nickcave.com

complicité

"[...]. Il y a aussi la complicité. C'est comme pour la violence. Les uns imitent les autres. La complicité, ce n'est pas seulement les hommes. Par exemple [...] un manguier donne des fruits très sucrés. Un vomiquier (1) ou des lianes amères l'entourent. Un jour les mangues aussi auront un goût amer. C'est ça, la violence de masse, les uns suivent les autres. [...]."

Intervention orale d'un Cambodgien dans : Les Tombeaux sans noms, de Rithy Panh (France, 2018, 2h00mn).

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Strychnos_nux-vomica, http://wikiphyto.org/wiki/Noix_vomique_du_Vomiquier et https://www.lecourrier.vn/le-vomiquier/369142.html  

théorie du complot

Fait "d'affirmer qu'un événement résulte d'un complot ou d'une action malveillante contrairement à l'information qui est présentée au public. A la veille des attentats du 11-Septembre, la théorie du complot continue de faire des adeptes."

Dictionnaire Hachette Edition 2014, "Les mots nouveaux du français vivant", p. 14. 

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"Les théories du complot reposent sur le même principe, à savoir qu'une superpuissance contrôle tout en secret. Cette forme de conspirationnisme moderne est apparue au XVIIe s., le siècle de la raison (1). Les experts y voient une sorte de Dieu de substitution : les gens ne croient plus que Dieu dirige le monde, mais pensent que des forces occultes sont à l'oeuvre."

"C'est pourquoi les théories du complot incriminent souvent  des sociétés secrètes, tels que les Illuminati ou les francs-maçons, mais aussi le gouvernement américain ou les services secrets israéliens."

"Voici les trois théories les plus populaires : 1. La NASA n'a jamais envoyé d'hommes sur la Lune, tout a été tourné en studio ; 2. Elvis est toujours vivant ; et 3, derrière les attentats du 11 septembre se cache le gouvernement américain." "D'une manière générale, les théories conspirationnistes font particulièrement recette en période de crise. Les chercheurs de l'Université d'Amsterdam ont constaté que les adeptes du complotisme étaient surtout des personnes aux idées politiques extrémistes, de gauche comme de droite."

Emission Yourope du samedi 18 avril 2015 : "Théorie du complot : absurdité ou réalité ?" (une production SWR/arte, 27 mn).

"[...] ça ne fait jamais de mal d'être un peu sceptique, car certaines prétendues théories du complot se sont révélées justes. Par ex., à la fin des années 80, en Suisse, un journaliste qui soupçonnait l'Etat helvétique de surveiller ses citoyens, a été taxé pendant longtemps de conspirationniste, jusqu'au jour où on a découvert que la Suisse était bien un pays fliqué. L'affaire des fiches a ému l'ensemble de la population. Vous n'imaginez pas tout ce qu'on peut noter sur une fiche."

Andreas Korn, présentateur de l'émission précitée.

"Ce n'est que des années plus tard, en 1989, qu'une commission parlementaire confirme la thèse d'Urs Paul Engers. Il y a bien eu un système d'informateurs, une sorte de Stasi (2) helvétique, ainsi que des dossiers secrets contenant au total 900 000 fiches."

Voix off (suite de l'émission précitée).

"Quand on ramène à la population helvétique, on voit qu'un quart des Suisses était dans le collimateur de la police du ministère public. Ca fait quand même beaucoup."

Urs Paul Engers (suite de l'émission précitée).

"Avec la nouvelle loi sur les services de renseignements, les services secrets suisses ont la possibilité de surveiller les citoyens dans leur sphère privée, et ce généralement sans aucun contrôle, sans aucun critère objectif dans l'application de telles mesures."

Fabian Molina, opposant actuel au projet de surveillance (suite de l'émission précitée).

NOTES JMS :

(1) C'est notamment le siècle de Descartes (1596-1650), emblématique à ce sujet.

(2) abréviation de Staatssicherheitsdienst, service de la sûreté intérieure de l'Etat (1950-1989). 

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"Le pire est sans doute l'idée d'être mêlé malgré soi à une conspiration. C'est ce que vit notre journaliste Johanna depuis sa naissance. Son problème est qu'elle vient de Bielefeld. Bielefeld ? Ne devrais-je pas plutôt dire "Bielefake" (1), parce que cette ville n'existe même pas, à en croire l'une des théories du complot les plus connues d'Allemagne."

"Pourtant si je consulte les horaires des trains, je trouve bien Bielefeld. De même, la ville figure dans l'annuaire téléphonique."

"Alors, Bielefake, info ou intox ?"

Andreas Korn (suite de l'émission précitée).

"Ah oui, Bielefeld. C'est quelque part entre Dortmund et Hanovre, 330 000 habitants, plus moi. Eh oui, je viens de Bielefeld, une ville qui se situe dans l'est de la Wesphalie. C'est ici que je suis née il y a environ 31 ans, et dans cette salle on fait la fête des nuits entières en s'entichant à chaque fois d'un nouveau barman."

"Soi disant, parce qu'en fait Bielefeld n'existe pas."

Johanna (suite de l'émission précitée).

"La ville n'est qu'un décor qui cache une piste d'atterrissage pour OVNI ou encore un accès au centre de la Terre. Manifestement, on fait des efforts colossaux pour cacher que Bielefeld n'existe pas et que tout ici n'est qu'une façade."

Voix off (suite de l'émission précitée).

"Ca vous paraît absurde. Il y a pourtant bien pire."

Johanna (suite de l'émission précitée).

"Pour beaucoup de conspirationnistes, il est amplement prouvé qu'Elvis Presley est toujours en vie. Certains pensent que les Américians ne sont jamais allés sur la Lune. Tout aurait été tourné en studio. Et à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Adolf Hitler se serait réfugié dans une cavité au centre de la Terre."

Voix off (suite de l'émission précitée).

"Il y a aussi l'histoire de Paul."

Johanna (suite de l'émission précitée). 

"Paul McCartney, des Beatles. Il serait mort depuis les années 70 et aurait été remplacé par un sosie. Les indices, que dis-je, les preuves, sont évidemment très nombreuses. A commencer par la pochette de l'album Abbey road. On y voit Paul, qui est gaucher, fumer de la main droite. Quant à la traversée du passage piéton, ce serait en réalité le cortège de ses funérailles. [...]."

Voix off (suite de l'émission précitée).

NOTE JMS :

(1) Jeu de mot par paronymie (passage de l'allemand Feld, champ, à l'anglais fake, trucage).

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"[La] mobilisation intense et systématique de l'oligarchie peut faire penser à un complot alors qu'il s'agit du fonctionnement d'une classe sociale qui existe, selon la théorie marxiste, en soi, c'est-à-dire objectivement, et pour soi, c'est-à-dire subjectivement, avec la conscience d'appartenir à cette classe, perçue comme une grande famille, un réseau et un carnet d'adresses bien rempli. La théorie du complot n'est pas utile pour rendre compte de l'efficacité du collectivisme grand bourgeois qui met en commun, au-delà des richesses qu'il détient, des pouvoirs partiels qui ensemble font la réalité du pouvoir."

"Si le complot est instrumentalisé, y compris par les membres de cette caste [...], c'est pour tourner à leur profit la thèse marxiste de la lutte des classes. [...]."

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot : Les prédateurs au pouvoir. Main basse sur notre avenir, éd. Textuel, 2017, p. 50.

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"L'expression "théorie du complot" est lancée en pâture pour empêcher de voir et de comprendre que l'on baigne dans un roman marxiste du XIXe siècle, ripoliné par un jeu visionnaire dit moderne, dont le mouvement En marche."

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot : idem ci-dessus, p. 54.

complotiste

"Qui défend, soutient une théorie du complot."

Dictionnaire Hachette Edition 2014, "Les mots nouveaux du français vivant", p. 14.

Auguste Comte

Dans un petit texte intitulé : "Auguste Comte, le père du positivisme", Gwenn Rigal écrit ceci :

"Auguste Comte (1798-1857) est un des précurseurs de la sociologie moderne et le fondateur du positivisme, une doctrine philosophique qui professe que les lois des phénomènes sont tout ce que nous savons d'eux. Puisque leur nature essentielle et leurs causes ultimes nous resteront toujours impénétrables, il faut donc se contenter de considérer les faits, recourir à l'expérimentation et ainsi sortir des discours spéculatifs. Le positivisme rejette la théologie et la métaphysique des forces abstraites et appelle à l'essor des sciences [...]."

in Les mystères de la franc-maçonnerie. Histoire d'une société secrète, Ed. ESI, sept. 2012, p. 112.

