Dictionnaire des citations


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e-réputation

"Réputation, image d'une personne morale ou physique véhiculée par les traces numériques laissées sur Internet à son sujet."

Dictionnaire Hachette Edition 2014, "Les mots nouveaux du français vivant", p. 15.

eau

"Selon l'ONU, deux tiers de la population mondiale seraient exposés d'ici 2030 à une pénurie d'eau. En cause : la démographie explosive, l'utilisation massive des ressources, le changement climatique... Analyse d'une situation tendue qui génère déjà des crises et des conflits."

Dossier "Notre planète a soif", réalisé par Isabelle Guardiola pour Valeurs mutualistes Le magazine des adhérents du groupe MGEN - 2e trimestre 2019 : présentation du dossier, p. 7.

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"[...] empreinte hydrique mondiale moyenne [...] : 4150 litres d'eau par jour et par personne. 150 litres pour notre douche ou la cuisine (eau domestique) et tout le reste dans le chariot de supermarché : notre alimentation. Mais aussi tout ce que nous utilisons, de notre ordinateur à notre lampe, du jean que nous enfilons à la voiture que nous conduisons. "En achetant nos biens de consommation, nous oublions que nous avons pris de l'eau à quelqu'un quelque part", pose Pascal Maugis (1), chercheur en sciences du climat et de l'environnement à l'Institut Pierre Simon Laplace (2), réunissant sept laboratoires en Île-de-France. Et de rappeler la répartition de l'eau dans nos usages mondiaux : 70 % pour l'agriculture, 20 % pour l'industrie, environ 10 % d'eau domestique."

Idem ci-dessus, p. 8.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://www.lsce.ipsl.fr/Phocea/Pisp/index.php?nom=pascal.maugis

(2) Cf. not. : https://www.ipsl.fr

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"L'eau potable est-elle un bien commun, comme l'air que l'on respire, qui doit rester accessible à tous ? Ou faut-il en faire une marchandise qui, comme je soja et le pétrole répond aux lois du marché, pour mieux la protéger ? Cette problématique [...] s'avère d'autant plus brûlante qu'à mesure que la planète se réchauffe et que les humains adoptent des modes de vie dispendieux en eau, le précieux liquide se raréfie. Dans certaines régions du monde, l'idée s'impose que le meilleur moyen de gérer cette ressource vitale, c'est encore de la confier au marché. Ainsi, en Australie, territoire sujet aux sécheresses à répétition, les géants de la finance ont investi en masse ce secteur fort rentable. Résultat, bien des exploitants agricoles n'ont plus les moyens de se payer l'eau nécessaire à leurs cultures et à leurs bêtes."

"[...]."

Marc Belpois : encadré Télérama consacré au documentaire de Jérôme Fritel : Main basse sur l'eau (France,  2019, 1h25mn).

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"En Australie, le pays le plus avancé dans la marchandisation de l'eau, les petites fermes familiales ont dû cesser leur activité."

Jérôme Fritel (idem réf. ci-dessus).

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"L'eau ça fait rouiller le métal, alors imagine ce que ça peut faire dans l'estomac !"

Jean-Marie Gourio : Brèves de comptoir, éd. Zéro, 1987.

échasse

"Si, avons-nous beau monter sur des eschasses, car sur des eschasses encores faut-il marcher de nos jambes." (1)

Michel de Montaigne : Essais 3, chap. XIII. De l'expérience [Garnier-Flammarion n° 212 (3e vol.), 1969, p. 327].

NOTE JMS :

(1) Ce à quoi Montaigne ajoutait : "Et au plus eslevé throne du monde, si ne sommes assis que sus nostre cul." (idem donc réf. ci-dessus).

écoblanchiment

"Procédé de communication au sein d'une entreprise visant à se donner une image écoresponsable malgré ses activités polluantes."

Dictionnaire Hachette Edition 2014, "Les mots nouveaux du français vivant", p. 15.

école

Dans un petit texte intitulé "L'école publique, une idée maçonne", Gwenn Rigal écrit ceci :

"C'est en conclusion du discours du chevalier de Ramsay (1), diffusé en 1736, qu'apparaît pour la première fois la notion d'"école publique". Elle sera reprise à la Révolution, notamment par le maçon Joseph Lakanal (2) qui fait voter en 1793 une loi permettant un enseignement libre. En 1802, la France est divisée en académies, le primaire reste la prérogative de l'Eglise mais le secondaire et le supérieur passent sous le contrôle de l'Etat, donc publics. Enfin, l'enseignement primaire devient gratuit en 1881 tandis que, l'année suivante, le franc-maçon Jules Ferry (3) le rend obligatoire de sept à treize ans."

in Les mystères de la franc-maçonnerie. L'histoire d'une société secrète, Editions ESI, sept. 2012, p. 34.

NOTES JMS :

(1) Toujours dans le même ouvrage, pp. 32-33, Gwenn Rigal nous donne l'information suivante : "En 1736, un "frère" français d'origine écossaise, le chevalier de Ramsay, prononce un discours dans lequel il établit un lien entre la franc-maçonnerie et l'Ordre des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Plus connus sous le noms d'Hospitaliers, ces moines-soldats ont joué un rôle crucial dans la défense des royaumes chrétiens à la suite des Croisades."

(2) Homme politique français (1762-1845). Conventionnel, il attacha son nom à de nombreuses mesures relatives à l'instruction publique (1793-1795). Le Petit Larousse illustré, éd. 1992.

(3) Avocat et homme politique français (1832-1893). Député républicain à la fin de l'Empire (1869), membre du gouvernement de la Défense nationale et maire de Paris (1870), ministre de l'Instruction publique (1879-1883), président du Conseil (1880-81, 1883-1885), il attacha son nom à une législation scolaire : obligation, gratuité et laïcité de l'enseignement primaire. Sa politique coloniale (conquête du Tonkin) provoqua sa chute. Le Petit Larousse illustré, éd. 1992.

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"Dans son documentaire Récréations, la cinéaste Claire Simon (1) nous montre des enfants de maternelle jouant dans une cour de récréation. Durant six mois, elle a planté sa caméra dans la cour de l'école de sa fille. Et ce que nous voyons est édifiant : des petits garçons frapper un de leur compagnon devenu leur bouc émissaire ; un groupe de petites filles sautant d'un banc et humiliant une de leur copine qui pleure à chaudes larmes car elle ne parvient pas à faire comme elle (normal, elle a deux ans de moins que ses camarades) ; un petit de 4 ans, jouant les chefs de bande, voulant que tous les autres lui obéissent. C'est toute la cruauté humaine qui est déjà présente. Ces "chroniques de la haine ordinaire", chères au regretté Desproges, s'étalent devant nos yeux. [...]."

Christophe Médici : Savoir gérer les personnes toxiques, Ed. Dangles, 2015, p. 10.

NOTE JMS :

(1) La réalisatrice Claire Simon (née à Londres en 1955) a notamment été étudiante en ethnologie.

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"[....]."

"La maman gauloise que vous voyez assise donne au plus grand de ses enfants un arc et des flèches pour tirer sur les oiseaux. Le garçon suivra son père à la chasse. Il n'ira pas à l'école pour une bonne raison : c'est qu'il n'y avait pas d'écoles en Gaule. Personne n'y apprenait à lire ni à écrire."

"Vous ne voudriez pas être des ignorants comme ces petits-là."

"Il vaut mieux être venu au monde en ce temps-ci qu'au temps des Gaulois."

Ernest Lavisse : Histoire de France de la Gaule à nos jourscours élémentaire, édition augmentée Dimitri Casali, Armand Colin, 2014 ; livre premier Les Gaulois, les Romains et les Francs, chapitre premier Les Gaulois et les Romains, pp. 2-3.

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"[...] Exalter le roman national par le petit bout de la lorgnette et sans trop d'exigence scientifique, avec ce que cela comporte de mystères d'alcôves, d'anecdotes scabreuses et de supposés complots, ils sont plusieurs à le faire. Citons par exemple Sous les jupons de l'Histoire, sorte de Closer du temps jadis piloté par Christiane bravo sur Chérie 5. Ou encore L'ombre d'un doute, de Franck Ferrand, arrêtée en 2015 par France 3, mais dont les rediffusions abondent sur Numéro 23."

"Ils sont les passeurs d'une histoire qui a eu son succès à la fin du XIXe siècle, celle de Lavisse, écrite à une époque où il fallait souder la nation derrière la République naissante. Mais les universitaires s'en sont distanciés dès les années 1910-1920", résume l'historien Thibault Le Hégarat, qui pointe l'omniprésence sans partage de ce discours. "Ces émissions de divertissement ont un rapport trop ambigu à la recherche et au savoir scientifiquement construit pour être qualifiées de programmes de vulgarisation", tranche l'enseignant, auteur d'une thèse sur le traitement du patrimoine par la télévision (1)."

"[...]."

in Le passé, c'est dans l'ère du temps, par Emilie Gavoille (Télérama n° 3554 du 21 février 2018, p.21).

NOTE TELERAMA :

(1) Télévision et patrimoine, des origines à la fin des annnées 1990.

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"[...] les récits pertinents de spécialistes apportent une réelle consistance au propos et s'opère en cours d'émission une efficace déconstruction (1) des mythes : non seulement ce sacré Charlemagne (2) n'a pas inventé l'école, mais il était analphabète [...]."

La fabuleuse histoire de l'école, magazine présenté sur France 2 par Emmanuel Bern (3) (France, 2019, 135 mn).

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Déconstruction, http://www.signosemio.com/derrida/deconstruction-et-differance.asp et https://www.cairn.info/revue-les-etudes-philosophiques-2013-2-page-221.htm

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlemagne, http://www.histoire-france.net/moyen/charlemagne et https://www.herodote.net/Charlemagne_742_814-synthese-1891.php

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Stéphane_Bern

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"Pour protester de la fermeture de la 11e classe de l'école élémentaire Jules-Ferry à Crêts-en-Belledonne, en Isère, les parents d'élèves ont inscrit 15 moutons dans l'établissement. Une soixantaine de bêtes ont également rejoint la cour de récréation pour manifester."

in : https://www.francebleu.fr/infos/insolite/quinze-moutons-inscrits-a-l-ecole-de-crets-en-belledonne-contre-la-fermeture-d-une-classe-1557228254

Ecole de Guerre

"En matière de stratégie, il y a toujours deux solutions : la bonne et celle de l'Ecole de Guerre."

Paul Vanuxem (1) cité dans : 50 phrases cultes... et drôles de L'HISTOIRE sur la guerre et l'argent, Le Point hors-série, février-mars-avril 2015, p. 10.

NOTE :

Paul Vanuxem (1904-1979) : Général français, surnommé "le Cannibale", a participé à la guerre d'Indochine de 1947 à 1955 et à la guerre d'Algérie de 1955 à 1958. Il a été acquitté, le 7 septembre 1963, dans le cadre du procès contre les chefs de l'OAS.

écologie

"Les désobéissants considèrent plus fréquemment que la transition écologique ne peut être réalisée à l'intérieur du système capitaliste."

Chez les militants pour le climat, un verbe tend à s'imposer, "désobéir" : article publié dans le journal Le Monde du vendredi 11 octobre 2019, p. 25 (1)

NOTE DU JOURNAL :

(1) "Cette tribune s'appuie sur les travaux du collectif Quantité critique (a) coordonné par Yann Le Lann, maître de conférences en sociologie à l'université de Lille. Ce regroupement est constitué de chercheurs, doctorants et étudiants en sociologie et en science poliitique. Il s'est spécialisé dans l'étude des mouvements sociaux."

"Les signataires sont : Yann Le Lann, maître de conférences à l'université de Lille ; Maxime Gaborit, chercheur à l'université Saint-Louis - Bruxelles ; Giuseppe Cugnata, étudiant, enquêteur, membre de Quantité critique ; Gauthier Delozière, étudiant, enquêteur, membre de Quantité critique."

SOUS-NOTE JMS :

(a) Cf. not. : https://www.humanite.fr/auteurs/collectif-quantite-critique-665359

écologiste

"Brice Lalonde (1), on me dit que vous êtes écologiste ? Est-ce bien raisonnable ? Vous êtes amoureux de la nature ? Je dis bravo. C'est beau, c'est sublime ! C'est même incroyable qu'un garçon aussi peu gâté par la nature soit si peu rancunier..."

