Dictionnaire des citations


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racaille

" "Kaïra", "racaille" en verlan. En voici trois qui zonent, rêvent de musique, de filles, de fric. Rien de nouveau, et pourtant cette comédie étonne, et son évocation de la vie de banlieue a fait un carton."

"Il y a une sincérité sympathique chez l'auteur-acteur-réalisateur Franck Gastambide (1), habitant de Melun devenu populaire avec sa série Kaïra shopping. Il en donne un prolongement avec ce film, croquant des personnages de losers frimeurs pleins de verve, obsédés par le porno, où ils espèrent faire carrière. Un autre effet de vérité, apparemment, puisque "le X fait partie intégrante de la culture du mec de banlieue, avec le hip-hop", assure le réalisateur. Dommage qu'il en profite pour forcer à ce point sur les blagues salaces."

Encadré Télérama de Frédéric Strauss à propos du film de Franck Gastambide : Les Kaïra (France, 2012, 1h40mn).

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Franck_Gastambide

 

race

"La notion de RACE est à réserver aux seules espèces animales, en tant qu'équivalent de la notion de variété en botanique. Face à la diversité humaine, une classification sur les critères les plus immédiatement apparents (couleur de peau surtout) a été mise en place et a prévalu tout au long du XIXe s. Les progrès de la génétique conduisent auj. à rejeter toute tentative de classification raciale chez les êtres humains."

Encadré du Petit Larousse illustré 2014, p. 954. 

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Dans une page du journal Le Monde intitulée "Clair obscur" (1) et consacrée à l'obsession de la couleur de la peau en Inde, Hubert Prolongeau, envoyé spécial à Bombay, écrit ceci :

"[...]."

"Nina [...] est plutôt foncée. Pas vraiment noire, mais... "J'ai une tante qui a passé sa vie à me proposer de me mettre de la crème qui blanchit. Un jour, je lui ai dit : "Tante, ça fait vingt ans que je te vois t'en mettre, et je n'ai remarqué aucun changement. A quoi ça sert ?". Les souvenirs affluent, parfois douloureux. "J'ai toujours su que j'étais sombre. A l'école, les petites filles à la peau claire étaient choisies pour représenter la classe. Un de mes professeurs me l'a même dit un jour : "Vous êtes une bonne élève, mais vous êtes si noire..." Dans la cour de récréation, c'était l'un des principaux sujets de discrimination. "On nous appelait "kaali", "blackie" ou "negro". Aujourd'hui, quand j'entre dans une pharmacie, on vient me proposer spontanément des crèmes blanchissantes..." [...]. "La plupart de mes copines qui postent des photos d'elles sur Facebook éclaircissent aussi leurs dents." [...]."

"Il y a une obsession de la peau blanche dans ce pays. La pâleur est à la fois signe de distinction et de "supériorité".

"[...]."

"Un gros scandale a eu lieu lors de l'élection de Miss America en 2014. La gagnante était une américano-indienne, Nina Davuluri, à la peau plutôt sombre. Nombreux ont été les commentaires en Inde pour estimer qu'elle était indigne de cet honneur et se vanter de ce que, si le concours avait eu lieu en Inde, elle n'aurait jamais été choisie."

"C'est au moment du mariage que le sujet est le plus douloureux. [...]. Shaadi.com, l'un des plus gros sites de rencontres matrimoniales du pays, affiche la blancheur comme critère dominant. [...]."

"Les milieux populaires ne sont pas épargnés par cette folie. Mais on bricole plus. Pour qui n'a pas les moyens de se payer les crèmes chères, des tas de remèdes traditionnels sont utilisés : jus de citron, eau de rose, miel, jaune d'oeuf, crème, cumin... Certaines femmes, pendant leur grossesse, mangent du safran dans l'idée que cela va éclaircir la peau de leur bébé. "Quand j'étais adolescente, se souvient Malathy, 30 ans, ma grand-mère me donnait des bains de farine de pois chiches pour se blanchir. J'étais punie si je restais trop longtemps au soleil. Et puis je suis allée vivre au Canada, à 18 ans, dans le cadre d'échanges universitaires, et là j'ai réalisé que beaucoup de gens aimaient bien ma peau, et sa couleur. J'en suis restée stupéfaite. Je me suis aperçue que j'avais un vrai problème d'estime de moi. Et que la moitié de mon pays l'avait aussi"."