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"Le rituel Amiable (1), adopté en 1886, est "adogmatique" et clame sa préférence pour les certitudes de la science face à celles des religions révélées. Jugé trop positiviste, il sera remplacé en 1938 par le rite de Groussier, qui se veut un retour aux sources du Rite français et à une pratique où les questions philosophiques l'emportent sur les débats politiques. Ce rite, aujourd'hui majoritaire, est baptisé ainsi du nom d'un ancien Grand Maître du Grand Orient de France, Arthur Groussier (2)."

Gwenn Rigal : idem ci-dessus, p. 112/113.

NOTE JMS :

(1) Louis Amiable (1837-1897) a été avocat, conseiller de la cour d'appel, maire et franc-maçon. Il fut membre du Grand Collège des Rites et du Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France. C'est en 1886 qu'il il mit en oeuvre sa réforme du Rite français.

(2) Arthur Groussier (1863-1957) a été ingénieur, syndicaliste, homme politique de gauche et franc-maçon français. Sa grande réalisation est la mise en oeuvre du code du travail (dès 1896).

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"[...]. En 1844, [Auguste Comte] connut Clothilde de Vaux, qu'il aima d'un amour romanesque et platonique. Cette rencontre le conduisit au mysticisme et, après la mort de Clothilde, à la religion de l'Humanité. C'est sur ce dernier point que Littré (1) se sépara de Comte, pour écrire dès lors son oeuvre personnelle. [...]."

Didier Julia : Dictionnaire de la philosophie, Larousse, 1964, art. Auguste Comte.

NOTE JMS :

(1) Emile Littré (1801-1881) est un lexicographe français. Positiviste et disciple d'Auguste Comte, il est l'auteur d'un Dictionnaire de la langue française (1863-1873). [Acad. fr.].

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"COMTE Auguste (1798-1857). Philosophe et sociologue bourgeois français [...], fondateur du positivisme [...]. Se déclarant partisan des connaissances positives, Comte qualifiait de métaphysique toute aspiration à pénétrer l'essence des phénomènes, et niait l'existence de lois objectives tant dans la nature que dans la vie sociale. [...]."

"[...]. En sociologie, Comte se dit défenseur de l'"ordre", entendons par là le régime bourgeois débarassé de ses contradictions internes. Comte se prononçait contre la lutte des classes, pour la propriété privée des moyens de production, identifiait la sociologie à la mécanique et à la biologie et posait pour tâche la création d'une "physique sociale". Selon lui, la sociologie se divise en "statique sociale" et en "dynamique sociale". Partant de cette théorie antiscientifique, largement répandue, les sociologues bourgeois soutiennent que la société est un système immobile, statique, qui peut parfois modifier certains de ses traits sous l'action de chocs mécaniques extérieurs. Comte ne reconnaissait le progrès que dans le cadre du capitalisme et, s'appuyant sur la conception idéaliste de l'histoire, qui d'après lui, est le résultat de l'évolution des idées, il développe la "loi des trois états" de l'évolution sociale : le théologique, le métaphysique et le positif. Comte rattachait la dernière étape à la domination de la science bourgeoise. De là cette conclusion que le régime capitaliste est le plus rationnel, et qu'il est dû à la victoire de la pensée scientifique."

"Défenseur actif du capitalisme, Comte est resté jusqu'à nos jours une des principales autorités parmi les sociologues bourgeois. [...]."

Petit dictionnaire philosophique, sous la direction de M. Rosenthal et P. Ioudine, éd. en langues étrangères, Moscou, 1955.

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"COMTE (Auguste). Philosophe français, né à Montpellier (1798-1857), fondateur du positivisme."

"Sa vie fut une des plus bizarres qui soient. Il lui arrivait de disparaître pendant un certain temps, d'oublier complètement ses rendez-vous et obligations. Ainsi, le 12 avril 1826, quand ses auditeurs se présentèrent à sa quatrième leçon, ils trouvèrent portes et volets clos."

"On possède de lui un certain nombre de lettres véritablement incohérentes, qui justifient à elles seules son examen par le grand médecin Esquirol. Celui-ci le fit interner après que Comte eut tenté de se noyer avec sa femme dans le lac d'Enghien. A l'asile, le père du positivisme piqua sa fourchette dans la joue d'un gardien."

"Le jour de sa sortie de l'asile, il signa un acte "Brutus Bonaparte Comte". Par la suite, il essaya encore de se suicider en se jetant du haut du pont des Arts à Paris. Une autre fois, il partit pour Montpellier, arriva à Nîmes et subitement rebroussa chemin."

"Ces bizarreries ne se succédèrent pas à son oeuvre mais en furent rigoureusement contemporaines. Mystique, avec des hallucinations et des extases, il a laissé une oeuvre à prétention scientifique. On peut même le considérer comme le père de la sociologie."

Guy Bechtel & Jean-Claude Carrière : Dictionnaire de la bêtise, suivi du Livre des bizarres, nouvelle éd., Robert Laffont, col. Bouquins, 2014, p. 557.

con

"Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît."

 Michel Audiard, dialoguiste de : Les Tontons flingueurs, film franco-germano-italien de Georges Lautner (1963).

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"Je suis le dernier des cons glorieux."

Marcel Bigeard, cité dans : 50 phrases cultes et drôles de L'HISTOIRE sur la guerre et l'argent, Le Point hors-série, février-mars-avril 2015, p. 8.

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"[...]."

"Le temps ne fait rien à l'affaire

 Quand on est con, on est con

 Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père

 Quand on est con, on est con

 [...]."

 Georges Brassens : Le temps ne fait rien à l'affaire (1962, paroles du refrain).

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"Jacques Séguéla (1) est-il un con ? La question reste posée. [...]. De deux choses l'une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait quand même un peu ; ou bien Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup. [...]. Jamais je ne me permettrais sans preuve d'insulter un prévenu, même et surtout quand il s'agit, comme aujourd'hui, d'un handicapé publico-maniaque de type Napoléon de gouttière minable et incurable, confit dans sa suffisance et bloqué dans sa mégalomanie comme un marron dans le cul d'une dinde. Oui, je sais, la comparaison est ordurière et je prie le syndicat des dindes de bien vouloir m'excuser."

"Réquisitoire contre Jacques Séguéla", 25 octobre 1982, "Le Tribunal des flagrants délires", France Inter.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Séguéla

SOURCE :

"Shocking ! Ces plaisanteries qu'on n'ose plus faire" in Revue Des Deux Mondes : Le rire est-il mort ?, juillet-août 2018, p. 38.

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"Quand tu as une vie de con, faut surtout pas être intelligent, tu souffres plus."

Jean-Marie Gourio : Brèves de comptoir, éd. Zéro, 1987.

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"J'ai joué la date de naissance de ma femme, celle de ma mère et celle de ma fille, j'ai pas eu un numéro. Pas un ! C'est vraiment une famille de cons."

Jean-Marie Gourio : idem ci-dessus.

concept

"A 20 ans, en 1965, l'Américain Joseph Kosuth (1), à peine sorti de ses études artistiques, décida que les oeuvres d'art étaient des "curiosités historiques", des productions formelles, décoratives et superficielles qui avaient fait leur temps. Ebloui par les ready-made (2) de Marcel Duchamp (3), il affirma la suprématie de l'objet et du langage. Le premier travail illustrant sa théorie (Une ou Trois Chaises, 1965) présenta une véritable chaise, la photographie grandeur nature de cette chaise et la reproduction sur le mur de la définition du mot "chaise" tirée du dictionnaire. Ainsi  naquit l'art conceptuel."

"Depuis trente ans, Joseph Kosuth décline cette théorie qu'il résume par un aphorisme redondant : "L'art est la définition de l'art." Sa dernière installation, Modernité trois virgules et une note, rend hommage à trois étrangers qui vécurent à Paris et dont la pensée, dit-il, détermina notre conception de la modernité : le philosophe allemand Walter Benjamin (4), le peintre néerlandais Piet Mondrian (5) et l'écrivain collectionneur américain Gertrude Stein (6)."