Pierre Desproges : Fonds de tiroir, Editions du Seuil, 1990.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Brice_Lalonde

SOURCE :

"Shocking ! Ces plaisanteries qu'on n'ose plus faire" in Revue Des Deux Mondes : Le rire est-il mort ?, juillet-août 2018, pp. 38-39.

économie

"Un économiste est quelqu'un qui voit fonctionner les choses en pratique et se demande si elles pourraient fonctionner en théorie."

 Stephen Michael Goldfeld (1) : "Modeling the Banking Firm : A Survey : Comment" in The Journal of Money, Credit and Banking, édité par Sanjay K. Chugh, Robert de Jong, Pok Sang-lam et Kenneth D. West, nov. 1984, vol. 16, p. 611.

NOTE JMS :

(1) 1940-1995. Fut professeur à l'Université de Princeton, conseiller économique sous l'administration Carter et spécialiste d'économétrie et des institutions financières.

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"L'ECONOMIE EST BLESSEE, QU'ELLE CREVE !"

Slogan de l'époque de mai 68

Cité dans Beaux-Arts Hors-Série n° 45 : MAI 68 LA REVOLUTION DES IMAGES de A à Z, avril 2018, p. 183.

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"Au cours d'un tête-à-tête Nixon (1) - Brejnev (2) au Kremlin, Nixon interroge le dirigeant russe :

- "Comment fonctionne votre économie ?"

   Brejnev :

- "C'est très simple. Ils font semblant de travailler et nous faisons semblant de les payer."

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Nixon

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Léonid_Brejnev

SOURCE :

Jean Piat et Patrick Wajsman : Vous n'aurez pas le dernier mot ! Petite anthologie désinvolte des plus belles reparties, Albin Michel, 2006, p. 57.

écran

"Voit-on le même film au cinéma et sur un mobile ? Les conditions de visionnage changent radicalement l'expérience du spectateur, modifiant son regard... et ses émotions."

Michel Bezbakh : "L'important, c'est l'écran ?", Télérama n° 3642 du 30 octobre 2019, rubrique Autrement, p. 43.

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"Le cinéma est l'art qui articule le plus fortement visible et non visible. Dans la salle, le film est cerclé de nuit. La seule chose lumineuse qui capture le regard, c'est l'écran. Ce qui déborde du cadre de la projection n'est pas visible : c'est le hors-champ. Autour de la télévision, c'est très différent : il y a deux tableaux et un bouquet de fleurs ! Dans mon salon, le champ visuel ne peut pas se focaliser entièrement sur le champ du film."

Jean-Louis Comolli (1) : Cinéma, numérique, survie : l'art du temps, ENS éditions, 2019, 212 p.

NOTE JMS :

(1) Cf.not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Comolli, https://www.franceculture.fr/personne-jean-louis-comolli.html et https://editions-verdier.fr/auteur/jean-louis-comolli

SOURCE :

Idem ci-dessus, p. 44.

écriture

"[...] si j'écris c'est pour faire enrager mes confrères ; pour faire parler de moi et tenter de me faire un nom. Avec un nom on réussit avec les femmes et dans les affaires."

Arthur Cravan : revue Maintenant n° 4, mars-avril 1914 (à propos du Salon des Indépendants).

 Rééd. : Maintenant avril 1912 - mars-avril 1915, Seuil, col. "l'école des lettres", 1995, p. 80.

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"Sans l'écriture, nous serions-nous réunis dans des villes, eussions-nous stipulé un droit, fondé un Etat, conçu le monothéisme et l'histoire, inventé les sciences exactes, institué la paideia... ?"

 Michel Serres : petite poucette, Ed. Le Pommier, col. "Manifestes", 2012, pp. 30-31. 

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"Ecrire, c'est une façon de parler sans être interrompu."

 Jules Renard

 Cité dans Le Dictionnaire amoureux de l'Humour, de Jean-Loup Chiflet (Plon, 2012, p. 662)

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"L'écriture n'a-t-elle pas été pendant des siècles la reconnaissance d'une dette, la garantie d'un échange, le seing d'une représentation, mais aujourd'hui, l'écriture s'en va doucement vers l'abandon des dettes bourgeoises, vers la perversion, l'extrêmité du sens, le texte..."

Roland Barthes : Roland Barthes par Roland Barthes, Ed. du Seuil, col. "écrivains de toujours", 1975, p. 22.  

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"Il ne faut pas confondre la monnaie avec les fonctions qu'elle remplit : celles de réserve de valeurs, d'étalon, de moyen  d'échange. En fait, la monnaie est un système d'écriture. Vous remarquerez d'ailleurs que là où l'écriture se développe, la monnaie se développe aussi : 150 ans après l'apparition de l'écriture en Grèce, on fabrique les premières pièces ; après l'invention de l'imprimerie, on en vient à créer le papier monnaie, c'est-à-dire des billets imprimés ; et aujourd'hui que nous communiquons tous par voie électronique, l'argent est devenu une entité électronique."

Intervention de Christina von Braun dans le documentaire de Philipp Enders : Mammon ou la religion de l'argent (All., 2014).

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"Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère."

Marcel Proust : Contre Sainte-Beuve

Cité Par Gilles Deleuze en exergue de Critique et clinique, Editions de Minuit, col. "Paradoxe", 1993, p. 7.

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"Si je devais écrire un livre pour communiquer ce que je pense déjà, avant d'avoir commencé je n'aurais jamais le courage de l'entreprendre. Je ne l'écris que parce que je ne sais pas encore exactement quoi penser de cette chose que je voudrais tant penser. [...]. Je suis un expérimentateur en ce sens que j'écris pour me changer moi-même et ne plus penser la même chose qu'auparavant."

Michel Foucault, 1978. Cité en 4ème de couverture de Dits et écrits I, 1954-1975, Quarto Gallimard, 2001.

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"On écrit au moins autant avec les blancs qu'avec les mots."

Eric Orsenna

SOURCE :

Cité dans l'encadré Télérama de Bernard Mérigaud consacré au documentaire de Joël Calmettes : Erik Orsenna, éloge de la curiosité (col. Empreintes, saison 5, France, 2011, 60 mn).

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"J'écrivais donc en ayant un orgasme. J'utilisais un vibromasseur car, en mobilisant une main, j'aurais eu du mal ! En écrivant ces textes que je vous ai lus, je voulais savoir quel langage me passait par l'esprit, ou bien, comment vous dire... quel langage surgissait quand je jouissais."

Kathy Acker

SOURCE :

Qui a peur de Kathy Acker ? (Who's afraid of Kathy Acker ?), Allemagne, Autriche, 2007, 79 mn. V.F. : Télé Europe.

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"Je ne comprends rien aux ordinateurs et je n'ai jamais tapé à la machine. Je préfère entendre la plume crisser sur la feuille. La trace sonore et visuelle qu'elle laisse me tient compagnie lorsque je me retrouve seul enfermé dans mon bureau."

Raymond Devos, cité dans : Une maison, un artiste. Raymond Devos, l'amuseur de Saint-Rémy (9/10) (France, 2017).

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"[...] dans la tradition occidentale on a établi une fois pour toute que là où il n'y a pas d'écriture, il n'y a pas de culture ; à telle enseigne que lorsque j'ai proposé pour la première fois de tenir compte des traditions orales comme sources historiques et sources de culture, je n'ai provoqué que des sourires. D'aucuns même demandaient avec ironie quel profit l'Europe pourrait bien tirer des traditions africaines. A un interlocuteur qui me demandait un jour : "Que pourrait donc nous amener l'Afrique ?", je me souviens avoir répondu : "Le rire qui vous a fui, et peut-être aussi une certaine dimension humaine que vous êtes en grand danger de perdre"."

Amadou Hampâté Bâ

Cité dans l'article de Henri Gougaud : Le maître de la parole in Télérama n° 2444 du 13 novembre 1996, p. 94.

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"C'est très bizarre d'écrire sur un ordinateur, c'est comme sculpter de l'eau."

Jean Echenoz (1) sur France Inter dans l'émission Quoi qu'il en soit.

Cité dans la rubrique Eclats in Télérama n° 2466 du 16 avril 1997, p. 20.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Echenoz, http://www.leseditionsdeminuit.fr/auteur-Jean_Echenoz-1410-1-1-0-1.html et https://www.franceculture.fr/personne-jean-echenoz.html

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"Ecrire est le seul moyen d'affronter avec quelque chance de succès la double énigme à laquelle nous sommes confrontés, le monde et nous-mêmes."

Pierre Bergounioux (1) dans un entretien publié dans le Cahier de l'Herne qui lui est consacré (2019).

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bergounioux, https://editions-verdier.fr/pierre-bergounioux-2, https://auteurs.contemporain.info/doku.php/auteurs/pierre_bergounioux et https://www.franceculture.fr/personne-pierre-bergounioux.html

SOURCE :

Encadré Télérama (n° 3648 du 11 décembre 2019) relatif à la parution d'un Cahier de l'Herne consacré à Pierre Bergounioux.

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"Ecrire n'est rien d'autre qu'une excavation. On creuse, on creuse, et ne déterrer que des fantômes n'empêche en rien les écorchures."

Antoine Audouard (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Audouard, https://www.babelio.com/auteur/Antoine-Audouard/14705 et https://www.franceculture.fr/personne-antoine-audouard.html

SOURCE :

La Grande Librairie. Portraits d'écrivains, saisons 1, 2 et 3 : préface deFrançois Busnel et photographies de Franck Courtès, Ed. Place des Victoires, 2012, p. 260.

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"On a assez peu interrogé l'origine de l'écriture, qui risque fort d'être la même que celle du crime. De quelles blessures les "artistes" et les criminels sont-ils nés à eux-mêmes."

Georges-Arthur Goldschmidt (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges-Arthur_Goldschmidt, https://editions-verdier.fr/auteur/georges-arthur-goldschmidt, https://www.babelio.com/auteur/Georges-Arthur-Goldschmidt/9213 et https://www.franceculture.fr/personne-georges-arthur-goldschmidt.html

SOURCE :

Article d'Antoine Perraud sur Georges-Arthur Goldschmidt in Télérama n° 2601 du 17 novembre 1999, p. 63.

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"Le texte que vous écrivez doit me donner la preuve qu'il me désire. Cette preuve existe : c'est l'écriture. L'écriture est ceci : la science des jouissances du langage, son kâmâsutra (1) (de cette science, il n'y a qu'un traité : l'écriture elle-même)."

Roland Barthes : Le plaisir du texte, éd. du Seuil, 1972, pp. 13-14 (2).

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kamasutra  

(2) Cf. not. : http://www.e-litterature.net/publier2/spip.php?article948

SOURCE :

Cité dans un mail d'URLDA* qui m'a été adressé (entre autres) le 24 mars 2020 à 07:34.

* Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Urdlahttps://urdla.com et http://peccadille.net/2015/03/19/urdla-estampe-livre-lyon

écrivain

"Il y a deux façons de devenir écrivain. Y'en a une qui consiste à faire partie d'un petit groupe d'avant-garde où l'on pratique l'admiration mutuelle, où chacun se traite de génie, etc. Au fond, les gens de la Nouvelle Revue Française n'intéressent absolument personne sauf les gens de la Nouvelle Revue Française. Il y a peut-être cent personnes, entre autres de Monsieur Paulhan, de Monsieur Untel, de Monsieur Untel, qui s'intéressent à Monsieur Paulhan, Monsieur Untel et Untel. C'est en dehors de la littérature, c'est de la fausse littérature, eh bien je n'ai pas voulu ça."

Georges Simenon in Le Siècle de Simenon, documentaire de Pierre Assouline (France, 2013).

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"Lorsque j'étais jeune et lorsque j'ai décidé de devenir écrivain, j'étais persuadé que la littérature était une sorte de sacerdoce, et l'on m'aurait fort étonné si l'on m'avait dit qu'on pouvait gagner sa vie en écrivant des romans. Et autant il me semble naturel qu'un commerçant, un industriel, un banquier, soit sûr de gagner sa vie le lendemain comme il l'a gagné la veille, autant ça me semble impossible d'avoir cette assurance pour un écrivain. En somme, qu'est-ce que nous vendons au public ? C'est du vent, en quelque sorte. Qu'est-ce qui nous dit que ça a une valeur quelconque ? Ce qui se passe dans notre tête, nous le mettons sur du papier et des gens achètent cela. Ca m'a toujours paru ahurissant."

Georges Simenon in Le Siècle de Simenon, documentaire de Pierre Assouline (France, 2013).