"[...]."

"Le cinéma joue de cette fascination. Toutes les grandes vedettes de Bolliwood sont de carnation pâle. "Quand on tourne en extérieur, raconte Achana Walavalkar, les acteurs ne restent au soleil que le minimum de temps possible, puis ils courent se réfugier sous leur ombrelle ou dans leur caravane. Sur les plateaux, on éclaire beaucoup, justement pour accentuer ce trait"."

"[...]."

"Chaque fois que l'on me maquille, on essaie de me blanchir.", dit Nandita Das. [...]. "Avoir la peau sombre à Bollywood, c'est se condamner à ne jouer que des rôles de paysanne ou d'habitante de bidonville. Le personnage urbain qui a réussi se doit d'être clair."

"D'où vient précisément cette fascination pour le blanc ? "Les Indiens sont racistes, accuse Nandita Das. C'est profondément ancré chez nous." Pour Urvashi Butalia, directrice de la première maison d'édition féministe indienne, Kali for Women, "cette manie absurde s'appuie sur deux éléments : d'un côté les invasions avec l'idée que les Aryens sont supérieurs aux Dravidiens ; de l'autre, le système des castes, les castes supérieures ayant la peau plus claire que celle des castes inférieures. Ceux qui ont régné sur l'Inde ont souvent été blancs, des Aryens aux colons britanniques. La pâleur est donc associée au pouvoir"."

"Prahlad Kakkar, réalisateur de publicités à Bombay, est l'un de ceux qui pensent que les invasions - les Perses, les Moghols, les Anglais - expliquent pourquoi la peau pâle est associée à la suprématie : "Ce complexe fait partie du fardeau que l'homme noir a à porter pour avoir été la victime des pillages et des invasions des Blancs." "L'histoire n'est pas tout, affirme de son côté Nandita Das. Nous ne sommes pas seulement le produit de nos traditions. Nous faisons aujourd'hui partie d'un monde globalisé, et c'est le consumérisme qui maintient aujourd'hui ce racisme. Le marchand attend pour se ruer sur nos désirs cachés, et les entretenir"."

"En 2014, un pas de plus a été franchi avec Clean and Dry, qui propose aux femmes de se blanchir... le vagin. Il a suscité de nombreuses réactions d'intellectuels estimant que, cette fois, ça allait trop loin. Cette bronca n'a nullement désarçonné Shivangi Gupta, de Midas-Care, la société qui vend Clean and Dry : "Nous avons une grosse demande du consommateur, et ce serait irresponsable de notre part de ne pas leur offir de solution." La publicité qui présente le produit montre une paisible famille. Madame va à la douche, et une infographie montre clairement la zone qui se clarifie. Puis elle revient auprès de son mari et de ses enfants, installés dans un salon à l'européenne. Ils se sourient, dents éclatantes et regards tendres. Une image du bonheur à l'indienne. Un bonheur tout blanc."

NOTE JMS :

(1) Edition du vendredi 26 juin 2015, p. 13.

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"Qu'il me soit permis de dire en passant que je pense que l'homme n'a pas naturellement la peau blanche, mais qu'il l'a noire ou brune par nature, comme nos ancêtres les hindous ; que, par conséquent, jamais un homme blanc n'est sorti à l'origine du giron de la nature, et que la race blanche n'existe donc pas, en dépit de tout ce que l'on dit d'elle, mais que chaque homme blanc est un homme qui s'est décoloré. Refoulé dans le Nord qui lui est étranger, où il ne survit que comme les plantes exotiques et a besoin, comme celles-ci, d'une serre pour l'hiver, l'homme, au cours des millénaires, est devenu blanc."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 161).

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"la "ndrangheta" est une organisation criminelle qui traite sans aucune difficulté avec des personnes de toutes races et de tous pays."

"Saverio Morabito, repenti historique de Lombardie, décrivant la 'ndrangheta au procureur de Milan, Aberto Nobili, 1992."

Nicola Gratteri & Antonio Nicaso : Dire e non dire, Arnoldo Mondadori Editore S.p.A., Milan, 2012 ; adaptation française : Mafia calabraise Les dix commandements, Express Roularta Editions, Paris, 2013, p. 178.