"[...]."

article d'Olivier Cena : Et la lumière fuse in Télérama n° 2446 du 27 novembre 1996, p. 70.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Kosuth et https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/c5jdxb/r6rdGeK

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ready-made

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Duchamphttps://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-Duchamp/ENS-duchamp.htm et https://www.franceculture.fr/personne-marcel-duchamp

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Benjamin, https://www.wbenjamin.org, https://www.larevuedesressources.org/-walter-benjamin,143-.html et https://www.franceculture.fr/personne-walter-benjamin.html

(5) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Piet_Mondrian

(6) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gertrude_Steinhttps://www.franceculture.fr/peinture/gertrude-stein-laudacieuse, https://citations.ouest-france.fr/citations-gertrude-stein-1544.html et https://jmsauvage.fr/lettres/gertrude-stein-et-la-question-de-la-repetition

conférence

"Thibault faisait à Hambourg des conférences très peu suivies. Peu de public, mais des huissiers pourtant. Quelqu'un s'en étonna, puisqu'il n'était point guère besoin de contrôler les entrées. Rivarol dit : "Ce doit être pour empêcher de sortir"."

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 824.

confiance

Sondage exclusif CAS DE CONFIANCE

Enquête Louis Harris interactive (1) pour Le Nouveau Magazine Littéraire (n° 23, nov. 2019, pp. 20-25) réalisée en ligne les 16 et 17 septembre 2019 sur un échantillon de 2038 personnes représentatif de la population française agée de 18 ans et plus.

91 % : pompiers ; 88 % : infirmiers ; 78 % : scientifiques ; 76 % : militaires ; 74 % : agriculteurs ; 74 % : enseignants ; 59 % : Michel Cymes ; 55 % : intellectuels ; 54 % : Jean-Pierre Pernaut ; 50 % : Elise Lucet ;

37 % : journalistes ; 37 % : Hubert Reeves ; 36 % : Brigitte Macron ; 34 % : Général de Villiers ; 29 % : banquiers ; 24 % : Greta Thunberg ; 23 % : Michel Houellebecq ; 22 % : Michel Onfray ; 22 % : Eric Zemmour ; 21 % : ministres ; 19 % : Edwy Plenel ; 17 % : Thomas Piketty.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://harris-interactive.fr

 

prince du Congo

VESTIGES DU PALAIS VAISSIER

2 et 20, rue de Mouvaux, 59200 Tourcoing

Bus ligne 27, arrêt Tourcoing Pont du Blanc Seau

Vestiges du délirant palais du prince du Congo

"Dans la rue de Mouvaux se trouvent deux vestiges du palais Vaissier (1) : deux petits pavillons qui se répondent dans des lignes orientales colorées. Ces pavillons n'étant que les logements du jardinier et du concierge, on a du mal à imaginer la munificence du palais qui se tenait ici."

"Cet ancien palais est né d'un caprice de Victor Vaissier, savonnier qui se proclamait prince du Congo : sur un parc de cinq hectares, il se fit construire en 1892 par l'architecte Charles Dupire-Rozan (2) un incroyable palais coloré, digne des Mille et Une nuits."

"A l'entrée du château, un hall gigantesque annonçait une multitude de pièces de réception : salons japonais, indiens, salle à manger Renaissance et mauresque. A l'étage, le palier était éclairé par un vitrail extraordinaire représentant le Congo tel que Vaissier l'imaginait. Sur le toit en terrasse se trouvaient des kiosques d'où l'on pouvait admirer le grand bassin du parc."

"En 1923, Victor Vaissier décède et le château est racheté en 1925 par Deconninck, un entrepreneur de spectacles. Finalement, le château fut démoli en 1929 et les différentes parcelles vendues en terrains à bâtir."

PETITE HISTOIRE D'UNE SAVONNERIE TOURQUENNOISE

"Victor Vaissier hérite en 1887 d'une petite savonnerie familiale. Par des techniques mercantiles modernes et de la publicité, il crée la légende du savon de luxe parfumé des "princes du Congo."

"Profitant de la vague coloniale de l'époque, il joue sur l'imaginaire exotique. Son entreprise devient célèbre dans le monde entier, et il devient le fournisseur officiel de la cour de Belgique, de Roumanie et du Bey de Tunis (3). Ses concurrents locaux décident de s'inspirer de sa technique. Les industries Paul Tranoy lancèrent les savons Prince du Caucase et Charles Lequenne créa les savons Princes du Nord."

Gwenaëlle Versmée : Lille méconnu, Ed. Jonglée, col. "Les guides écrits par les habitants", avril 2009, p. 195.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_Vaissier

(2) Il ne s'agit pas de Charles Dupire-Rozan, ainsi que l'écrit l'auteure, mais de Achille Edouard Dupire, dit Edouard Dupire-Rozan. Cf. not. à son sujet le Wikipedia qui lui est consacré.

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bey_de_Tunis

connaissance

"[...]."

"Pour celui qui étudie afin de parvenir à la connaissance, les études et les livres ne sont que les barreaux de l'échelle qu'il gravit pour atteindre le sommet de la connaissance : dès qu'un barreau l'a élevé d'un pas, il l'abandonne. Par contre, les autres, nombreux, qui étudient pour remplir leur mémoire, n'utilisent pas les barreaux de l'échelle pour monter, mais ils les démontent et les chargent pour les emporter en se réjouissant du fardeau de plus en plus lourd. Ils resteront éternellement en bas, car ils portent ce qui aurait dû les porter."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, pp. 70/71).

connerie

"[...] on dirait moins de conneries si on ne parlait que de ce qu'on a vu. Encore que, si on ne devait plus parler que de ce qu'on a vu, est-ce que les curés parleraient de Dieu ? [...]. Est-ce que Giscard parlerait des pauvres ? Est-ce que les communistes parleraient de liberté ? Est-ce que je parlerais des communistes ?"

Pierre Desproges : Dernières volontés, album En scène au théâtre Fontaine (1984), chez Tôt ou tard (janv. 2002).

conscience de classe

"Sans la conscience de classe, l'acte sexuel ne peut pas apporter de satisfaction, même s'il est répété à l'infini."

Aldo Brandiralli, secrétaire du Parti marxiste-léniniste italien ; cité in Cerf et Navasky : Paroles d'experts, Acropole, 1989.

SOURCE : Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière : Dictionnaire de la bêtise, suivi du Livre des bizarres, nouvelle éd., Robert Laffont, col. Bouquins, 2014, p. 17.

conseil

"Ne cherchez pas des gens qui vous donnent des conseils, regardez plutôt ceux qui vous donnent des exemples."

Sacha Guitry (1885-1957)

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 182.

contemporain

"Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps."

Giorgio Agamben : Che cos'è il contemporaneo ?, Nottetempo srl, 2008. Paru en français sous le titre : Qu'est-ce que le contemporain ?, Rivages poche/Petite Bibliothèque, 2008. Trad. de Maxime Rovere.

esprit de contradiction

"Alphonse Allais voulait faire l'une de ses grosses plaisanteries habituelles, mais il trouva son maître. Il était entré chez un droguiste dont le cerveau ne lui paraissait pas très puissant, et lui dit : "Je suis sûr que vous avez dans votre boutique de l'esprit de sel, de l'esprit de bois et de l'esprit de vin ?

- Certainement, monsieur.

- Mais avez-vous de l'esprit de contradiction ?"

Alors le droguiste désigna sa femme, qui tenait la caisse : "J'en ai même à revendre. En voilà quatre-vingts kilos !"

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 37.

contribuable

"Vertus et vices, démocratie et finance, tout retombe en alourdissement sur le dos du contribuable."

Charles Péguy (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Péguy et http://charlespeguy.fr

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 108.

conviction

"Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges."

Friedrich Nietzsche : Le Crépuscule des idoles.

SOURCE :

Cité en exergue du livre de Michel Onfray : Solstice d'hiver. Alain, les Juifs, Hitler et l'Occupation, Ed. de l'Observatoire, fév. 2018, p. 7.

coofficiel

"Se dit d'une langue qui partage avec une autre le statut de langue officielle. Le catalan a un statut coofficiel en Catalogne."

Dictionnaire Hachette Edition 2014, "Les mots nouveaux du français nouveau", p. 14.

Coran

"Livre de Mahomet, où il n'est question que de femmes." (1)

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor Astral, col. "Les Inattendus", 2015.

NOTE JMS :

(1) Gustave Flaubert écrit : Koran.

coronavirus (covid-19)

En Corée du Sud, la secte nommée Eglise Shincheonjui de Jésus (1), qui compte l'essentiel des 334 nouveaux cas, "a participé à la propagagation du virus en demandant à ses fidèles [...] de ne pas révéler leur appartenance, de nier toute participation à des offices ou  encore de ne pas suivre les recommandations du gouvernement. Lee Man-hee, le fondateur, en 1984, de la secte, qui prétend que Jésus-Christ lui est apparu et qu'il peut offrir la vie éternelle à ses fidèles, a affirmé que "le diable propageait le coronasvirus pour enrayer le développement de l'Eglise..."