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"L'écrivain est un homme ordinaire, peut-être est-il seulement plus sensible, et les hommes trop sensibles sont toujours plus fragiles. L'écrivain ne s'exprime ni en porte-parole du peuple ni en incarnation de la justice ; sa voix est forcément faible, cependant c'est précisément la voix de cette sorte d'individu qui est beaucoup plus authentique."

"Ici je voudrais dire que la littérature ne peut être que la voix d'un individu, et qu'il en a toujours été ainsi. Quand la littérature devient ode à un pays, étendard d'une nation, voix d'un parti, porte-parole d'une classe ou d'un groupe, quels que soient les moyens pour la diffuser, aussi puissant que puisse être son rayonnement, même si elle va jusqu'à recouvrir ciel et terre, elle ne pourra éviter de perdre sa vraie nature, elle ne sera plus littérature, mais un objet utilitaire au service du pouvoir et des intérêts."

"La littérature a été confrontée à ce malheur au cours du siècle qui vient de s'achever, et en regard de n'importe quelle autre période du passé, c'est au cours de ce siècle qu'elle a été le plus marquée par la politique et le pouvoir, et que les écrivains ont subi la plus forte oppression et les plus grands dommages."

Gao Xingjian (1) : Discours prononcé devant l'Académie suédoise le 7 septembre 2000. Traduit du chinois par Noël et Liliane Dutrait in Gao Xingjian : La raison d'être de la littérature, suivi de Au plus près du réel. Dialogues avec Denis Bourgeois, éditions de l'Aube, 1997 et 2001, p. 8.

NOTE :

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Gao_Xingjian

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"Tout écrivain contient un escroc."

Amélie Nothomb (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Amélie_Nothomb et http://www.amelie-nothomb.com

SOURCE :

La Grande Librairie. Portraits d'écrivains, saisons 1, 2 et 3 : préface de François Busnel et photographies de Franck Courtès, Ed. Place des Victoires, 2012, p. 8.

 

éditeur

"Il fallait [...] un éditeur. Les recherches durèrent quelques temps, puis elle décida de faire imprimer le livre elle-même. On lui parla d'un éditeur à New York qui imprimait des ouvrages historiques. Trois vies serait imprimé en Amérique et les épreuves envoyées en France pour correction."

"Un jour, un jeune Américain se présenta et demanda à parler à miss Stein. "Le directeur de la Grafton Press", dit-il, un peu gêné, "se demande si votre connaissance de l'anglais..."

"- "Je suis Américaine", répliqua Gertrude Stein avec indignation. "Vous pensez", dit-elle en riant, "que je n'ai pas reçu une éducation suffisante. Je vais écrire à votre directeur que chaque mot que j'ai écrit dans ce manuscrit a été écrit consciemment, avec l'intention d'être écrit comme il a été écrit et que je ne lui demande rien d'autre que de l'imprimer. Pour le reste, j'en prends la responsabilité.""

in Portrait incomplet de Gertrude Stein, d'Arnaud des Pallières, co-production Les Films d'Ici / France 3, 1999 (col. Un Siècle d'écrivains 224/260). Texte cité lu par Micheline Dax.

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"L'édition est pleine de gens ratés en fait. Quand on a raté ses études de médecine, on peut devenir éditeur dans une maison d'édition médicale. Et quand on a raté ses études d'histoire de l'art, on peut devenir éditeur dans une maison d'édition beaux-arts, comme moi."

Gilles Fage, responsable de Fage éditions. Propos recueillis par Lucile Jeanniard, Rue89Lyon, 6 novembre 2013.

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"Ad usum Delphini"

Se dit des excellentes éditions des classiques latins entreprises pour le Dauphin, fils de Louis XIV, mais dont on avait retranché quelques passages trop crus. On emploie ironiquement cette formule à propos de publications expurgées ou arrangées pour les besoins de la cause.

Pages roses du Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013, p. 1224.

égalité

"Les hommes naissent égaux. Dès le lendemain ils ne le sont plus."

Jules Renard (1864-1910)

SOURCE : Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 37.

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"Le malheur de l'égalité, c'est que nous ne la désirons qu'avec nos supérieurs."

Henry Becque (1837-1899) : Notes d'album (1)

SOURCE : idem ci-dessus, p. 38.

NOTE JMS :

(1) Cf. notamment :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Becque 

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"Qu'est-ce que l'égalité ? Tout le monde la veut avec son supérieur ; personne ne l'accepte avec ceux qui sont en-dessous de lui."

Alphonse Karr (1808-1890) : Mélanges philosophiques (1858) (1)

SOURCE : idem ci-dessus, p. 38.

NOTE JMS :

(1) Voir notamment : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Karr et http://www.mon-poeme.fr/citations-alphonse-karr

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"L'égalité entre les hommes est une règle qui ne comporte que des exceptions."

Jules Laforgue (1860-1887) (1)

SOURCE : idem ci-dessus, p. 38.

NOTE JMS :

(1) Cf. :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Laforgue

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"[...]. Je regrette ma lutte dans la résistance. Je n'ai pas obtenu le résultat que je souhaitais. Je pensais qu'après la lutte, on aurait des marchés, des pagodes, qu'on pourrait revoir notre famille. Au contraire, on a rien eu. Je regrette. Je me suis battu de toutes mes forces. [...]. Je me suis battu en pensant qu'on aurait un bon résultat. Mais c'était complètement faux. Je regrette réellement. Mais je ne regrette pas le régime. Quand je me suis battu, je ne voulais rien d'autre que l'égalité. Je comprenais peu de choses à l'époque, j'étais jeune. Je voulais l'égalité pour que les paysans aient 5 hectares de terre par famille, une ou deux paires de boeufs, et que tout le monde soit égal, qu'il n'y ait plus de mendiants, plus d'ouvriers exploités. Je voulais les droits, la liberté et la terre, c'est tout. Si on veut que les humains soient égaux, la terre doit être plate comme la surface d'un tambour. Alors on sera égaux. Si la surface de la terre n'est pas lisse comme celle d'un tambour, l'égalité parfaite n'est pas possible. Je vous le dis, c'est impossible. Mais réduire l'oppression et l'exploitation, on pourrait peut-être. L'égalité parfaite, non. [...]."

Intervention orale d'un Cambodgien dans le documentaire de Rithy Panh : Les Tombeaux sans noms (France, 2018, 2h00mn).

Eglise catholique

"On sait bien [...] que l'Eglise escroque et achète, mais qu'elle ne donne, ne rend et ne vend pas, si ce n'est des promesses de paradis. Elle posséderait depuis longtemps tous les territoires catholiques sans exception d'un lopin si, de temps à autre, on ne l'eût forcé à rendre gorge. Du reste, elle ne se déconcerte jamais. Aussitôt vidée, elle recommence à sucer avec vigueur, jusqu'à nouvelle déplétion. (11 avril 1870.)

(Bibl. Nat., Mss. fr., N.A. 9591, Cahier A.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Ed. Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 34.

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"Le pied d'un prêtre sur la conscience, le pied d'un soldat sur la poitrine : c'est ainsi que vous entendez la liberté. Nous sommes tous frères, je le sais ; mais à l'égard de ceux qui tiennent l'Eglise pour mère, je déclare que je suis d'un autre lit. Frédégonde n'est pas ma mère."

(Bibl. Nat., Mss. fr., N.A. 9581, n° 100.)

Auguste Blanqui : ibid. ci-dessus.

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"La IIIe République ou l'âge d'or de la franc-maçonnerie. Ainsi apparurent, dans l'appareil d'Etat, des projets de loi directement mûris dans les loges : la loi sur la liberté d'association en 1901 ou celle, fameuse, de la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905."

"A cette époque, 30 % du personnel politique était franc-maçon. Ce mélange des genres, politico-maçonnique, renforce les fantasmes et les haines qui existent pourtant depuis très longtemps déjà."

 in Mes questions sur... La franc-maçonnerie, de Serge Moati et Alice Cohen (France, 2014).

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"Il y a eu, dès le XVIIIe siècle, un conflit majeur entre la franc-maçonnerie et l'Eglise catholique et deuxièmement, s'agissant de la France, il y a eu un autre conflit majeur entre l'Etat, l'Etat républicain, et l'Eglise. Il se trouve que donc ce sont surtout les gens qui étaient plutôt Républicains et plutôt hostiles à l'Eglise qui, mécaniquement, se sont retrouvés dans les loges. [...]. Donc, la franc-maçonnerie au XIXe siècle, la franc-maçonnerie sous la IIIe République, c'est véritablement une loge maçonnique dans l'Etat avec deux principes : la défense absolue de la République et la défense absolue de la laïcité, c'est-à-dire la lutte acharnée contre l'Eglise catholique identifiée comme l'ennemi de la laïcité."

"Ainsi, ce sont sur des braises, toujours brûlantes, qu'une partie de la France, conservatrice, accusera la Maçonnerie d'établir la République contre la monarchie et de décatholiciser la France. Elle donnera libre cours à toutes les rumeurs malveillantes sur ce qui se passait vraiment dans les loges."

Roger Dachez (1)

in Mes questions sur... La franc-maçonnerie, de Serge Moati et Alice Cohen (France, 2014).

NOTE JMS :

(1) Roger Dachez est né en 1955. Il est médecin, historien, franc-maçon et chargé d'enseignement à l'Université Paris Diderot. Il a beaucoup écrit sur la franc-maçonnnerie et dirige la revue d'études maçonniques Renaissance Traditionnelle.

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"Les vertus [que demande l'Eglise], c'est l'abjection, la soumission rampante, l'abdication de toute dignité, l'abrutissement volontaire."

(Bibl. Nat. Mss.fr., N.A. 95912, f° 15.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 62.

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- "Après vous, monsieur le ministre, fait à Berthelot (1), fort civilement, à un déjeuner, le chanoine Mugnier (2)."

- "Après vous, répond Berthelot. Nous faisons toujours passer l'Eglise devant, pour mieux pouvoir la frapper dans le dos."

Raconté par Paul Morand (3), à la date du 9 mars 1917.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Berthelothttp://www.apophtegme.com/ALBUM/berthelot.htm et https://data.bnf.fr/fr/12093709/philippe_berthelot

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Mugnier et https://data.bnf.fr/fr/12327747/arthur_mugnier

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Morand, http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/paul-morand http://philippesollers.net/morand.html et https://www.proverbes-francais.fr/citations-paul-morand

SOURCE :

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 121.

ego

"Raimu (1) était monumental dans tous les sens du terme. Et notamment quant à son ego, qu'il avait hypertrophié."

- "Ecoute, Jules, lui dit un jour Marcel Pagnol (2), tu commences à nous fatiguer avec tes airs de te prendre tantôt pour Talma (3), tantôt pour Mounet-Sully (4), quand ce n'est pas Napoléon ! Tu ne pourrais pas, une bonne fois, te prendre tout simplement pour Raimu ?"

- "J'oserais jamais."

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Raimu

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Pagnol, https://www.marcel-pagnol.com/fr et http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/marcel-pagnol

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/François-Joseph_Talma, http://www.cosmovisions.com/Talma.htm et https://www.comedie-francaise.fr/artiste/francois-jospeh-talma

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mounet-Sully et https://www.comedie-francaise.fr/fr/artiste/mounet-sully

SOURCE :

Jean Piat et Patrick Wajsman : Vous n'aurez pas le dernier mot ! Petite anthologie désinvolte des plus belles reparties, Albin Michel, 2006, p. 223.

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"[...]. Pour désigner notre ego [...], nous désignons du doigt notre sternum (1). En signe de fierté, certains mâles, hommes ou grands singes, tambourinent même sur leur poitrine. Les militaires et les membres du Politburo (2) aiment se décorer la poitrine de médailles et de décorations. Inversement, pour s'autocritiquer on bat sa coulpe (3). C'est bien là que réside notre Moi."

Frédéric Pagès : Au vrai chic anatomique, Points/Seuil, col. "Inédit Virgule", 1983, p. 74.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sternum

(2) Cf. not. : https://www.cnrtl.fr/definition/politburo

(3) Le mot COULPE demeure un terme de théologie désignant la faute, le péché et, par métonymie, l'aveu du péché, le signe par lequel on se reconnaît pécheur. Il n'est employé que dans quelques locutions inspirées du Confiteor (a), comme battre sa coulpe (v. 1130).

(D'après le Dictionnaire historique de la langue française sous la dir. d'Alain Rey, Dictionnaires LE ROBERT, 2012).

SOUS-NOTE JMS :

(a) Dans le Confiteor, le prêtre prononce à haute voix les paroles mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa en se frappant la poitrine (d'après : idem note 3).

Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Confiteor

égoïsme

"Un égoïste... un homme qui ne pense pas à moi."

 Eugène Labiche

Cité dans le Dictionnaire amoureux de l'Humour, de Jean-Loup Chiflet (Plon, 2012, p. 662).

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"Le ressort principal et fondamental de l'être humain est, comme chez l'animal, l'égoïsme, c'est-à-dire la pulsion à exister et à exister bien. [...]. [Il] est par nature sans limite: l'être humain veut absolument conserver son existence, il la veut absolument exempte de souffrances, parmi lesquelles il faut compter aussi le manque et la privation, il veut la plus grande somme possible de bien-être et il veut développer en lui toute jouissance dont il est capable, y compris de nouvelles aptitudes à celle-ci. Tout ce qui s'oppose à la quête de son égoïsme éveille son indignation, sa colère, sa haine : il tentera de le détruire comme un ennemi. Il veut si possible jouir de tout, possèder tout ; mais comme cela est impossible, il veut du moins dominer tout : "Tout pour moi et rien pour les autres" est sa devise. L'égoïsme est colossal : il surpasse le monde."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, pp. 114-115).

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"Alors que pour exprimer sans trop m'étendre la force de [l'égoïsme], je m'efforçai de désigner par un trait les dimensions de [celui-ci] et cherchai donc quelque hyperbole bien emphatique, je tombai finalement sur celle-ci : certains hommes seraient capables d'en tuer un autre uniquement pour enduire leurs bottes avec sa graisse. Mais je fus pris de scrupule et me demandai si c'était bien une hyperbole."

Arthur Schopenhauer : idem ci-dessus, p. 119.

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"Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu'ils apportent à la recherche de leur propre intérêt. Nous ne nous en remettons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme."

Adam Smith (1) : La Richesse des nations (1776)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Adam_Smith et https://fr.wikipedia.org/wiki/Adam_Smith 

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 144.

Egyptiens

"[...]. On a fort vanté les Egyptiens. Je ne connais guère de peuple plus méprisable : il faut qu'il y ait toujours eu, dans leur caractère et dans leur gouvernement, un vice radical qui en a toujours fait de vils esclaves. Je consens que dans les temps presque inconnus, ils aient conquis la terre ; mais dans les temps de l'histoire, ils ont été subjugués par tous ceux qui s'en sont voulu donner la peine : par les Assyriens, par les Grecs, par les Romains, par les Arabes, par les Mamelouks, par les Turcs, enfin par tout le monde, excepté par nos croisés, attendu que ceux-ci étaient plus malavisés que les Egyptiens n'étaient lâches."

Voltaire : Dictionnaire philosophique (GF Flammmarion, 2010) au mot Apis, pp. 106-107.

élections présidentielles

Le 30 octobre 1980, Coluche annonce, lors d'une conférence de presse, son intention de se présenter comme candidat aux élections présidentielles. Voici quelques réactions d'hommes politiques ou de personnalités :

"Coluche, qu'on s'évertue à nous présenter comme anticonformiste et subversif, est en fait un archi-milliardaire bien intégré, cynique et méprisant, qui cache ses vieilles idées derrière une salopette, des lunettes rondes et des chaussures jaunes."

 Avant-garde, Jeunesse communiste.

"Sa candidature marque un coup. Ca fait honte aux gens. [...]. Et je trouve triste que ce soit quelqu'un de chez nous qui se dévoue pour incarner la déliquescence de la société politique française. [...]. Je sens animalement qu'au bout du compte, ce n'est pas bon pour nous, la famille des saltimbanques. On  va nous fermer la gueule un peu plus."

 Guy Bedos

"Le phénomène Coluche est une manifestation localisée mais significative de l'altération de la confiance de l'esprit populaire dans l'autorité. [...]."

 Michel Debré

"Qui peut décemment affirmer que Coluche se moquera plus efficacement de la démocratie que Madame Saunier-Seïté, l'offensera plus qu'Alain Peyrefitte, la sapera plus que Christian Bonnet, la paralysera plus que Georges Marchais, la découragera plus que François Mitterand, l'appauvrira plus que Raymond Barre ? [...]."

 Jean-François Kahn, Les Nouvelles littéraires.

"Nombreux sont les travailleurs qui regardent avec sympathie Coluche dire merde à toutes les magouilles politiques. Pour beaucoup, en effet,  au ras-le-bol du régime Giscard, s'ajoute l'écoeurement face à la politique actuelle des directions du P.C. et du P.S. La dérision et le rire de Coluche ne feront pas tomber ce régime, ne contribueront pas à transformer le ras-le-bol de la politique politicienne en volonté d'agir collectivement contre Giscard-Barre, contre les pratiques des bureaucraties ouvrières."

  Alain Krivine, Ligue communiste révolutionnaire.

"[...]. Partageant avec Coluche la consternation devant le "club des quatre", je ne compte pas en revanche sur lui pour défendre l'écologie... Nous qui refusons que la politique devienne un spectacle pendant que les technocrates décident dans les coulisses, nous voyons le phénomène Coluche comme un symptôme et non pas comme un remède."

 Brice Lalonde, écologiste.

"Je ne suis absolument pas gênée par la candidature de Coluche. Sa compagnie sur les écrans de la campagne électorale ne me paraît pas plus mauvaise que celles de certains autres avec lesquels je vais me trouver. Coluche est franc, sincère et probablement honnête. Les autres ne font rire personne..."

 Arlette Larguillier, Lutte ouvrière

"[...]. Cela ressemble à un poujadisme de gauche."

 Jean Lecanuet, U.D.F.

"Coluche donne à croire que les élections ne sont qu'une vaste mascarade. La colère et la hargne de tous ces politiciens professionnels, de ces notables, de ces spécialistes en science politique et en droit constitutionnel font plaisir à voir... Les révolutionnaires ne peuvent que se réjouir des vagues que suscite la candidature Coluche dans tout le personnel politique de la bourgeoisie. Ces gens-là tremblent de voir leur système ridiculisé et dénoncé pour ce qu'il est : une farce. [...]."

 Pierre Vernant, Lutte Ouvrière.

 Cité dans Eric Bhat et Jean-Quentin Gérard : Le programme politique d'un mec nommé Coluche. Sa vie, son oeuvre, S.I.P.E. (Société internationale de presse et d'édition), Paris, 1981, pp. 44-46.

électricité

"Je vais rendre l'électricité si bon marché que seuls les riches pourront se payer le luxe d'utiliser des bougies."

Thomas Edison, cité dans : 50 phrases cultes et drôles... sur la guerre et l'argent, Le Point hors-série, février-mars-avril 2015, p. 83.

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"[...]."

"[...] Le documentaire relate l'arrivée de l'énergie photovoltaïque [au Bénin], ce pays d'Afrique de 10 millions d'habitants, dont les deux tiers n'ont pas accès à l'électricité. Loin d'être une enquête sur les conséquences néfastes et les aberrations de l'économie mondialisée, le reportage a davantage les allures d'un document promotionnel pour une ONG française, Electriciens sans frontières (1), dont les représentants, venus livrer des panneaux solaires dans un village, sont accueillis en sauveurs. Une longue séquence met mal à l'aise, où l'on voit l'accoucheuse du hameau leur chanter d'étranges louanges : "Toi le Blanc [...] tu vas créer de la richesse chez nous. C'est chez les Blancs que les bonnes choses arrivent. " Particulièrement gênant !"

Raoul Mbog (2) : encadré Télérama consacré au documentaire d'Anne-Charlotte Gourraud : Bénin, soleil souverain (France, 2017, 30 mn.).

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://www.electriciens-sans-frontieres.org

(2) Cf. not. : https://www.franceculture.fr/personne-raoul-mbog et https://www.slateafrique.com/auteur/1449

Edward Elgar

"C'est à la musique ce que les tours de la gare Saint-Pancras (1) sont à l'architecture."

Thomas Beecham, à propos de la Première Symphonie, d'Elgar (2)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/St_Pancras_railway_station et https://fr.wikipedia.org/wiki/Gare_de_Saint-Pancras

(2) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Edward_Elgar, https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Elgar et https://www.francemusique.fr/personne/edward-elgar

SOURCE :

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 97.

Jean-Pierre Elkabbach

"Taisez-vous Elkabbach !"

Attribuée à Georges Marchais (1)

NOTE JMS :

(1) Mais Matthieu Verrier, dans son livre : Le contre-manuel de la politique (Tana éditions, avril 2016, p. 106), fait remarquer ceci : "[...] cette injonction n'a jamais été prononcée. Elle vient d'une parodie de Thierry Le Luron (a). En revanche, le chef communiste (b) lui a lancé : "C'est très désagréable de discuter avec vous." Au duo Elkabbach (c) - Alain Duhamel (d), il reproche : "Vous êtes des cumulards, radio, télévision, presse écrite, vous avez un bon revenu, peut-être êtes-vous sous le coup de ma proposition "au-dessus de 4 millions, je prends tout", je comprends que vous ne vouliez pas du changement." "

SOUS-NOTES JMS :

(a) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Le_Luron

(b) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Marchais

(c) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Elkabbach

(d) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Duhamel

emmerdeur

"A travers les innombrables vicissitudes de la France, le pourcentage d'emmerdeurs est le seul qui n'ait jamais baissé."

Michel Audiard : Une veuve en or (Michel Audiard, 1969) (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_veuve_en_or et https://fr.wikiquote.org/wiki/Une_veuve_en_or

SOURCE :

Valeur actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 9.

empathie

"Une équipe de chercheurs a inculqué à une souris (1) de légers troubles digestifs avant de la rendre à la compagnie d'une souris saine. Lorsque la gêne devenait forte chez la souris malade qui se crispait, l'autre y était sensible et se crispait à son tour. L'empathie était plus forte encore lorsque les deux souris avaient  partagé leur cage auparavant." 

Brooke Barker : La tortue qui respirait par les fesses (Sad animal facts), Flammarion, 2017. Index alphabétique, p. 208. Trad. de l'anglais par Fleur d'Harcourt.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Souris et https://www.bestioles.ca/rongeurs/souris.html

emploi

"[...]. Est-ce sur des critères de satisfaction des marchés ou de satisfaction des aspirations populaires que doivent se prendre les décisions ?, demande-t-il. Aucun doute, il doit penser à la privatisation bancale de Thomson (1) [...]. [...] "Cet exemple montre parfaitement que ce qui est admissible, compréhensible et légitime aux yeux de certains est inadmissible, illégitime et scandaleux pour le plus grand nombre. Thomson illustre le divorce entre la classe dirigeante et le pays."

Article de Jean Belot sur Philippe Seguin in Télérama n° 2444 du 1" novembre 1996, p. 93.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomson-CSF, https://www.senat.fr/questions/base/1996/qSEQ96100019G.html et https://www.humanite.fr/node/125062

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"[Entre 1986 et 1988, ministre] des Affaires sociales (1), j'ai fait des choses que je n'aurais pas dû exécuter. Je dénonce aujourd'hui l'organisation de la régression sociale, mais j'y ai, d'une certaine façon contribué, quoiqu'en renâclant. Chaque matin, au lever, je me disais : qu'est-ce que je pourrais bien supprimer comme avantage social pour que l'emploi soit plus compétitif ? C'était une erreur parce que c'est une voie sans issue. Je suis partisan d'une société où l'on penserait que l'objectif recherché est la pleine activité, mais on laisse fonctionner les marchés en pensant : on verra bien ce que ça donne en matière d'emploi. On laisse tout filer. C'est grave."

REFERENCE :

Idem ci-dessus.

NOTE JMS :

(1) Défaite de la gauche aux élections législatives de 1986. Première cohabitation : François Mitterrand, président de la République et Jacques Chirac à la tête du gouvernement

emprunt

"Si vous voulez voir la valeur de l'argent, essayez donc d'en emprunter."

Benjamin Franklin, cité dans : 50 phrases cultes... et drôles de L'HISTOIRE sur la guerre et l'argent, Le Point hors-série, février-mars-avril 2015, p. 95.

enfance

"[...]. Ce qui fait la profondeur des maisons d'enfance, leur prégnance dans le souvenir, est évidemment cette structure complexe d'intériorité où les objets dépeignent à nos yeux les bornes d'une configuration symbolique appelée demeure. La césure entre intérieur et extérieur, leur opposition formelle sous le signe social de la propriété et sous le signe psychologique de l'immanence de la famille fait de cet espace traditionnel une transcendance close. [...]."