Jean Racine

"[...]. Le théâtre de Racine n'est pas un théâtre de la passion amoureuse, mais de la relation d'autorité [...]."

Roland Barthes : Roland Barthes par Roland Barthes, Ed. du Seuil, col. "écrivains de toujours", p. 86.

racisme

"Maxime : ne fréquenter personne qui participe à la mensongère escroquerie raciale."

Friedrich Nietzsche

Cité dans la préface de Roger-Pol Droit : "Nietzsche le Rebelle" in Nietzsche, Flammarion, "Le Monde de la philosophie", 2008, p. 19.

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"J'adhérerai à SOS-Racisme quand ils mettront un s à "racisme". Il y a des racistes noirs, arabes, juifs, chinois et même des ocre-crème et des anthracite-argenté. Mais à SOS-Machin, ils ne fustigent que le Berrichon de base ou le Parisien-baguette. C'est sectaire."

Pierre Desproges : Fonds de tiroir, Editions du Seuil, 1990.

SOURCE :

"Shocking ! Ces plaisanteries que l'on n'ose plus faire" in Revue Des Deux Mondes : Le rire est-il mort ?, juillet-août 2018, p. 43.

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"En février dernier, fraîchement élue maire de Vitrolles (1), Catherine Mégret (2) laisse libre cours à ses opinions racistes et xénophobes lors d'une interview accordée à un journal allemand. "Les immigrés font des gamins pour toucher les allocations familiales, ils ne les élèvent même pas, déclare-t-elle au Berliner Zeitung (3)."

"Reprenant à son compte les propos de Jean-Marie Le Pen sur les "différences entre les races", elle affirme aussi qu' "un vrai Français, c'est quelqu'un qui l'est par le droit du sang. [...]."

Article de Luc Desbenoit paru dans le Télérama n° 2466 du 16 avril 1997, p. 18.

NOTES JMS :

(1) Cf . not. : https://www.vitrolles13.fr

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_Mégret et https://www.liberation.fr/societe/2000/09/16/catherine-megret-clown-d-un-jour-francaise-toujours_337377

(3) Cf. not. : https://de.wikipedia.org/wiki/Berliner_Zeitung et https://fr.wikipedia.org/wiki/Berliner_Zeitung

radio

"31 heures par semaine en moyenne : les plus forts auditeurs de radio sont les artisans et les commerçants."

Encadré Télérama intitulé "CENT BLAGUES !" (n° 2105 - 16 mai 1990, p. 27).

raison

"El sueno de la razon produce monstruos."

"Le sommeil de la raison produit des monstres."

 Francisco de Goya y Lucientes

Titre de la 43e gravure de la série intitulée Los Caprichos (Les Caprices).

La série a été publiée par l'artiste lui-même en 1799, mais cette oeuvre a été réalisée en 1797.

Cette citation a été reprise, dans sa traduction française, en exergue de la BD d'Enki Bilal et Pierre Christin : Les Phalanges de l'Ordre noir (Dargaud, 1979).

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"La raison est, et elle ne peut qu'être, l'esclave des passions ; elle ne peut prétendre à d'autre rôle qu'à les servir et à leur obéir."

David Hume (1) : Traité de la nature humaine, livre II (1739)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Hume et https://www.babelio.com/auteur/David-Hume/10391/citations

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 116.

rap

"Le problème avec le rap, c'est qu'on a déjà tout dit sur le racisme, la misère, la jalousie. J'ai besoin d'aller ailleurs."

 MC Solaar interviewé par Laurent Rigoulet (Télérama n° 3531 du 13 septembre 2017, p. 4)

Raphaël (Raffalleo Sanzio ou Santi, dit en fr.)

"Il m'a fallu soixante ans d'efforts pour parvenir à dessiner comme eux. A leur âge, je dessinais comme Raphaël (1)."

Pablo Picasso, en sortant d'une exposition de dessins d'enfants d'une classe maternelle.