"[...]."

Philippe Mesmer : Les mouvements religieux au coeur de l'épidémie en Corée du Sud in Journal Le Monde du vendredi 28 février 2020, p. 7.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Shincheonji_Church_of_Jesus 

corps

"Quel corps ? Nous en avons plusieurs." (1). J'ai un corps digestif, j'ai un corps nauséeux, un troisième migraineux, et ainsi de suite [...]. D'autre part, je suis captivé jusqu'à la fascination par le corps socialisé, le corps mythologique, le corps artificiel (celui des travestis japonais) et le corps prostitué (de l'acteur). Et en plus de ces corps publics (littéraires, écrits), j'ai, si je puis dire, deux corps locaux : un corps parisien (alerte, fatigué) et un corps campagnard (reposé, lourd)."

Roland Barthes : Roland Barthes par Roland Barthes, Ed. du Seuil, col. "écrivains de toujours", 1975, p. 65.

NOTE JMS :

(1) Roland Barthes : Le Plaisir du texte, Tel Quel, 1973, p. 39. Rééd. Points/Seuil, 1982.

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 Dans un texte (non publié) daté du 10 août 2016 et intitulé NUIT D'ETE, Manon Quintin (1) écrit :

"Mon corps est encore bouillant de plaisir. Je sens à nouveau tes mains le parcourir, l'empoigner, le griffer. Avec envie et passion. Je veux te sentir en moi, tes lèvres effleurant les miennes. J'ai envie de les croquer. Tu n'imagines pas comme c'est frustrant. Mais tu m'excites quand tu fais ça."

"Tu m'excites tout le temps."

"Fais-moi gémir, trembler, hurler."

"Domine-moi !"

"Mon corps se refroidit. Je m'endors en écrivant, ce fut une nuit agitée. Mon corps te réclame encore et encore, pour des nuits entière à gémir sous tes coups de reins."

 NOTE JMS :

 (1) Manon Quintin est étudiante à l'ESAD-GV.

Corse

"Je n'imagine pas un instant cette île séparée du continent."

Jean-Louis Debré, à propos de la Corse (1)

SOURCE :

(1) Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 59.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Debré

coucher

Dialogue entre trois jeunes filles dans la cour du lycée Jules-Ferry, à Paris, en 1963, dans le film de Diane Kurys : Diabolo menthe (France, 1977, 95 mn) :

- "T'as déjà couché avec un garçon ?"

- "Ben moi, j'ai couché avec un garçon."

- "Pff !"

- "Si, c'est vrai !"

- "Alors ?"

- " Ben rien. J'suis allée chez lui, enfin chez ses parents. On est monté dans sa chambre et il m'a embrassé sur la bouche."

- "La bouche ouverte ?"

- "Ben ouais !

- "C'est déguelasse !"

- "Mais c'est comme ça, hein ! Il m'a demandé de me déshabiller.

- "Et tu t'es déshabillée, devant lui !"

- "Ouais ! Et il m'a dit de me coucher sur le lit, toute nue."

- "Ca c'est pas vrai !"

- "J'te jure que c'est vrai !"

- "Et alors ?"

- "Quoi, et alors ?"

- "Ben, qu'est-ce qui s'est passé ?"

- "Ben rien. Il s'est allongé à côté de moi et il a lu un Spirou."

- "C'est tout !"

- "Ben ouais !"

couilles

"Nom de Dieu, comme tu as grandi. Tu vas bientôt pouvoir attraper les couilles du Seigneur !"

La grand-mère, en revoyant Marjane après son séjour autrichien, dans le film d'animation Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (Fr/USA, 2007, 95 mn, NB).

SOURCE :

Cité dans l'encadré Télérama de Pierre Murat consacré à la présentation de ce film.

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" [...] en 1988, le Premier ministre Chirac se fait prendre par un micro encore ouvert lors d'un sommet européen. On l'entendra alors dire à propos de Margaret Thatcher (1) : "Qu'est-ce qu'elle veut cette mégère, mes couilles sur un plateau." "

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 121.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Margaret_Thatcher et https://fr.wikipedia.org/wiki/Margaret_Thatcher

couleur

"De gustibus et coloribus non disputandum"

Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter.

Proverbe des scolastiques (1) du Moyen Âge, qui est devenu français.

Chacun est libre de penser, d'agir selon ses préférences.

Pages roses du Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013, p. 1225.

NOTE :

(1) Du grec skolastikos, le mot scolastique désigne l'enseignement philosophique et théologique dispensé dans l'Université du XIe au XVIIe s. (apogée au XIIIe s.) et dont le propos était de concilier la foi chrétienne et la raison.

Marquée par l'influence prépondérante de l'aristotélisme, la scolastique a été principalement illustrée par Thomas d'Aquin (1225-1274), Duns Scot (1266-1308) et Guillaume d'Occam [ou Ockham (v. 1285 - v. 1349)].

Ce mot est devenu aujourd'hui synonyme de formaliste et verbeux, à la façon de la scolastique à partir de sa décadence (XIVe s.).

SOURCE : Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013.

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"A la synagogue, le rabbin entend une dispute au beau milieu de la prière. Le ton monte, tant et si bien que l'officiant et les fidèles s'arrêtent pour écouter :

- Non, le blanc n'est pas une couleur !

- Si, le blanc est une couleur !

- Non !

- Si !

"Le rabbin accourt :

- Mais enfin, que se passe-t-il ?

- Le blanc n'est pas une couleur !

- Si, c'est une couleur ! Rabin, dites-moi, le blanc, est-ce une couleur ou non ?

- Heu, oui, répond le rabbin, il est écrit dans Maïmonide (1) que le blanc est une couleur."

- Aha, tu vois que le blanc est une couleur !"

" Et l'office reprend paisiblement, jusqu'au moment où on est interrompu à nouveau par des cris intempestifs venant des deux mêmes :

- Non, le noir n'est pas une couleur !

- Si, c'est une couleur !

" A nouveau, le rabbin accourt :

- Que se passe-t-il ?

- Il dit que le noir est une couleur, rabbin !

- Oui, le noir est une couleur ! Dites-nous, rabbin, est-ce que le noir est une couleur ?

- Heu, oui, il est écrit dans Maïmonide que le noir est une couleur.

- Aha, tu vois que je t'ai vendu une télé couleur !"

Cité dans La bible de l'humour juif, tome 2, de Marc-Alain Ouaknin et Dory Rotnemer, Ed. Ramsay, 1997 ; repris aux Ed. J'ai lu, 1998, chap. 8 : "Les litiges", pp. 142/43.

NOTE JMS :

(1) "MAÏMONIDE (Moïse), Cordoue, 1138 - Fustat, 1204, philosophe, théologien et médecin juif. Il a cherché à montrer l'accord entre la foi et la raison et à rapprocher le judaïsme de la pensée d'Aristote. Ses trois plus grands ouvrages sont le Luminaire (1168), Le Mishne Tora (1180) et le Guide des égarés (1190)" (Petit Larousse illustré 2014, Ed. Larousse, 2013). 

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"Il était une fois une couleur, à laquelle, ne sachant pas encore vraiment comment l'appeler, nous donnerons le nom de Grülp. Le Grülp constata avec étonnement que les autres couleurs le regardaient un peu de travers, ou que, pour tout dire, elles le traitaient comme s'il n'existait absolument pas. Le Grülp imputa naturellement cela au fait que les autres couleurs étaient toutes très coquettes et jamais intéressées que par elles-mêmes. Elles ne cessaient en effet de se mirer, le vert, dans le pré, le violet, dans les vêtements des vieilles dames, et le bleu aussi, car le ciel tout entier était son miroir. Le noir, qui se contemplait dans l'encre, était la plus vaine des couleurs, parce qu'il ne savait pas combien d'inepties peuvent être écrites avec."

"[...]."

Georg Simmel (1) : L'Histoire de la couleur (Das Märchen von der Farbe) in Niele Toroni : L'Histoire de Lapin Tur, suivi de L'Histoire de la couleur, de Georg Simmel, Ed. Allia, 2010, 2017, pp. 17/18. Traduit de l'allemand par Lionel Duvoy.

NOTES :

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Georg_Simmel

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"[Georges Clemenceau (1)], l'ami fidèle [...] sera à son chevet pour recueiller son dernier souffle le dimanche 5 décembre [1926]."

"Les obsèques ont lieu le 8 décembre. Sur les photos de presse de l'enterrement, on croit reconnaître un tissu clair sur le cercueil de Monet (2). Ce serait Clemenceau qui aurait remplacé le drap funéraire par un tissu fleuri, en s'écriant : "Pas de noir pour Monet !"