Jean Baudrillard : Le système des objets. La consommation des signes, Editions Gallimard, 1968 ; rééd. Denoël/Gonthier, "bibliothèque Médiations", 1981, p. 20.

enfant

"Un homme qui n'a pas eu d'enfant, qui ne sait pas ce que c'est que de voir la vie autour de soi venir petit à petit est incapable de recréer un monde."

Georges Simenon in Le Siècle de Simenon, documentaire de Pierre Assouline (France, 2013).

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"On demandait un jour à un Chelmer :

"Est-ce que de grands hommes sont nés à Chelm (1) ? "

"Non, répondit-il, à Chelm ne naissent que de petits enfants."

Cité dans La bible de l'humour juif, tome 2, de Marc-Alain Ouaknin et Dory Rotnemer, Ed. Ramsay, 1997 ; repris aux Ed. J'ai lu, 1998, chap. 6 : "Les idiots et les sages", p. 122.

NOTE JMS :

(1) Chelm est une ville située dans le sud-est de Pologne (à partir de 1919).

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"[...] quand on pose la question à [la] femme [de Mordhekhaï] :

- Tu espères un garçon ou une fille ?

Elle répond :

- Evidemment !"

Idem ci-dessus, chap. 18 : "Les pères, les maris", p. 243.

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"En France, en 2016, soixante-sept enfants sont décédés de mort violente en milieu intrafamilial, soit plus d'un par semaine (selon l'Observatoire national de la protection de l'enfance). [...]."

Cité dans l'encadré Télérama d'Isabelle Poitte consacré au documentaire de Sabrina Van Tassel :  Enfants maltraités : tout faire pour les protéger (France, 2018, 215 mn).

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"Hélas, Madame, il n'y a pas de loi qui interdisent aux imbéciles d'avoir des enfants."

Michel Audiard : Une histoire d'amour (Guy Lefranc, 1951) (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://data.bnf.fr/fr/16459160/une_histoire_d_amour___film

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 10.

enfant-soldat

A propos du documentaire de Patrick Reed : Se battre comme des soldats, mourir comme des enfants (Canada, 2012, 85 mn), Sophie Bourdais écrit, dans un encadré de Télérama consacré à celui-ci :

"Qu'est-ce qu'un enfant-soldat ? Pour le général retraité Roméo Dallaire, rien de moins que "l'arme la plus perfectionnée, et la moins exigeante technologiquement, utilisée dans les conflits de nos jours". [...]. Dans ses pires cauchemars, Roméo Dallaire fait face, pétrifié, à un gamin prêt à tuer. Faut-il, pour sauver sa vie, tuer les enfants qui tuent ? A-t-il dû l'affronter, ce terrifiant dilemne ? La question, posée frontalement, ne recueillera pas d'autre réponse qu'un silence tendu. Mais l'ex-commandant canadien de la Minuar (Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda), en poste à Kigali au moment du génocide des Tutsis, est revenu meurtri du coeur des ténèbres."

"Comme pour exorciser son impuissance d'alors, le voilà combattant d'une autre cause pas encore désespérée : empêcher les adultes de continuer à transformer des mineurs en machines de guerre. [...]. Plein de respect pour son personnage principal, le réalisateur charge d'autres protagonistes tout aussi motivés (mais, sans doute, plus pragmatiques) de pointer les multiples raisons qui entretiennent cet ignoble trafic."

enfantement

"Les témoignages sont accablants : "Il aura fallu que j'accouche pour ressentir un traumatisme de viol" ; "C'était une scène de massacre". Depuis quelques années, grâce aux réseaux sociaux, la parole des femmes s'est libérée sur le sujet tabou des violences obstétricales. Elles sont de plus en plus nombreuses à dénoncer des mauvais traitements, parfois assimilables à des tortures : césariennes ou épisiotomies (1) à vif, utilisation de forceps... Pour comprendre les ressorts du phénomène, Ovidie (2) est partie à la rencontre de victimes, de miltantes, mais également de médecins et de sages-femmes."

"Son enquête, équilibrée, pointe autant les contraintes pesant sur des soignants de plus en plus pressurisés que la persistance de schémas de domination ancestraux. En remontant l'histoire de l'accouchement, le film rappelle qu'avant d'être oublié des combats féministes pendant des décennies, il fut l'enjeu, dans les années 1950, d'une guerre idéologique entre l'Occident et l'URSS, qui inventa des méthodes néo-pavloviennes (3) d'accouchement sans douleur. Méthodes importées en France, puis, peu à peu, supplantées par une forme de "taylorisme" (4) hospitalier..."

"Détricoter le passé permet à la réalisatrice d'interroger, au-delà de l'évolution des techniques scientifiques, des notions comme le consentement et le droit des femmes à disposer de leur corps. Un an après la publication d'un rapport du Haut Conseil à l'égalité sur le sujet (5), le film plaide pour une prise de conscience des pouvoirs publics et une meilleure association des patientes au processus médical."

Hélène Marzolf : encadré Télérama consacré au documentaire d'Ovidie : Tu enfanteras dans la douleur (France, 2019, 1h05mn)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://naitreetgrandir.com/fr/grossesse/accouchement/fiche.aspx?doc=grossesse-accouchement-episiotomie

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ovidie

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_Pavlov

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Taylorisme

(5) Cf. not. : http://haut-conseil-egalite.gouv.fr/sante-droits-sexuels-et-reproductifs/bibliographie/article/rapport-relatif-aux-actes-sexistes-durant-le-suivi-gynecologique-et-obstetrical

enfer

"ENFER n. m. est issu (1080) [...] du latin chrétien infernus désignant le séjour des damnés. Comme le latin classique inferna (pluriel), ce substantif vient de l'adjectif latin classique infernus "du bas, d'un lieu inférieur" [...]."

"¤ Le mot apparaît dans le vocaulaire chrétien pour désigner le séjour des damnés où ils subissent leur éternel châtiment [...]. Le pluriel les enfers est attesté dès le XIIe siècle. C'est le latin classique infernus, désignant la demeure souterraine des morts, qui est à l'origine d'enfer [anfer, v. 1165, Chrétien (1)] en mythologie antique ; à la Renaissance, cet emploi passe au pluriel les enfers (1538), le singulier étant réservé au sens chrétien ou à quelques syntagmes, commes les filles d'enfer, les Furies. En  français classique, le mot s'applique aussi au séjour des morts dans la religion hébraïque (Bible). ¤ Enfer, comme diable, est un mot-clé du christianisme populaire, avec de nombreux syntagmes, proverbes et une symbolique de la souffrance, du feu, du châtiment qui conserve souvent la valeur originelle (gouffre, ténèbres de l'enfer). Le mot s'oppose à ciel et, plus techniquement, à purgatoire."

"Diverses extensions procèdent du sens chrétien du mot, largement dominant, "supplice moral, tourment" (v. 1245) [...]."

"La notion morale de mal donne lieu à un sens particulier, "maison de débauche" (1836), appliqué alors à l'Angleterre et vite disparu, alors que celui de "partie interdite d'une bibliothèque, où se trouvent les ouvrages scandaleux" (1870) (2) a survécu à la disparition de l'Enfer de la Bibliothèque nationale (3) et donne au mot un contenu érotique. ¤ Par métaphore, le mot s'applique aussi à une situation douloureuse et insupportable (l'enfer de, un enfer, c'est l'enfer).

Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d'Alain Rey, Dictionnaires LE ROBERT, 2010.

NOTE JMS :

(1) Il s'agit de Chrétien de Troyes (v. 1135 - entre 1181 et 1191), celui qui est considéré comme le fondateur de la littérature arthurienne. 

(2) Notons ici que cette date correspond à celle du premier concile oecuménique du Vatican convoqué par Pie IX (Vatican I : 8 décembre 1869 - 20 octobre 1870).

(3) B. N.

1844 : premier livre portant la mention "Enfer", suivie d'un numéro.

1969 : quelques mois après 1968, liquidation de l'enfer de la B.N. et intégration des titres "licencieux" aux collections ordinaires. Mais une cote avait été ouverte pour la "basse pornographie", cote qui disparaîtra à son tour.

1983 : Réouverture, pour des raisons pratiques et la nécessité de mieux classer les livres érotiques.

Chronologie établie d'après un article du journal Le Monde du lundi 3 décembre 2007 intitulé " L'enfer reste interdit aux moins de seize ans", d'Emmanuel de Roux. Cet article rend compte de l'exposition L'Enfer de la Bibliothèque. Eros au secret, qui eut lieu à la Bibliothèque Nationale de France, site François-Mitterand, du 4 décembre 2007 au 2 mars 2008. Catalogue sous la direction de Marie-Françoise Quignard et Raymond-Josué Seckel, BNF, 464 p., 150 ill.

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A propos de la très célèbre pièce en un acte de Jean-Paul Sartre, Huis clos, jouée pour la première fois au théâtre du Vieux-Colombier en mai 1944, on peut, dans Le Nouveau dictionnaire des oeuvres de tous les temps et de tous les pays (Laffont-Bompiani, 1994, entrée Huis clos),  lire notamment ceci :

"Inès, Estelle et Garcin sont morts. Ils se retrouvent en enfer, et se rencontrent dans un salon Empire où ils sont enfermés après s'être attendus à de terribles tortures physiques. Se demandant d'abord en quoi consiste leur damnation, ils [...] se demandent [ensuite] pourquoi ils sont ensemble. Inès, la plus clairvoyante, comprend que le bourreau est "chacun de nous pour les deux autres". [...]. [Puis] la porte s'ouvre, mais aucun d'eux n'a le pouvoir de sortir, ils comprennent qu'ils sont inséparables, qu'ils seront à la fois tous les trois victimes et bourreaux les uns des autres, que "l'enfer, c'est les autres" - Cette pièce est d'un mécanisme rigoureux, presque mathématique, car fondé sur le triangle que forment les personnages, incapables de nouer à deux une relation authentique, une réciprocité que ne détruise pas la présence du  troisième, autant que de ne pas s'opposer en antagonistes dès qu'ils essaient d'accepter leur situation. Elle illustre la lutte fondamentale entre les consciences, qui intervient dès que disparaissent les faux-fuyants de la vie sociale et les artifices de la mauvaise foi."

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"L'enfer est pavé de bonnes intentions."

Attribué à Saint Bernard de Clairvaux (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_de_Clairvaux

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 102.

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Par contre, en consultant une autre source (Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 150), on peut lire tout à fait autre chose. Voici :

"[...]. [Cette phrase] est rapportée par James Boswell (1740-1795) (1), admirateur de l'écrivain anglais Samuel Johnson (2) dont il se fit le biographe."

"Auteur d'un remarquable Dictionnaire de la langue anglaise publié en 1755, romancier, critique littéraire subtil, Johnson eut une grande influence sur la littérature de son temps. L'historien anglais Macaulay le décrit ainsi dans sa biographie (Life of Samuel Johnson) : son talent de causeur était réellement de premier ordre. Il avait un profond bon sens, un discernement prompt, de l'esprit, de l'humour et une mine inépuisable d'anecdotes."

"Une preuve de son bon sens que les Américains n'aimeraient pas s'entendre rappeler... Alors que la guerre d'indépendance faisait rage entre les Anglais et les colons d'outre-Atlantique, il commentait : "Comment se fait-il que les glapissements les plus aigus en faveur de la liberté se fassent entendre parmi les négriers ?" ".

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/James_Boswell et https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Boswell

(2) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Samuel_Johnson , https://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Johnson et https://dicocitations.lemonde.fr/auteur/2323/Samuel_Johnson.php

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"[...]. A la mort de Gide, Roger Nimier envoie à François Mauriac - qui redoutait par dessus tout d'aller en Enfer - le télégramme suivant :

"Enfer n'existe pas. Stop. Donne-toi du bon temps. Stop. Préviens Claudel. Signé : Gide."

SOURCE :

Jean Piat et Patrick Wajsman : Vous n'aurez pas le dernier mot ! Petite anthologie désinvolte des plus belles reparties, Albin Michel, 2006, p. 17.

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"Quand on apprit, le 17 mai 1838, que Talleyrand était allé voir comment allaient les affaires de l'Etat dans l'autre monde, l'épigramme (1) s'exerça de façon forcenée à Paris et dans toute l'Europe. L'irréductible ennemi de Napoléon, Charles-André Pozzo di Borgo (2), devenu serviteur du tsar Alexandre de Russie (3) qui en fit son ambassadeur, ne fut pas en reste."

- "Que dit-on de cette disparition ? le questionna Guizot (4)."