NOTE JMS  :

(1) Cf. not. : http://www.histoiredelart.net/artistes/raphael-963.html

SOURCE :

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 764.

rat

" [...]. Mais qu'a donc fait cet animal pour mériter pareille infamie ? Rongé par les raticides, déchiqueté par les pièges, ou encore dénudé comme un vulgaire poulet et poêlé par des millions de Chinois... Sa vie est un enfer ! Et un cauchemar pour l'homme, qui n'a pas fini de se faire les dents sur cet artiste des mutations génétiques. Sans compter que madame et monsieur Rat se donnent bien de la peine - et surtout du plaisir - à perpétuer l'espèce : à deux, ils sont capables de s'assurer une descendance de 250 000 individus en trois ans d'existence. [...]."

Sophie Berthier : encadré Télérama consacré au documentaire de Jean-Marc Dauphin : Le rat [série : Le destin animal (1/6), 1995, 55 mn] (1).

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.Org/wiki/Rat

rebelle

"L'esprit frondeur, c'est notre façon d'espérer contre toute espérance... Le poète belge Charles de Coster (1) et son Till Ulenspiegel (1867) (2) participe déjà de cette liberté-là. Cette oeuvre a impressionné l'Europe entière (en Allemagne, il a fait l'objet d'une trentaine de traductions !). Ce livre a joué en Belgique le rôle que le Don Quichotte a eu en Espagne. Till est un rebelle jovial, une sorte de Quichotte conscient." 

Pierre Mertens : "Il y a moyen d'être belge et d'exister" in Télérama n° 2466 du 16 avril 1997, pp. 44-45. Propos recueillis par Emmanuelle Bouchez.

NOTES :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_De_Coster

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Till_l'Espiègle et https://data.bnf.fr/fr/12009769/till_eulenspiegel

 

réchauffement climatique

"L'humour sur le réchauffement climatique est à prendre au second degré."

Auguste Derrière : Les mites n'aiment pas les légendes, Le Castor Astral / Maison PoaPlume, 2013, p. 95.

Préface de Albert Muddah. Avec la participation exceptionnelle de Plonk et Replonk.

récit

"Dans l'art du récit, mensonge et vérité forment un couple indissociable... C'est par le mensonge qu'on agrandit la vérité."

Erik Orsenna (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Erik_Orsenna, https://www.erik-orsenna.com, http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/erik-orsenna et https://www.franceculture.fr/personne-erik-orsenna.html

SOURCE :

La Grande Librairie. Portraits d'écrivains, saisons 1, 2 et 3 : préface de François Busnel et photographies de Franck Courtès, Ed. Place des Victoires, 2012, p. 25.

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"[...] avant d'oser déstructurer un récit il faut peut-être savoir déjà appliquer les codes de narration classiques formulés par Aristote (1) il y a deux mille cinq cents ans (2)... [...]."

Stéphane Brizé

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aristote et https://mediterranees.net/civilisation/spectacles/theatre_grec/poetique.html

(2) Plutôt, grosso modo, deux mille trois cent cinquante ans, puisque La Poétique, d'Aristote, a été rédigée vers 335 av. J.-C.

SOURCE :

Entretien de Louis Guichard avec Florence Vignon et Stéphane Brizé, coscénaristes du Bleu des villes in : Télérama n° 2604 du 8 décembre 1999, p. 42.

récompense

"Une mauvaise action trouve toujours sa récompense."

Michel Audiard : Les Lions sont lâchés (Henri Verneuil, 1961) (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_lions_sont_lâchés et https://fr.wikiquote.org/wiki/Les_lions_sont_lâchés

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 15.

reconnaissance

"N'a pas besoin d'être exprimée."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor Astral, col. "Les Inattendus", 2015.

récréation

"Le comportement ordinaire de l'exploiteur accordant aux exploités un temps de délassement qui les renverra dispos à l'usine et au bureau s'est exprimé avec justesse dans les propos du général de Gaulle irrité par la révolution de 1968 : "Il est temps de siffler la fin de la récréation.""

Raoul Vaneighem : Avertissement aux écoliers et lycéens, éd. Mille et une nuits, août 1995, pp. 26-27.

La Réforme

"Idée juste et vraie. La Réforme a été un malheur. Elle a sauvé le christianisme en l'arrêtant sur la pente qui le conduisait à l'abîme. Elle a créé quelque chose de moins absurde et de moins révoltant, et rattaché les esprit à la veille idole, ainsi rajeunie. La philosophie a eu plus de peine à se faire. Elle aurait eu plus de chance contre les inepties et les extravagances du culte romain. Elle a eu moins de prise, en effet, sur les pays protestants. C'est le triomphe du papisme en France au XVIe et XVIIe s, qui a déterminé sa chute au XVIIIe.