Le blog d'Ariane, guide à Giverny (3)

http://givernews.com/2012/12/05/la-mort-de-monet

NOTES JMS :

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Monet_-_Georges_Clemenceau_:_une_histoire,_deux_caractères

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Monet, https://fondation-monet.com et https://www.tombes-sepultures.com/crbst_777.html

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Giverny, https://www.giverny.fr et http://giverny.org/giverny.htm

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"[...] la couleur est un des tout premiers critères d'achat des voitures."

Catherine Firmin-Didot : Michel Pastoureau. La couleur lui va si bien (1) in Télérama n° 2584 du 21 juillet 1999, p. 21.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Pastoureau, https://www.babelio.com/auteur/Michel-Pastoureau/16841 et https://www.franceculture.fr/personne/michel-pastoureau

couple

"Dans un couple, il y en a un qui aime et l'autre qui se laisse aimer. La vie des citadins est dominée par les couples. Si tu n'es pas en couple, personne ne t'adresse la parole. Va au diable, espèce de paria. Dégage de la rue !"

Kathy Acker

SOURCE :

Barbara Casper : Qui a peur de Kathy Acker ? (Who's afraid of Kathy Acker ?), Allemagne, Autriche, 2007, 79 mn.

coupole

Comment les Romains ont-ils construit l'immense coupole du Panthéon de Rome (1), la plus grande du monde ?

"Il n'a pas été possible de retrouver les plans de l'architecte, ni même d'évaluer le retard du chantier. Mais avec les moyens de l'époque, ce fut sans doute titanesque : 43 m de diamètre ! [...]. Pour expliquer  la démesure et la longévité de ce dôme antique, avançons trois hypothèses. 1 : la création d'un cintre, structure provisoire en bois destinée à soutenir la voûte en construction. 2 : un chantier en deux étapes, avec une première couche de la voûte en briques et mortier, puis reste de la coupole, en pierre et en béton. 3 : l'intérieur du bâtiment rempli de sable ou de terre, puis recouvert d'un coffrage sur lequel la coupole est bâtie, avant de vider le bâtimment..."

Questions clés sciences, hors série n° 1, ESI éditions, 2018, p. 55. Auteurs : Hubert Kerjean, Eric Mathivet et agence éditoriale Mativox.

NOTE :

(1) Cf. not. https://www.rome-roma.net/pantheon-rome.html

courage

"N'écoutant que son courage qui ne lui disait rien, il se garda bien d'intervenir."

 Jules Renard

Cité dans le Dictionnaire amoureux de l'Humour, de Jean-Loup Chiflet (Plon, 2012, p. 658).

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"Le courage est un juste milieu entre la peur et la témérité."

Aristote : Ethique à Nicomaque

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 25.

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"Le courage n'est pas une vertu, mais une qualité commune aux scélérats et aux grands hommes."

Voltaire (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Voltaire , http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/francois-marie-arouet-dit-voltaire  et https://www.mon-poeme.fr/citations-voltaire

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 173.

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"Le courage des Turcs s'explique par ce fait qu'un homme qui a plusieurs femmes est mieux disposé à braver la mort que celui qui n'en a qu'une."

Honoré de Balzac (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Honoré_de_Balzac , http://hbalzac.free.fr et https://citations.ouest-france.fr/citations-honore-de-balzac-47.html

SOURCE :

Idem ci-dessus.

courtisan

"Les philosophes, qui communément sont gens de mauvaise humeur, regardent à la vérité le métier de courtisan comme bas, comme infâme, comme celui d'un empoisonneur. Les peuples ingrats ne sentent point toute l'étendue des obligations qu'ils ont à ces grands généreux, qui, pour tenir leur Souverain en belle humeur, se dévouent à l'ennui, se sacrifient à ses caprices, lui immolent continuellement leur honneur, leur probité, leur amour-propre, leur honte et leurs remords ; ces imbéciles ne sentent donc point le prix de tous ces sacrifices ? Ils ne réfléchissent point à ce qui doit en coûter pour être un bon courtisan ? Quelle force d'esprit que l'on ait, quelle qu'encuirassée soit la conscience par l'habitude de mépriser la vertu et de fouler aux pieds la probité, les hommes ordinaires ont toujours infiniment de peine à étouffer dans leur coeur le cri de la raison. Il n'y en a guère que le courtisan qui parvienne à réduire cette voix importune au silence ; lui seul est capable d'un aussi noble effort."

"Si nous examinons les choses sous ce point de vue, nous verrons que, de tous les arts, le plus difficile est celui de ramper. Cet art sublime est peut-être la plus merveilleuse conquête de l'esprit humain. La nature a mis dans le coeur des hommes un amour-propre, un orgueil, une fierté qui sont, de toutes les dispositions, les plus pénibles à vaincre. L'âme se révolte contre tout ce qui tend à la déprimer ; elle réagit avec vigueur toutes les fois qu'on la blesse dans cet endroit sensible ; et si de bonne heure on ne contracte l'habitude de combattre, de comprimer, d'écraser ce puissant ressort, il devient impossible de le maîtriser. C'est à quoi le courtisan s'exerce dans l'enfance, étude bien utile sans doute que toutes celles qu'on nous vante avec emphase, et qui annonce dans ceux qui ont acquis ainsi la façon de subjuguer la nature une force dont très peu d'êtres se trouvent doués. C'est par ces efforts héroïques, ces combats, ces victoires qu'un habile courtisan se distingue et parvient à ce point d'insensibilité qui le mène au crédit, aux honneurs, à ces grandeurs qui font l'objet de l'envie de ses pareils et celui de l'admiration publique."

Paul Henri Thiry, baron d'Holbach : Essai sur l'art de ramper, à l'usage des courtisans, Ed. Allia, 2010, pp. 11-14.  

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Antoine de Rivarol, à propos d'un joueur devenu courtisan : "Il ne vole plus depuis qu'il rampe."

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 812.  

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"Servum pecus"

Troupeau servile.

Paroles par lesquelles Horace (Epîtres, I, 19, 19) a flétri les imitateurs en littérature. Désigne les flatteurs, les plagiaires, les courtisans.

Les pages roses du Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013, p. 1230.

Sainte Germaine Cousin

"Sainte Germaine Cousin (1), scrofuleuse et idiote."

"Le plus grand titre de cette bergère à la Sainteté, d'après Veuillot (2), était son ignorance. Le ciel gardait ses troupeaux pendant qu'elle allait à la messe..."

"L'Eglise, dit L'Union, nous paraît, en ces circonstances,  entendre la Démocratie autrement mieux que les révolutionnaires."

"Le catholicisme, défenseur et consécrateur de l'esclavage, allié et complice des tyrannies, des patriciats, le catholicisme qui enseigne la soumission à la force, qui est partout contre le peuple le partenaire des oppresseurs, fait une sainte d'une fille du peuple, à condition qu'elle soit presque une brute, afin de montrer que l'idéal du prolétaire, pour la religion catholique, c'est le crétin."

(Avril 1867, transcrit le 12 avril 1870.)

(Bibl. Nat., NA 9591.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Ed. Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 48.

NOTE JMS :

(1) Vierge et sainte catholique (1579-1601), béatifiée par Pie IX en 1854, puis canonisée 13 ans plus tard, en 1867. Fête le 15 juin. 

(2) Il s'agit du journaliste et homme de lettres français François-Louis-Marie-Joseph Veuillot (1813-1883), auteur de Sainte Germaine Cousin, vierge de Pibrac, ouvrage paru en 1927 aux éd. Bonne Presse (85 p.).

Victor Cousin

"Cousin (1) vient au secours de l'ignorantisme par une mise en suspicion formelle de l'instruction. Selon lui, elle n'est qu'un instrument dangereux, plus propre à blesser qu'à guérir. C'est l'éducation qui moralise et l'éducation n'est salutaire qu'à la condition de se trouver dans la main des prêtres : "Si dans nombre de pays l'instruction primaire a produit de bons effet, c'est qu'elle n'était pas la préparation à la lecture des mauvais livres semés par les colporteurs, mais à l'étude de la Bible.[...].""

"C'est tout bonnement la théorie de l'inquisition : suppression de l'examen, de la discussion, de la presse, asservissement des population à une doctrine religieuse, à un enseignement dogmatique, despote des consciences et dominateur des intelligences, placé en dehors et au-dessus de tout examen ! La controverse est un blasphème ; la contradiction un attentat. La pensée est désormais rivée à un dogme inviolable, l'esprit humain enchaîné à une doctrine sacro-sainte hors de laquelle tout est crime et abomination. L'homme ne s'appartient plus. L'autorité de la raison est anéantie. [...]."