- "Vous ne le savez pqs. Le prince de Talleyrand a fait une entrée trimphale aux Enfers. Il a été fort bien reçu. Satan lui a même rendu de grands honneurs, mais en lui gliissant à l'oreille : Prince, vous avez un peu outrepassé mes instructions..."

Jean Piat et Patrick Wajsman : Vous n'aurez pas le dernier mot ! Petite anthologie désinvolte des plus belles reparties, Albin Michel, 2006, p. 34.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : http://www.cnrtl.fr/definition/épigramme

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_André_Pozzo_di_Borgo et https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Pozzo_di_Borgo

(3) Cf. not. : https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/biographies/alexandre-ier-1777-1825-tsar-de-russie-1801-1825

(4) Cf.not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/François_Guizot et http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/francois-guizot et https://www.guizot.com  

 

ennemi

"Le corps d'un ennemi mort sent toujours bon."

Phrase que Charles IX [1550-1574, roi de France (1560-1574)], aurait prononcé devant le corps de l'amiral de Coligny (1519-1572), massacré à la Saint-Barthélémy (août 1572). Elle a été aussi attribué à Vittelius (15-69), empereur romain.

Les pages roses du Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013, p. 1237.

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"Le corps d'un ennemi mort sent toujours bon, surtout celui d'un concitoyen."

Aulus Vitellius (1), cité dans : 50 phrases cultes... et drôles de L'HISTOIRE sur la guerre et l'argent, Le Point hors-série, février-mars-avril 2015, p. 76.

NOTE :

(1) VITTELIUS (Aulus), 15 ap. J.-C. - Rome 69, empereur romain (69). Proclamé empereur par les légions de Germanie, il battit Othon (69) mais, vaincu par les partisans de Vespasien à Cremone, il fut massacré par le peuple.

Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013.

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"On repaît ses yeux du spectacle de la mort d'un ennemi."

Aulius Vittelius (sources : idem ci-dessus)

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"[...] comment faire avec des ennemis qui refusent toute liberté de discussion, qui ne connaissent d'autre argument que la contrainte et la violence ? Faut-il recevoir les coups sans les rendre ? Subir l'intolérance, courir tous les périls de la compression en laissant nos adversaires pleinement rassurés sur le chapitre des représailles ? La lutte serait par trop inégale et la débonnaireté irait jusqu'au suicide. La guerre est la guerre ; la réciprocité en est la loi fondamentale. Qui se sert de l'épée périra par l'épée (1). On ne doit aux persécuteurs et aux bourreaux que les représailles et la hache."

"[...]."

(Bibl. Nat. Mss. Fr. N.A. 9581, 4e et 5e cahiers.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, pp. 51/52.

NOTE JMS :

(1) Blanqui reprend ici Matthieu, 26, 52.

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"Quand on a beaucoup d'ennemis, il ne faut faire aucun mouvement ; ils ressemblent aux serpents qui ne se jettent sur les animaux que lorsqu'ils marchent."

Suzanne Necker (1737-1794) (1)

SOURCE : Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 32.

NOTE JMS :

(1) Cf. : https://www.wikipedia.org/wiki/Suzanne_Curchod

ennui

"Enfant, je m'ennuyais souvent et beaucoup. Cela a commencé visiblement très tôt, cela s'est continué toute ma vie, par bouffées (de plus en plus rare, il est vrai, grâce au travail et aux amis), et cela s'est toujours vu. C'est un ennui panique, allant jusqu'à la détresse : tel celui que j'éprouve dans les colloques, les conférences, les soirées étrangères, les amusements de groupe : partout où  l'ennui peut se voir. L'ennui serait-il donc mon hystérie ?"

Roland Barthes : Roland Barthes par Roland Barthes, Ed. du Seuil, col. "écrivains de toujours", 1975, p. 28.

ENS (Ecole normale supérieure)

"[...]. Contrairement à une rumeur persistante, [Emmanuel Macron] n'est pas normalien comme Georges Pompidou, Alain Juppé ou Laurent Fabius, issus de la prestigieuse école de la rue d'Ulm. L'ambitieux a même raté à trois reprises, pas moins, le très difficile concours d'entrée et n'aime pas trop qu'on le lui rappelle. [...]."

Les dossiers du Canard enchaîné n° 153 : Macron contre Macron, oct. 2019, p. 9.

enseignement

"Il faut tenir compte de ce que de nombreux savants qui enseignent continuellement depuuis la chaire et dans leur écrit ne disposent que de peu de temps pour des études approfondies. Le docente disco [c'est en enseignant que j'apprends] n'est pas absolument vrai, on préférerait plutôt le parodier parfois : semper docendo, nihil disco [en enseignant sans cesse, je n'apprends rien] ; et n'est même pas dépourvu de fondement ce que Diderot fait dire à son neveu de Rameau : "Et ces maîtres, vous espérez qu'ils sauront la grammaire, la fable, l'histoire, la géographie, la morale, dont ils donneront des leçons ? Chansons, mon cher maître, chansons. S'ils possédaient ces choses assez pour les montrer, ils ne les montreraient pas. - Et pourquoi ? - C'est qu'ils auraient passé leur vie à les étudier."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 100).

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"Des esprits de travers - des traîtres plutôt - repoussent l'instruction gratuite et obligatoire, sous prétexte que cette gratuité est une fiction et qu'en définitive c'est le peuple qui paie. Belle occasion pour faire étalage de science !"

"Quelle que soit la main qui paie l'enseignement, celle de l'Etat ou des particuliers, des libres penseurs ou des prêtres, l'argent en fin de compte, ne sort-il pas toujours de la poche du travailleur ?"

"[...]."

(Sept. 1869.)

(Critique sociale t. II, pp. 354-355-356-357.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 75.

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"[...]. Un homme de simple bon sens voit du premier coup d'oeil que l'enseignement libre, sans l'intervention de l'Etat ni la gratuité, c'est le monopole de l'enseignement aux mains du clergé, le triomphe de la coalition clérico-capitaliste."

(Septembre 1869.)

(Critique sociale t. II, pp. 354-355-356-357.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, pp. 75/76.

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"Enseigner, c'est apprendre deux fois."

Joseph Joubert 1754-1824

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 168.

enterrement

"[...]. S'appelle obsèques quand il s'agit d'un général, enfouissement quand c'est celui d'un philosophe."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

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"C'est commode, un enterrement. On peut avoir l'air maussade avec les gens : ils prennent cela pour de la tristesse."

Jules Renard (1864-1910)

SOURCE : Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 37.

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"C'est le sort des familles désunies de se rencontrer uniquement aux enterrements."

Michel Audiard : Les Barbouzes (Georges Lautner, 1964) (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Barbouzes et https://fr.wikiquote.org/wiki/Les_Barbouzes

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 9.

Epicure

"Le mépriser."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

épinards

"Je ne les aime pas, j'en suis bien aise, car si je les aimais, j'en mangerais, et je ne puis pas les souffrir."

Sully-Prudhomme

Cité dans Le Dictionnaire des idées reçues, de Gustave Flaubert (Le Castor Astral, col. "Les Inattendus", 2015).

Epitaphe

Épitaphe sur la tombe de Marcel Duchamp :

« D’ailleurs c’est toujours les autres qui meurent »

Epuration

"Des cours martiales de Vichy on est passé à la justice sous les préaux, aux exécutions sommaires, aux filles tondues pour la France et à la délation galopante. Il y a eu la clownerie de l'indignité nationale, les tribunaux de comédiens..."

Michel Audiard : Valeurs actuelles, 1978.

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 29.

équilibre

"Dans la vie, pourquoi ne pourrait-on pas tout avoir ? Puisqu'il y en a qui n'ont rien ! Ca rétablirait l'équilibre."

Michel Audiard : Carambolages (Marcel Bluwal, 1963) (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Carambolages et https://fr.wikiquote.org/wiki/Carambolages

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 9.

équitation

"Une chute mortelle

 en équitation est

 un galop décès."

Auguste Derrière : Les girafes n'aiment pas les tunnels, Le Castor Astral / Maison PoaPlume, 2015, p. 21.

érection

 Pourquoi les hommes ont-ils une érection matinale sans stimulation particulière ?

"L'érection (1) matinale des hommes n'a rien à voir avec l'excitation sexuelle ! C'est tout simplement biologique. Il faut savoir que l'homme a une érection de 20 à 40 mn 3 à 5 fois par nuit, pendant chaque phase de sommeil paradoxal, la période où ont lieu les rêves. Pourtant, ce ne sont pas des rêves érotiques qui sont en cause ici. Durant ces phases, l'organisme "vérifie" juste, automatiquement, que tout fonctionne. Au réveil, il suffit que Monsieur sorte d'une phase de sommeil paradoxal pour qu'il s'éveille au garde-à-vous ! Le taux de testostérone (2) étant plus élevé au cours du sommeil paradoxal, tous les ingrédients semblent donc réunis pour que le sexe de l'homme se raidisse dès potron-minet."

Questions clés sciences, hors-série n° 1, ESI éditions, août 2018, p. 47. Auteurs : Hubert Kerjean, Eric Mathivet et agence éditoriale Mativox.

NOTE :

(1) Cf. not. https://fr.wikipedia.org/wiki/Erection

(2) Cf. not. https://fr.wikipedia.org/wiki/Testostérone

érudition

"La mépriser comme étant la marque d'un esprit étroit."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015.

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"Pour moi, l'érudition est comparable à une lourde cuirasse qui rend certes l'homme fort totalement invulnérable ; par contre, c'est pour l'homme faible un fardeau sous lequel il s'effondre totalement."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 70).

escalier

"En montant un escalier, on est toujours plus fatigué à la fin qu'au début. Dans ces conditions, pourquoi ne pas commencer l'ascension par les dernières marches et la terminer par les premières ?"

Pierre Dac, rédacteur en chef de : L'os à moelle, Le Livre de Poche n° 3937, 1974, p. 71. Textes réunis et présentés par Michel Laclos.

esclavage

"A l'instant où l'esclave décide qu'il ne sera plus esclave, ses chaînes tombent."

Attribué à Gandhi

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 159.

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"La scène se déroule le 17 mai 1959, au pied de la station de métro Cardinal-Lemoine à Paris. Rayonnante dans son manteau rouge, la jeune Simone Brumant (1) a rendez-vous avec André Schwarz-Bart (2), de dix ans son aîné, en pardessus mal ajusté. L'homme s'apprête à déposer un manuscrit aux éditions du Seuil - Le Dernier des Justes, bientôt couronné du prix Goncourt. En créole, il souligne ses origines guadeloupéennes, et "c'est comme si j'avais rencontré quelqu'un de mon sang", raconte la vieille dame. Dans les veines de l'Antillaise autant que dans celles du Juif coule en efffet la mémoire de l'esclavage, qu'ils n'auront plus de cesse d'interroger et d'entretenir. Ensemble, ils publieront Un plat de  porcs aux bananes vertes. Seule, elle signera l'incontournable Pluie et vent sur Télumée Miracle. Et c'est seule encore que, dans sa maison d'enfance, l'écrivaine retrace leurs deux parcours littéraires. [... ]."

Encadré Télérama d'Aude Dassonneville consacré au documentaire de Camille Clavel : Simone et André Schwarz-Bart, la mémoire en partage (France, 2018, 50 mn). 

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Schwarz-Bart, https://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article1748, https://www.franceculture.fr/personne-simone-schwarz-bart.html et https://www.babelio.com/auteur/Simone_Schwarz-Bart/18502

(2) Cf. not. : https://jmsauvage.fr/dictionnaire-des-citations/genocide

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"[...] André Schwarz-Bart signe [...] en 1972 La Mulâtresse Solitude (1), poignante évocation romanesque d'une héroïne qui, née vers 1772, a été pendue en 1802 pour avoir participé à la résistance de Delgrès (2) contre le rétablissement de l'esclavage. [...]."

Extrait de la monographie consacrée à Simone Schwarz-Bart in Le Dictionnaire des Auteurs de tous les temps et de tous les pays, V. Bompiani et Editions Robert Laffont S.A., 1994.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://histoireparlesfemmes.com/2015/12/17/solitude-resistante-guadeloupeenne et http://www.cnmhe.fr/spip.php?article144

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Delgrès et http://www.ladograve.com/histoires/guadeloupe---louis-delgres

ésotérisme

[...] cet amateur d'occultisme fut à l'origine de la composante ésotérique de l'idéologie nazie (1). [...]."