(Bibl. Nat., Mts français, N.A., 9581, n° 74.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, pp. 56/58.

NOTE JMS :

(1)  Victor Cousin (1792-1867) a été ministre de l'instruction publlique sous le second gouvernement Thiers du 1er mars au 28 octobre 1840.

cousin

"Clinton serait une lointaine cousine de Hollande :

"Je crois que ce n'est pas un argument de campagne que j'aurais pu mettre en avant !"

 Le Canard enchaîné n° 5011 - mercredi 9 nov. 2016, p. 8.

couvent

"Les bordels et les couvents sont frères en opulence et en politique. L'or y coule à flot de la même source : le capital. Il paie aux uns la jouissance infâme ; il paie aux autres l'abrutissement des masses qui fait sa sécurité, nonne ou prostituée, la femme est son instrument et sa victime (septembre 1869)."

in Ni Dieu ni Maître, n° 63, 11 sept. 1881. Critique sociale, t. II, P. 85. Cité dans Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Ed. Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 32.

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"Les couvents, maître de l'éducation. Leur incapacité fondamentale pour cette mission, par leur voeu de célibat."

"Le célibat, outrage à la nature, combinaison perverse pour soumettre les enfants à l'action malfaisante des gens aigris par leur vie contre nature, par l'absence d'affection naturelle, par leur haine pour tout ce qui ne partage pas leurs souffrances intimes."

"Danger des enfants livrés aux mains d'êtres dévorés par leurs passions sans issue."

(2 septembre 1867.)

(Bibl. Nat. Mss. fr. N.A. 9591.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 76.

couvreur

"Un couvreur prend plus de risques qu'un intellectuel."

Jean-Paul Sartre

Cité dans le Dictionnaire amoureux de l'Humour, de Jean-Loup Chiflet (Plon, 2012, p. 669).

crachat

"La raison nous conseille de dîner le moins possible dans les maisons où le personnel n'est pas traité avec égard."

"Le crachat constituant la représaille instinctive du domestique mécontent, on n'y mange que des crachats accommodés à toutes les sauces, et le repas qui vous est offert manque ainsi au premier de ses devoirs : la variété dans les mets."

Georges Courteline : La philosophie de Georges Courteline, éd. Mille et une nuits, mars 2009, p. 46.

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"Quand lama fâché, senor, lui toujours faire ainsi..."

Un petit Péruvien au capitaine Haddock après que ce dernier se soit fait cracher en pleine figure par un lama.

in Hergé : Tintin et le Temple du Soleil, éd. Casterman, col. Tintin, 1949, tome XIV, p. 2.

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"[...]."

"Dans la phase primitive, tout le monde crache partout. Cette période assez pénible dure jusqu'au XVIe siècle. On signale quand même ça et là au Moyen Âge quelques empêcheurs de cracher en rond qui précisent : "Ne crache pas par-dessus la table ni sur la table" [conseille The Babees Book (1)]."

"Enfin Erasme vint. Le célèbre humaniste se penche sur la question. Il publie ses conclusions dans son fameux traité de savoir-vivre De civilitate morum puerilium (2) ; "Crache en te détournant, pour ne souiller ni n'asperger personne. Si quelques saletés tombe à terre, il faut l'écraser avec le pied, pour qu'elle ne dégoûte personne."

"Une nouvelle problématique du crachat émerge. En lui-même, du point de vue de la substance, il n'est pas mauvais. Tout dépend des contingences de lieu et de temps. Autrement dit : où et quand cracher ? Erasme n'envisageait pas du tout de réprimer le crachat. Dans le même ouvrage, il précisait même qu'il était impoli d'avaler sa salive, ce que tout le monde a approuvé jusqu'au XVIIIe siècle. Même J.-B. de La Salle (3), un des esprits les plus coincés du XVIIe, devait concéder en 1678 qu'on ne doit pas s'abstenir de cracher."

"Mais, troisième acte, au XIXe siècle, la lutte contre la tuberculose étend ses ravages. Il ne s'agit plus comme avant de contrôler le crachat mais de le réprimer purement et simplement. Seule solution : tout ravaler, ce qui aurait scandalisé nos aïeux."

Frédéric Pagès : Au vrai chic anatomique, Points/Seuil, col. "Inédit Virgule", 1983, pp. 132-133.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : http://yorku.ca/inpar/babees_rickert.pdf

(2) Cf. not. : https://data.bnf.fr/15097638/erasme_de_civilitate_morum_puerilium et https://fr.wikisource.org/wiki/La_Civilité_puérile/Notice

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_de_la_Salle, https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-baptiste-de-la-salle et https://nominis.cef.fr/contenus/saint/931/Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle.html 

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"Ce n'est pas moi qui veut faire du cinéma, c'est le cinéma qui jaillit de moi et malgré moi. Je le vomis. J'ai ingurgité beaucoup de choses pendant les cinquante années de ma vie. Maintenant, je les rejette. Mes films sont des crachats où l'on trouve des filaments de sang."

Takeshi Kitano

SOURCE :

Philippe Piazzo : L'anar permanent in Télérama n° 2466 du 16 avril 1997, pp. 30-32.

crainte

"Il est plus sûr d'être craint que d'être aimé."

Nicolas Machiavel (1) : Le Prince (1532) (2)

NOTES JMS :

(1)  Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Machiavel , http://www.cosmovisions.com/Machiavel.htm et https://citations.ouest-france.fr/citations-nicolas-machiavel-976.html

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Prince

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 136.

crâne

"Jésus souffrit ses derniers moments sur le "Golgotha" (1), mot qui signifie "crâne" en hébreu. D'où son calvaire (2)."

Frédéric Pagès : Au vrai chic anatomique, Points/seuil, col. "Inédit Virgule", 1983, p. 119, note 3 (à propos du mot "tête").

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Golgotha

(2) Cf. not. : https://www.cnrtl.fr/lexicographie/calvaire

Arthur Cravan

"[...]. Arthur Cravan, s'il n'avait pas été dans une période de paresse, eût envoyé une toile avec ce titre : le Champion du monde au bordel. [...]."

Arthur Cravan : revue Maintenant n° 4, mars-avril 1914 (à propos du Salon des Indépendants).

Rééd. : Maintenant avril 1912 - mars-avril 1915, Seuil, col. "l'école des lettres", 1995, p. 89.

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"Ne pouvant pas me défendre dans la presse contre les critiques qui ont hypocritement insinué que je m'apparentais soit à Apollinaire ou à Marinetti, je viens les avertir que, s'ils recommencent, je leur tordrai les parties sexuelles."

"[...]."

Arthur Cravan : idem ci-dessus, p. 98.

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"[...]. Qu'on le sache une fois pour toutes : Je ne veux pas me civiliser."

"[...]."

Arthur Cravan : ibid. ci-dessus.

cravate

[...]. Voir un homme nouer sa cravate, c'est assister à une strangulation retenue. Ceux qui n'y comprennent rien y voient un licou (1) pour ces bêtes de travail que sont les "cols blancs", un gadget grâce auquel des masochistes tranquilles se sentent gênés, noués, empesés. Il n'en est rien. La cravate oblige à garder la tête haute et froide. Comme la ceinture, elle a pour fonction de brider les instincts, de contrôler ce qui monte des tripes au cerveau. C'est une façon de se tenir en laisse."

"Dans ces conditions, il est normal que la cravate soit à l'origine un ornement martial. Le mot vient en effet des cavaliers croates, mercenaires des armées de Louis XIII (2) qui portaient une bande de linge serrée autour du cou (3). Sous Louis XIV (4) fut créé le régiment de Royal-Cravate (5)."

"Une fois inventée, la cravate fut l'objet de recherches infinies. En 1830, on pouvait compter 72 façons différentes de la nouer."

"Aujourd'hui, la fantaisie est moins grande. Aux quatre coins du globe, la cravate s'ajuste à peu près de la même manière. Sous prétexte qu'elle pend, certains chercheurs y voient un symbole phallique (6). La thèse est séduisante. Si elle se trouvait vérifiée, il faudrait admettre que les véritables cravates sont celles des clowns, érectiles et cracheuses."

Frédéric Pagès : Au vrai chic anatomique, Points/Seuil, col. "Inédit Cirgule", 1983, pp. 108/109.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Licol

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_XIII

(3) Cf. not. : https://www.taurillon.org/la-cravate-une-histoire-europeenne-6523

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_XIV

(5) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Régiment_Royal-Cravates_cavalerie

(6) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Symbolisme_phallique

créancier

"Les créanciers ont meilleure mémoire que les débiteurs."