Pierre Ancery : encadré Télérama consacré au documentaire de Karl Zéro : Rudolf Hess, le mentor d'Hitler (France, 2016, 70 mn).

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mysticisme_nazi et https://www.geo.fr/histoire/nazis-et-occultisme-aux-sources-d-un-fantasme-161336

Espagne

"Toutes les fois que je lis un journal espagnol, je prends en haine et en dégoût ce pays infect du catholicisme, qui sue l'Eglise par tous ses pores. Il n'y a pas une page qui ne soit puante de prêtraille, de moinaille, de messaille et d'autres résidus de la Sainte Inquisition. Mais il est inutile de se lamenter. Si la France donnait l'exemple, toutes ces ordures seraient bientôt balayées, même dans la très catholique Espagne."

(Lettre inédite à Lacambre, 5 déc. 1864. Col. Dommanget.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 73.

espérance

"Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer."

Devise de Charles le Téméraire, reprise par Guillaume d'Orange, comte de Nassau, dit également Guillaume le Taciturne

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"Espérer, c'est démentir l'avenir."

Emil Cioran (1) : Syllogismes de l'amertume (1952)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Emil_Cioran , https://la-philosophie.com/citation-cioran et http://citation-celebre.leparisien.fr/auteur/emil-cioran

SOURCE :

(1) Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 129.

espionnage

Dans un encadré Télérama consacré à l'enquête de Jérôme Pierrat (France, 2015, 90 mn) intitulée : Espions privés : barbouzes 2.0, Perrine Dutreil écrit, à propos de celle-ci :

"Dans un hôtel de l'aéroport de Roissy, un mystérieux "espion privé" démontre, le visage dissimulé sous une capuche, comment il pénètre dans les chambres de certains hommes d'affaires pour y ouvrir coffres-forts et attachés-cases, prendre en photos des documents secrets, copier le contenu des disques durs, etc. L'homme espionne pour le compte d'entreprises du CAC 40 qui cherchent à déstabiliser leurs concurrents."

"[...] Jérôme Pierrat [...] enquête sur les méthode de ces barbouzes du XXIe siècle, dont la grande majorité est constituée d'anciens des services secrets. La première partie de son documentaire énumère [...] les techniques de pointe de ces agents privés. [Sont retracés] ensuite trois exemples concrets d'espionnage : comment Nestlé aurait commandité une infiltration de l'ONG Attac ; comment EDF se serait attaqué à Greenpeace ; et comment l'ancien président de la Guinée aurait déjoué une tentative de coup d'Etat. [...]."

espoir

"Ce qui tue, c'est l'espoir. Et tandis qu'ils en meurent, combien on voit de gens dire qu'ils en vivent."

Sacha Guitry

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 182.

esthétique

"Il essaie de tenir un discours qui ne s'énonce pas au nom de la Loi et/ou de la Violence : dont l'instance ne soit ni politique, ni religieuse, ni scientifique ; qui soit en quelque sorte le reste et le supplément de tous ces énoncés. Comment appellerons-nous ce discours ? érotique, sans doute, car il a à faire avec la jouissance ; ou peut être encore : esthétique, si l'on prévoit de faire subir peu à peu à cette vieille catégorie une légère torsion qui l'éloignera de son fond régressif, idéaliste, et l'approchera du corps, de la dérive."

Roland Barthes : Roland Barthes par Roland Barthes, Ed. du Seuil, col. "écrivains de toujours", p. 87.

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Virginie Félix :

"De quelle manière votre passion pour l'art contemporain  nourrit-elle votre cuisine ?"

Le chef Michel Troisgros :

"Cette passion m'a fait toucher du doigt l'importance de l'aspect esthétique. La forme que l'on donne à une préparation a une influence très forte sur le palais, l'esthétique modifie le goût. Avant cela, je considérais que le bon n'était pas forcément beau. J'ai la chance de faire un métier d'expression. Au cours de mes visites dans les galeries, les musées, de mes lectures, de mes rencontres, certaines choses me traversent, me touchent. Et rejaillissent plus ou moins consciemment, volontairement, dans les plats que je crée. L'esthétique qui m'entoure me pénètre et je tente de la traduire dans mon travail."

in Télérama n° 3554 du 21 février 2018, p. 6. Propos recueillis par Virginie Félix.

estime

"Quand on sent qu'on n'a pas de quoi se faire estimer de quelqu'un, on est bien près de le haïr."

Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues : Réflexions et maximes (1746)

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Ominbus/Le Monde, mars 2017, p. 29.

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"Mon embarras n'est point de l'acheter, mais de le payer ce qu'il s'estime."

Napoléon Ier (1769-1821) à propos de Chateaubriand (1768-1848)

SOURCE :

Idem ci-dessus, p. 105.

Etat

"L'Etat est le plus froid des monstres froids."

Friedrich Nietzsche : "De la nouvelle idole" (2) in Also sprach Zarathustra. Ein Buch für Alle und Keinen (Ainsi parlait Zarathoustra. Un livre pour tous et pour personne(1883-1885) (3)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche et http://sos.philosophie.free.fr/nietzsch.php

(2) Cf. not. : Le Livre de Poche n° 987, nov. 1972, pp. 63-67. Traduction de Georges-Arthur Goldschmidt (a) : "[...]. // L'Etat ? qu'est-ce que c'est ? Allons ! Maintenant ouvrez vos oreilles, car je vais vous dire ce que j'ai à vous dire de la mort des peuples. // L'Etat c'est ainsi que s'appelle le plus froid des monstres froids et il ment froidement, et le mensonge que voici sort de sa bouche : "Moi, l'Etat, je suis le peuple." // C'est un mensonge ! [...]." (p. 63). 

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra

SOUS-NOTE :

(a) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges-Arthur_Goldschmidt

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 156.

éternel retour

Dans un texte intitulé "Le gag du sparadrap : la métaphore de l'éternel retour" (Le rire de Tintin. Les secrets du génie comique d'Hergé, L'Express Beaux-Arts Magazine, 2014, pp. 82-85), Christophe Barbier écrit :

"Si les bobos aiment tant lire Tintin, c'est peut-être grâce au sparadrap du capitaine Haddock. Quand Jacques Martin (1) le suggère à Hergé, les deux hommes songent-ils que c'est une métaphore propise à un grand avenir [...] ?"

"La première force du gag du sparadrap, c'est d'être étranger à l'histoire qui l'héberge. [...]. Le deuxième atout du sparadrap est d'être collé à la personne du capitaine Haddock, ce personnage qui "fait semblant de rien" quand il a commis une bêtise et qui a souvent quelque chose à cacher - pas seulement une bouteille de whisky. [...]. La troisième raison pour laquelle le gag du sparadrap est devenu si célèbre est sa construction aléatoire : d'Haddock à Haddock, il passe par six personnages différents, tous étrangers à l'intrigue, tous anonymes, passagers innocents et inconnus [...]."

"Enfin, si ce petit pansement insolent est passé à la postérité, c'est parce qu'il est entré dans l'arsenal des hommes politiques. [...]. Les exemples récents abondent : en 2013, le député filloniste Jérôme Chartier explique, à propos du vote contesté pour la présidence de l'UMP, que "Cette élection volée" va coller à Jean-François Coppé "comme le sparadrap du capitaine Haddock". Pendant la campagne présidentielle de 2012, le Vert Jean-François Placé dépeint l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes comme "le sparadrap du capitaine Haddock" pour la gauche, tandis que pour Jean-François Lamour, la taxe à 75 % en fera office l'année suivante et que, pour Jean-Claude Mailly, secrétaire général du syndicat Force ouvrière, c'est l'absence de stratégie industrielle qui va coller à l'exécutif. Une fraude, une nomination, une taxe, un aéroport, une absence... Les politiques ont fait de ce sparadrap attrape-tout un papier tue-mouche !"

"Qu'importe, la gloire du gag est assurée, et puisque ce pansement offre aux politiques un argument ad hoc pour attaques ad hominem, ils en usent pour affirmer leur volonté de puissance, lui conférant ainsi une force nietzschéenne. Aboutissement logique : le sparadrap du capitaine Haddock n'est-il pas la métaphore la plus accomplie de l'éternel retour ?" 

NOTE JMS :

(1) Jacques Martin (1921-2010)  est un célèbre auteur de bandes dessinées de nationalité française qui a contribué à plusieurs albums de Tintin (et plus particulièrement Tintin au Tibet et Coke en  stock) et créé les séries Alix et Lefranc. Il représente, avec Hergé (1907-1983) et Edgar P. Jacobs (1904-1987), celle qui sera appelée l' "Ecole de Bruxelles", berceau de la "ligne claire".

ethnologie

"Les touristes sont la face hideuse de chaque peuple. [...] Le tourisme transforme les autres en accessoires de théâtre que l'on peut photographier et collectionner. Et je ne suis pas sûr que l'ethnographie n'en fasse pas autant dans une certaine mesure."

Nigel Barley (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nigel_Barley, https://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article1005, https://www.babelio.com/auteur/Nigel-Barley/3582, https://data.bnf.fr/fr/11890254/nigel_barley et https://www.franceculture.fr/personne-nigel-barley.html

SOURCE :

Catherine Portevin : Le rire de l'anthropologue in Télérama n° 2488 du 17 septembre 1997, p. 40.

étranger

"Etrangler l'étranger."

Marcel Duchamp : Duchamp du Signe, Flammarion, 1975.

SOURCE :

Roger Dadoun : Duchamp Ce Mécano qui Met à Nu, Hachette, 1996, p. 119.

être

""On ne peut pas être et avoir été", dit un populaire diction. Pourquoi ? On peut très bien avoir été un imbécile et l'être encore."

Pierre Dac, directeur en chef de : L'os à moelle, Le Livre de Poche n° 3937, 1974, p.70. Textes réunis et présentés par Michel Laclos.

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"Etre, c'est être perçu ou percevoir."

George Berkeley (1) : Principes de la connaissance humaine, 1710.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Berkeley

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 53.

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"Je suis donc mon corps."

Maurice Merleau-Ponty (1) : Phénoménologie de la perception (1945)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Merleau-Ponty

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 80.

Etre Suprême

"Etait-il besoin de briser les autels de la superstition et du fanatisme pour en arriver à reconstruire à l'envers [le] culte grossier [de la chimère déifique] ? Nous pensions avoir déraciné l'hypocrisie, eh bien, on nous prépare, figurez-vous, un autre spectacle. Après les flots de sang, vous savez quoi ? Je vous le donne en cent, en mille, en cent mille : l'Etre Suprême ! Ne riez pas, c'est le nom regonflé de la Chimère, on nous a changé la marionnette d'habits."

Donatien Alphonse François, comte de Sade, dit le Marquis de Sade : lettre au cardinal de Bernis du 7 décembre 1793 au soir (1).

Cité dans Philippe Sollers : Sade contre l'Etre Suprême précédé de Sade dans le Temps, Folio n° 5841, sept. 2014, p. 69.

NOTE JMS :

(1) Selon Philippe Sollers (livre précité, p. 65). Cette lettre est un faux écrit par Philippe Sollers lui-même.

étymologie

"[...]. l'étymologie est une science parfaitement vaine qui ne renseigne en rien sur le sens véritable d'un mot, c'est-à-dire la signification particulière, personnelle, que chacun se doit de lui assigner, selon le bon plaisir de son esprit. Quant à la coutume, il est superflu de dire que c'est le plus bas critérium auquel on puisse se référer."

"Le sens usuel et le sens étymologique d'un mot ne peuvent rien nous apprendre sur nous-mêmes, puisqu'ils représentent la fraction collective du langage, celle qui a été faite pour tous et non pour chacun de nous."

"En disséquant les mots que nous aimons, sans nous soucier de suivre l'étymologie, ni la signification admise, nous découvrons leurs vertus les plus cachées et les ramifications secrètes qui se propagent à travers tout le langage, canalisées par les associations de sons, de formes et d'idées. Alors le langage se transforme en oracle et nous avons là (si tenu soit-il) un fil pour nous guider, dans la Babel de notre esprit."

Michel Leiris : "Glossaire : j'y serre mes gloses"

SOURCE : La Révolution surréaliste n° 3, 15 avril 1925. Repris sous le titre "Glossaire : j'y serre mes gloses, 1925" dans Brisées (Mercure de France, 1966), rééd. Gallimard, "Folio Essais", 1992, pp. 11-12.

eugénisme

"Si on pouvait castrer tous les fripons et fourrer dans un couvent toutes les bécasses, donner aux personnes de noble caractère tout un harem et procurer à toutes les jeunes filles d'esprit et de raison des hommes, des hommes complets, on obtiendrait bientôt une génération qui irait au-delà de l'ère de Périclès."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag G.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 50).