Benjamin Franklin (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Franklin , https://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Franklin et http://agora.qc.ca/dossiers/Benjamin_Franklin

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 108.

création

"1. Au commencement - enfin, presque - Dieu créa le ciel et la terre."

"2. La terre était informe et vide, les ténèbres couvraient la face de l'abîme et l'esprit de Dieu planait sur les eaux."

"3. Ce n'était pas une réussite."

"4. Dieu vit cela. Il se dit en Son coeur : "Beuark !""

"5. Il aurait bien voulu que cette saleté n'eut jamais existé."

"6. Mais Cela, il ne le pouvait pas."

"7. Maintenant que ça avait existé une fois, Dieu pouvait, s'Il le voulait, renvoyer tout ça au néant, mais Il ne pas faire que ça n'eût jamais existé."

"8. Cela, même Dieu ne le pouvait pas."

"9. Car personne ne peut supprimer le passé, pas même Dieu."

"[...]."

Cavanna : Les Ecritures, Le Livre de Poche, 1984 ; 1ère partie : Les Aventures de Dieu, chap. 1, pp. 13/14.

créole

"Vit dans un hamac."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

Edith Cresson

"Quand j'ai nommé Edith Cresson, je lui ai dit qu'elle avait le devoir d'être impopulaire. Je ne pensais pas qu'elle réussirait si bien."

François Mitterrand, à propos d'Edith Cresson (1)

SOURCE : François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, chez Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 678.

NOTE JMS :

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89dith_Cresson

crevette

""La torture ne faisait pas partie de mes méthodes", explique Bigeard. S'il admet que les paras et l'armée ont parfois agi avec "brutalité", il évoque seulement des "interrogatoires musclés". On l'a accusé d'avoir utilisé la gégène ou encore d'être à l'origine des "crevettes Bigeard", méthode qui consistait à fixer les pieds du terroriste présumé dans une cuvette de ciment avant de le jeter en pleine mer du haut d'un hélicoptère... Il est difficile de faire la part des choses dans cette "sale guerre" mais, soulignera le président Valéry Giscard d'Estaing en lui rendant hommage, la France ne peut oublier le héros qui a servi loyalement son pays (1)."

Simon Veille in : 50 phrases cultes... et drôles de L'HISTOIRE sur la guerre et l'argent, Le Point hors-série, février-mars-avril 2015, p. 9.

NOTE :

(1) BIGEARD (Marcel), Toul 1916 - id. 2010, général français. Engagé volontaire en 1940, il combattit en Indochine (1946-1954) puis en Algérie (1954-1960). Général de corps d'armée en 1974, il fut secrétaire d'Etat à la Défense nationale (1975-1976).

Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013.                                                           

crime

"Toutes les fois qu'un politique habile trouvera un crime utile à commettre, comptez qu'il le commettra."

Laurent Angliviel de La Beaumelle (1726-1773) : Mes pensées ou le Qu'en dira-t-on (1752)

SOURCE : Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 15.

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"Il y a des crimes qui deviennent innocents et même glorieux par leur éclat. De là viennent que les voleries publiques sont des habiletés et que prendre des provinces injustement s'appelle faire des conquêtes."

François de La Rochefoucauld

SOURCE :

Idem ci-dessus, p. 151.

criminel

"Lorsque nous assistons à l'interrogatoire d'un homme qui, lui, a été tout à fait démon à un moment donné, nous nous disons tout de même : "Ca aurait pu être moi". Tout homme sent bien qu'il a en lui toutes les possibilités, les meilleures et les pires. Nous sommes tous anges et démons."

"Nous avons tous été des criminels en puissance, nous le sommmes tous. Nous avons la chance de ne pas l'être et je crois que cette curiosité du public pour le meurtrier, pour le criminel de n'importe quel genre, vient fort de ce qui se dit : "Ca aurait pu être moi.""

Georges Simenon in Le Siècle de Simenon, documentaire de Pierre Assouline (France, 2013).

critique

"Mer...de aux Critiques."

Guillaume Apollinaire : "L'Antitradition futuriste", Manifeste synthèse du 29 juin 1913.

SOURCE : Pierre Cabanne : Mer...de aux critiques. Les tribulations de la critique d'art d'Emile Zola à Pierre Ménard, Quai Voltaire, Edima, Paris, 1993, p. 7.

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"Demander à un écrivain ce qu'il pense des critiques, c'est comme si vous demandiez à un réverbère ce qu'il pensait des chiens."

 John Osborne

Cité dans le Dictionnaire amoureux de l'Humour, de Jean Loup Chiflet (Plon, 2012, p. 659).

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"Toujours "éminent". Est censé tout connaître, tout savoir, avoir tout lu, tout vu. [...]."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

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"Il y a des critiques dont chacun s'imagine être seul à pouvoir dire ce qui serait bon et ce qui serait mauvais ; car ils prennent leur trompette d'enfant pour la trompette de la renommée."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 110).

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"Une fois de plus, je n'ai pas vu sa peinture. Il paraît que Delaunay a l'habitude d'envoyer ses toiles le dernier jour pour emmerder la critique, ce en quoi je lui donne parfaitement raison. [...]."

Arthur Cravan : revue Maintenant n° 4, mars-avril 1914 (à propos du Salon des Indépendants).

Rééd. : Maintenant avril 1912 - mars-avril 1915, Seuil, col. "l'école des lettres", 1995, p. 94.

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"Sutor, ne supra crepidam"

Cordonnier, pas plus haut que la chaussure.

Parole du peintre Apelle (1) à un cordonnier qui, après avoir critiqué dans un de ses tableaux une sandale, voulut juger du reste (Pline, Histoire naturelle, 35-36). Ce proverbe s'adressent à ceux qui veulent parler en connaisseurs de choses au-dessus de leur compétence.

Les pages roses du Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013, p. 1231.

NOTE :

(1) Apelle (IVe s. av. J.-C.) est un peintre grec, portraitiste d'Alexandre le Grand, dont seule la réputation nous est parvenue. Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013.

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"La critique, c'est un peu comme un soldat qui tire sur son régiment."

Jules Renard (1) cité par Jean-Luc Godard (2) (Télérama n° 2107 - 30 mai 1990, p. 29).

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Renard et http://citation-celebre.leparisien.fr/auteur/Jules_Renard

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_Godard

crocodile

"Les crocodiles (1) vivent sur Terre depuis 180 millions d'années, c'est-à-dire qu'ils étaient là avant les dinosaures - c'est le cas aussi des alligators, des tortues et des grenouilles. En 2015, on a retrouvé en Bavière les restes parfaitement conservés d'un crocodile préhistorique de 30 mètres de long."

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 188. Trad. de Fleur d'Harcourt.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Crocodile et https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/zoologie-crocodile-11237

Cronstadt

"En mars 1921, Lénine et Trotski font fusiller les marins de Cronstadt qui se rebellent au  nom de l'idéal révolutionnaire oublié. Un chapitre du livre de Voline s'intitule : "Cronstadt se dresse contre l'imposture bolchevique" (1). Des victimes en nombre, plus de deux mille, autant de déportations, des exils. L'Armée rouge, une création de Trotski, détruit sur ordre de Lénine l'(excellent) idéal révolutionnaire revendiqué par les marins : les soviets. Ainsi affranchi, plus question d'être marxiste, léniniste ou trotskiste ; encore moins militant du PCF..."

Michel Onfray : Le Postanarchisme expliqué à ma grand-mère. Le principe de Gulliver, Galilée, col. "débats", 2012, p. 29.

NOTE JMS :

(1) La Révolution inconnue.

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"Les marins de Kronstadt participèrent à plusieurs reprises aux troubles révolutionnaires de la Russie : en 1825, lors du mouvement des décembristes (1) ; en 1905/06 ; enfin en 1917. Lors de la révolution d'Octobre, les équipages de la Baltique, appuyés par le croiseur Aurora qui bombarda le palais d'Hiver, où siégeait le  gouvernement Kerenski (2), assurèrent le triomphe des bolcheviks. En mars 1921, une nouvelle mutinerie de la flotte, dirigée cette fois contre le pouvoir soviétique, eut lieu à Kronstadt ; elle fut impitoyablement écrasée par Trotski."

Michel Mourre : Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Bordas, tome V, 1978, p. 2546. 