Eurêka !

J'ai trouvé.

Exclamation d'Archimède découvrant, dans son bain, la loi de la pesanteur spécifique des corps.

Cité par Vitruve (Ier s. ap. J.-C.), De l'architecture (IX, 3).

Les pages roses du Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013, p. 1237.

Europe

"Pendant toutes ces années de folie collective et d'autodestruction, je pense avoir vu tout ce qu'un homme peut voir : des populations jetées sur les routes, des enfants jetés dans la guerre, des vainqueurs et des vaincus finalement réconciliés dans les cimetières que leur importance a élevé au rang de curiosité touristique. La paix revenue, j'ai visité les mines. J'ai vu la police chargé des grévistes. Je l'ai vu aussi chargé des chômeurs. J'ai vu la richesse de certaines contrées et l'incroyable pauvreté de certaines autres. Eh bien, durant toutes ces années, je n'ai jamais cessé de penser à l'Europe."

"Monsieur Chalamont a passé, lui, une partie de sa vie dans une banque à y penser aussi. Nous ne parlons forcément pas de la même Europe."

Emile Beaufort (Jean Gabin) dans Le Président, d'Henri Verneuil (1961), d'après le roman éponyme de Georges Simenon.

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Propos de Patrick Boucheron recueillis par Gilles Heuré pour le Télérama n° 3399 (semaine du 7 au 13 mars 2015), p. 6.

G.H. : "Quel enseignement l'historien peut-il apporter dans la compréhension dans la crise que traverse l'Europe ?"

P.B. : "Parler de la crise de l'identité politique européenne ? Elle n'est qu'une des conséquences de la catastrophe en cours, qui se joue au niveau mondial : on assiste impuissant à la dévastation du monde réel au nom d'une domination virtuelle. Face à cette liquidation financière, écologique mais aussi virtuelle - voyez comment le complotisme se nourrit de la virtualisation de l'information -, que faire ? Défendre ce à quoi nous tenons, c'est-à-dire à des formes désirables de vie, exige de rappeler obstinément les droits du réel. Pour les historiens, cela signifie : tenter de dissiper les constructions imaginaires, briser le piège identitaire. C'est difficile, car on s'attaque alors à ce que Nietzsche a désigné comme un venin : la passion que l'histoire a placé dans nos vies, la croyance que l'origine a toujours raison sur le présent. Cette passion autorise tous les âges d'or, potentiellement meurtriers. S'il y a un contrepoison à cet envoûtement, il est également à trouver dans l'histoire, [...] une histoire comme art des discontinuités, s'attardant sur les moments faibles, variant ses points de vue."

Evangiles

A propos du documentaire de Tilman Remme : Bible Hunters (1/2 et 2/2, Grande-Bretagne, 2014), Hélène Rochette écrit, dans un encadré Télérama consacré à celui-ci :

"Pendant des siècles, la véracité des écrits bibliques n'a pas suscité de controverse. Au cours des décennies 1830 et 1840, savants et philologues doutent de plus en plus de la fiabilité historique des textes sacrés. L'Allemand Constantin Tischendorf (1) estime que la clé réside dans les vieux manuscrits. En 1844, il découvre dans un monastère au pied du mont Sinaï (2) une centaine de feuillets rédigés en grec : la plus ancienne Bible du monde, datant du IVe siècle. La trouvaille provoque une tempête (3). Dans ce volume, l'Evangile de saint Marc fait l'impasse sur la Résurrection."

"Sur les traces de l'exégète du XIXe siècle, l'archéologue anglais Jeffrey Rose [...] enquête sur l'apparition des manuscrits grecs ou syriaques, et restitue les aventures des soeurs Smith (4), Ecossaises qui mirent au jour un palimpseste du Ve siècle recelant les Evangiles. [...]." 

NOTE JMS :

(1) Lobegott Friedrich Constantin von Tischendorf (1815-1874) : Après son doctorat en philosophie (soutenu en 1838), ce jeune chercheur de confession protestante va s'intéresser à la possibilité de "rétablir le texte grec tel qu'il est autrefois sorti des mains de ses auteurs sacrés", ainsi qu'il l'énonce à la page 8 de l'introduction à son livre paru en 1866 : De la date de nos Evangiles.

(2) Il s'agit du monastère Sainte Catherine.

(3) Ses recherches firent tant de bruit que ce chercheur protestant fut reçu par le Pape lui-même !

(4) Voir à ce sujet le livre de Janet Soskice, professeure à l'Université de Cambridge : Les Aventurières du Sinaï, chez Jean-Claude Lattès, sept. 2010, 358 p.

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"Livres divins, sublimes, etc."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor Astral, col. "Les Inattendus", 2015.

évidence

Antoine de Rivarol, "à propos de l'Encyclopédie sur l' "Evidence", par Turgot, article fort obscur : "C'est un nuage chargé d'écrire sur le soleil".

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 815.

évitisme

"[...] l'humoriste américain Roger Price (1918-1990) [est l']inventeur d'une philosophie nouvelle, l'évitisme, qui est aussi une morale. [...]. Partant du principe que nous souffrons tous de notre incapacité à affronter l'existence, Roger Price propose en bon stratège de refuser cet affrontement : "Le processus qui nous a transformés, de ce singe gai, libre et sans emploi, en cet homme rongé par l'angoisse et le doute, se nomme "évolution". L'évolution est une imposture !"

Eric Chevillard in Le feuilleton d'Eric Chevillard : "Stratégie de la dérobade" (Le Monde des Livres du jeudi 30 avril 2015, p. 8), à propos du livre Le Cerveau à sornettes (In One Head and Out the Others), de Roger Price. Traduction de l'anglais (Etats-Unis) par Frédéric Brument, préface de Georges Perec (chez Wombat, col. "Les insensés", 2015, 192 p.)

théorie de l'évolution

A propos du troisième et dernier documentaire de la série L'Evolution en marche intitulé Le loup, ce mammifère marin, de Frédéric Febvre et Jean-François Barthod (France, 2014, 50 mn), Vincent Arquillière écrit, dans un encadré Télérama consacré à celui-ci :

"L'évolution des espèces est un cycle sans fin, comme le montre cet étonnant documentaire, illustration très concrète des théories de Darwin. [...] On [y] suit un photographe spécialisé, [...] Guillaume Mazille qui, lors d'un reportage en Colombie britannique (Canada) il y a quelques années, avait vu des loups plonger dans l'eau glacée pour y attraper des saumons remontant de l'océan. Il retourne donc dans cette région très humide, patchwork de forêts pluviales et de fjords, près de la frontière avec l'Alaska. Une aventure [...] dans des paysages magnifiques mais peu hospitaliers."

"La patience de Mazille - des heures à attendre dans le froid, immobile derrière son téléobjectif - est récompensée : après que les bêtes, qui se déplacent en meute, ont accepté sa présence, il parvient à les photographier en train de pêcher très habilement. A l'instar des ours, ces animaux terrestres se tourneraient-ils progressivement vers un mode de vie marin, avec un changement de régime alimentaire ? Les chercheurs qui accompagnent le photographe en sont persuadés, tout en précisant que cela prendra des dizaines de millions d'années. Autant dire que l'on ne sera plus là pour voir pousser des nageoires aux loups."

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"Natura non facit saltus"

La nature ne fait pas de sauts.

La nature ne crée ni espèces ni genres absolument tranchés ; il y a toujours entre eux quelque intermédiaire qui les relie l'un à l'autre. Aphorisme scientifique énoncé par Leibniz (Nouveaux Essais, IV, 16) (1).

Pages roses du Petit Larousse 2014, Larousse, 2013, p. 1228.

NOTE JMS :

(1) Ce principe de philosophie naturelle qu'est le principe de continuité se trouve déjà chez Aristote (384-322 av. J.-C.). On le retrouve également chez Carl von Linné (1707-1778) et Charles Darwin (1809-1882), ainsi qu'en linguistique chez Ferdinand de Saussure (1857-1913).

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"C"est par hasard que surgit à tel endroit une nouvelle espèce (1) : aucune nécessité ne la disposait a priori à apparaître."

Ariane Poulantzas : On est bien peu de chose in Télérama n° 2590 du 1er septembre 1999, p. 45.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_de_l'évolution

ex-libris

"Comprendre et ne pas juger"

Ex-libris de Georges Simenon.

excision

"80 à 100 millions de fillettes et de jeunes femmes ont subi des mutilations génitales. Dans les pays où elles sont pratiquées, des pays africains pour la plupart, plus de 2 millions de petites filles peuvent s'attendre chaque année à ce que le couteau - ou un rasoir ou un morceau de verre - sectionne leur clitoris ou l'enlève complètement, [et] à ce que tout ou partie de leurs grandes lèvres soient... cousues à l'aide de fil chirurgical ou d'épines."

"[...]. La spécialiste africaine Nahid Toubia (1) dit les choses clairement : chez un homme, cela correspondrait à  un geste allant de l'amputation de la plus grande partie du pénis à l'ablation complète du pénis, de ses racines et d'une partie de la peau du scrotum."

"Les conséquences à court terme sont le tétanos, la septicémie, les hémorragies, les lésions de l'urètre, de la vessie, des parois vaginales et du sphincter anal. A long terme : infection utérine chronique, cicatrices considérables qui peuvent entraver la marche à vie, formation de fistules, augmentation des douleurs et des risques au moment de l'accouchement et mort prématurée."

Eve Ensler : Vagin : les faits in : Les Monologues du vagin, Denoël, 2005, pp. 77 / 78. Trad. de l'anglais (Etats-Unis) par Lili Sztajn.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nahid_Toubia

SOURCE :

New York Times, 12 avril 1996.

exclusion

"Traversant l'Eglise Saint-Sulpice et y assistant par hasard à la fin d'un mariage, il éprouve un sentiment d'exclusion. Pourquoi donc cette altération, venue sous l'effet du plus imbécile des spectacles : cérémoniel, religieux, conjugal et petit-bourgeois (ce n'était pas un grand mariage) ? Le hasard avait amené ce moment rare où tout le symbolique s'accumule et force le corps à céder. Il avait reçu en une seule bouffée tous les partages dont il est l'objet, comme si, brusquement, c'était l'être lui-même de l'exclusion qui lui était assené : compact et dur. [...]."

Roland Barthes : Roland Barthes par Roland Barthes, Ed. du Seuil, col. "écrivains de toujours", pp. 88/89.

exemple

"Rien n'est plus contagieux que l'exemple."

François de La Rochefoucauld : Réflexions ou sentences et maximes morales (1664)

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 109.

existence

"L'existence est un épisode du néant."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C. H. Beck, oHG, München 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 40. REMARQUE : cette phrase est en français dans le texte).

exploité

"La Mafia est la colère des exploités, qui explose dans toute sa violence après avoir subi la domination des maîtres pendant des années. Une révolte des humbles contre les puissants."

"Le boss Saviero Mammoliti, lors d'une interview accordée à l'hebdomadaire Oggi, en décembre 1978, alors qu'il était en cavale."

Nicola Gratteri & Antonio Nicaso : Dire e non dire, Arnoldo Mondadori Editore S.p.A., Milan , 2012 ; adaptation française : Mafia calabraise Les dix commandements, Express Roularta Editions, Paris, 2013, p. 178.

extermination

"Méthode essentiellement catholique pour arrêter la propagation d'une idée : l'extermination jusqu'au dernier de tous ceux qui la professent."

[à propos de la Prise de Munster sur les Anabaptistes, le 25 juin 1535, par les troupes de l'évêque avec massacre.]

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Ed. Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 32.

extrême droite

L' "extrême droite (1) donne de fausses réponses à  de vraies questions".

Laurent Fabius (2), alors premier ministre, à L'heure de vérité en septembre 1984.

NOTES JMS  :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Extrême_droite et https://fr.wikipedia.org/wiki/Extrême_droite_en_France  

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Fabius

SOURCE :

"Comment Le Pen a réussi son oral de matraquage", de Véronique Brocard in Télérama n° 2439 du 9 octobre 1996, p. 10.

extrême-gauche

Dominique Strauss-Kahn (1), à propos du rapprochement Besancenot-Larguiller :

"C'est l'union d'un postier et d'une timbrée."

SOURCE :

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 59.

NOTE JMS :

(1) Cf. not : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Strauss_Kahn