NOTES JMS :

(1) Nom donné à un groupe d'officiers qui, en décembre 1825, tentèrent vainement de renverser le régime autocratique en Russie. Sous le règne d'Alexandre Ier, s'étaient constituées des sociétés secrètes d'officiers qui aspiraient à des réformes radicales, à l'abolition du servage, à l'introduction en Russie d'un gouvernement représentatif, à l'autonomie régionale. Certains d'entre eux envisageaient également le renversement du tsarisme et la proclamation de la République. Mais la tentative ne trouva pas de soutien populaire et fut aisément brisée, de même que les mouvements insurrectionnels qui eurent lieu, quelques jours plus tard, dans le  sud de la Russie. 

Avec les décembristes (encore appelés "décabristes"), commençait l'histoire révolutionnaire de la Russie. 

(2) Socialiste réformiste (1881-1970). Chef du gouvernement provisoire en 1917, il s'échappa, durant la révolution d'Octobre, et quitta la Russie, sous un déguisement. Il se retira aux Etats-Unis, où il enseigna à l'université de Standford. 

croyance

"Toutes les croyances sont des idées chauves..."

Francis Picabia (1879-1953)

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 27.

CRS

"Si les CRS avaient été vraiment des SS, Mai 68 aurait duré un quart d'heure."

Un historien interviewé dans le documentaire de François Pomès : Mai 68 : dans l'oeil de la police (France, 2018, 50 mn).

SOURCE :

Encadré Télérama de Pierre Ancery.

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"Le principe de la liberté individuelle n'a jamais foutu de complexe aux CRS."

Michel Audiard : Mélodie en sous-sol (Henri Verneuil, 1963) (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mélodie_en_sous-sol et https://fr.wikiquote.org/wiki/Mélodie_en_sous-sol

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 8.

crucifix

"Fait bien dans une alcôve et à la guillotine."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

crustacé

"Tous les crustacés

 Qui ont tant de noms 

 Et bien plus encore

 De couleurs, de formes

 Ils ne savent pas

 Qu'il y a la mer."

 Guillevic : Exécutoire, éd. Gallimard, 1947.

cubisme

"Le cri des figuratifs face aux cubistes :

"BRAQUE, ASSEZ !"

Auguste Derrière : Les girafes n'aiment pas les tunnels, Le Castor Astral / Maison Poaplume, 2015, p. 7.

cuisine

"Je pense que la cuisine est un art. A partir du moment où l'on accepte d'élargir le cadre de l'art, que l'on ouvre les vannes comme l'a fait Marcel Duchamp, que l'on reconnaît le land art et le body art, alors je ne vois pas pourquoi la cuisine n'en ferait pas partie. En revanche, rares sont les cuisiniers qui ont une réelle démarche artistique, cette expression personnelle, cet engagement."

Michel Troisgros, chef cuisinier. Propos recueillis par Virginie Félix in Télérama n° 3554 du 21 février 2018, p. 8.

cul

"[...] au plus eslevé throne du monde, si ne sommes assis que sus nostre cul."

Michel de Montaigne : Essais 3, chap. XIII. De l'expérience [Garnier-Flammarion n° 212 (3e vol.), 1969, p. 327]. 

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"Ne confonds pas une main au cul avec un passage sous tes reins."

Auguste Derrière : Les mites n'aiment pas les légendes, Le Castor Astral / Maison PoaPlume, 2013, p. 23.

Préface de Albert Muddah. Avec la participation exceptionnelle de Plonk et Replonk.

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"Mon coeur est français, mais mon cul est international !"

Arletty

Cité dans LES TRAITRES hier et aujourd'hui, l'express grand format, n° 19, octobre novembre décembre 2016, p. 48.

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"Le cul est introuvable dans les traités d'anatomie. C'est pourtant une de nos parties les plus familières. Si un peuple étranger voulait nous coloniser, il n'aurait pas besoin d'interdire toute la langue nationale. Il lui suffirait de bannir le mot "cul" pour perturber gravement la communication entre Français."

"Le cul est le holding le plus puissant de l'anatomie populaire. Cet empire prospère a su diversifier ses activités dans les branches les plus variées : les organes génitaux, l'anus, les fesses."

Frédéric Pagès : Au vrai chic anatomique, Points/Seuil, col. "Inédit Virgule", 1983, p. 49.

culture

"Enfant, il n'aimait pas tellement les films de Charlot ; c'est plus tard que, sans s'aveugler sur l'idéologie brouillonne et lénifiante du personnage (1), il a trouvé une sorte de délice à cet art, à la fois très populaire (il l'a été) et très retors : c'était un art composé, qui prenait en écharpe plusieurs goûts, plusieurs langages. De tels artistes provoquent une joie complète, parce qu'ils donnent l'image d'une culture à la fois différentielle et collective : plurielle. Cette image fonctionne alors comme le troisième terme, le terme subversif de l'opposition dans laquelle nous sommes enfermés : culture de masse ou culture supérieure."

Roland Barthes : Roland Barthes par Roland Barthes, Ed. du Seuil, col. "écrivains de toujours", 1975, pp. 58/59.

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"Ne serait-il pas possible de jouir de la culture bourgeoise [...] comme d'un exotisme ? "

Roland Barthes : idem ci-dessus, p. 64.

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"Le propre d'une culture, c'est de ne pas être identique à elle-même."

Jacques Derrida : L'Autre Cap (1991)

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 85.

Edward Estlin, dit E. E. Cummings

"Edward Estlin Cummings (1) était un auteur assez atypique. Quant à ses besoins financiers, ils n'étaient pas insignifiants. Son éditeur se crut obligé de le lui faire remarquer :

- "Mon cher, vous ne semblez pas avoir conscience de ce que vous rapportent vos livres..."

- "Vous avez parfaitement raison, concéda le poète américain : je vis tellement au-dessus de mes moyens qu'on ne se croise jamais."

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/E._E._Cummings, https://fr.wikipedia.org/wiki/E._E._Cummings et https://www.babelio.com/auteur/Edward-Estlin-Cummings/105433

curé

"On ne dit pas

 le style curé

 mais

 l'abbé attitude."

Auguste Derrière : Les girafes n'aiment pas les tunnels, Le Castor Astral / Maison PoaPlume, p. 10.

cybermilitant, ante

"Personne qui utilise Internet pour faire avancer la cause politique, les idées qu'il défend."

Dictionnaire Hachette Edition 2014, "Les mots nouveaux du français vivant", p. 14.

cyclisme

"[...] un ex-coureur cycliste, un certain "Mimile" qu'on va enterrer. Tout le cortège peinait sur une forte pente. Allais (1) ne put s'empêcher de dire : "C'est bien la première fois que Mimile arrive en tête au haut d'une côte...

- Et après avoir crevé !", ajoute Trignol (2).

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Lafont, col. "Bouquins", 2014, p. 34.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Allais et https://www.babelio.com/auteur/Alphonse-Allais/2638/citations

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fernand_Trignol, https://data.bnf.fr/fr/10420429/fernand_trignol et http://www.languefrancaise.net/Source/3521

cynisme

"S'ils votent "pour", Sandra reprendra sa place. S'ils votent "contre", chacun des seize emmployés touchera une prime de 1000 euros. C'est le deal imposé par l'entreprise, et personne n'a osé protester : on ne s'oppose pas à l'injustice en temps de crise. Sandra a le week-end pour plaider sa cause. Et convaincre ses collègues de renoncer à l'argent..."

"On suit donc Marion Cotillard (d'une précision rare dans le moindre petit geste, la moindre intonation) qui marche, court, prend le bus, roule en voiture, bref, qui avance sans cesse. Par moment, elle doute. Elle manque de souffle : les Dardenne la montrent comme asphyxiée, soudain, avalant de l'eau à pleines gorgées, respirant de l'air à pleins poumons. Sans doute sa gorge se noue-t-elle de honte à l'idée de devoir mendier l'aide de ses collègues. Provoquer leur gêne, peut-être leur haine."

"On décèle, désormais, chez les frères Dardenne [...] le refllet d'une transcendance possible. La transcendance, ici, c'est le lien qui unit Sandra à son mari. Il l'aime, il l'aide, il la soutient, il la pousse, il l'entraîne. En les contemplant, les frères filment ce qu'ils craignent de voir disparaître chez les autres : la complicité. Ces deux-là vont gagner ou perdre, qu'importe, puisqu'ils luttent ensemble. [...]."

Pierre Murat : encadré Télérama consacré à Deux Jours, une nuit (1), un film des frères Dardenne (France/Italie/Belgique, 2014, 90 mn) (2).

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Deux_jours,_une_nuit

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Frères_Dardenne et https://www.wikiwand.com/fr/Frères_Dardenne