(23 octobre 1857.)

(Bibl. Nat. Mss.fr., N.A. 9581, n° 149, p. 283)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 77.

réformisme

"Courant politique dans le mouvement ouvrier, hostile au marxisme révolutionnaire et aux intérêts vitaux du prolétariat, qui substitue à la lutte de classe contre le capitalisme [...] et la victoire du socialisme, la lutte pour de menues réformes qui n'affectent pas les fondements du régime d'exploitation bourgeois."

"Le réformisme est né dans le dernier quart du XIXe siècle. Sa base sociale est la couche supérieure de la classe ouvrière, corrompue par les capitalistes, l'"aristocratie ouvrière". Le réformisme, l'opportunisme, disait Lénine, "a été engendré, durant des dizaines d'années, par des particularités de l'époque de développement du capitalisme, où l'existence d'une couche relativement pacifique et confortable d'ouvriers privilégiés les "embourgeoisait", leur donnait des bribes des bénéfices de leur capital national, les isolait de la détresse, des souffrances et des tendances révolutionnaires de la masse miséreuse que l'on ruinait" (La faillite de la IIe Internationale, éd. de Moscou, 1954, p. 47). [...]"

"Le but principal du réformisme, c'est de duper les ouvriers, de les détourner d'une lutte prolétarienne conséquente, de concilier les intérêts de la classe ouvrière avec ceux des capitalistes. Les partis de la IIe Internationale se sont transformés en partis réformistes pratiquant une politique bourgeoise dans le mouvement ouvrier. Le principal dans le réformisme, c'est l'idée de la collaboration des classes, de l'"harmonie" de leurs intérêts. A la théorie marxiste-léniniste de la lutte des classes [...], les réformistes opposent l'idée d'une conciliation entre la classe ouvrière et la bourgeoisie. [...]."

"Poursuivre la lutte contre eux demeure l'une des tâches principales des partis communistes et ouvriers." 

Petit dictionnaire philosophique, sous la direction de M. Rosentahl et P. Ioudine, éd. en langues étrangères, Moscou, 1955.

réfugié

Dans un encadré Télérama consacré au documentaire de Ghislaine Buffard (France, 2015, 60 mn) : Chambon-le-Château : une terre d'accueil, Vincent Arquillère écrit, à propos de celui-ci :

"Posé dans un écrin de verdure, Chambon-le-Château (Lozère), trois cents habitants, a décidé en 2003 de lutter contre la désertification rurale en accueillant une cinquantaine de demandeurs d'asile, des familles qui ont fui leur pays où elles étaient en danger de mort. Logées, bénéficiant d'une allocation de subsistance, elles restent le temps que la préfecture statue sur leur sort. [...]. Dans l'ensemble bien acceptés par la population - des enfants de maternelle jusqu'à la doyenne -, ces Syriens, Nigérians ou Albanais trouvent un peu de paix après avoir vécu le pire, même si l'impossibilité de travailler et les incertitudes quant à l'avenir pèsent gravement sur leur moral."

"[Dans ce documentaire, la réalisatrice] montre sans grands discours que le "vivre ensemble" si souvent invoqué peut être une réalité."

réification

"Plus la société devient totalitaire, plus l'esprit y est réifié et plus paradoxale sa tentative de s'arracher à la réification par ses propres forces. Même la conscience la plus radicale du désastre risque de dégénérer en bavardage. La critique de la culture se voit confrontée au dernier degré de la dialectique entre culture et barbarie : écrire un poème après Auschwitz est barbare, et ce fait affecte même la connaissance qui explique pourquoi il est impossible d'écrire aujourd'hui des poèmes. L'esprit critique n'est pas en mesure de tenir tête à la réification absolue, laquelle présupposait, comme l'un de ses éléments, le progrès de l'esprit qu'elle s'apprête aujourd'hui à faire disparaître, tant qu'il s'enferme dans une contemplation qui se suffit à elle-même."

Theodor W. Adorno : Prismes. Critique de la culture et société, Payot, 1986, p. 23. Trad. Geneviève et Rainer Rochlitz.

rejet

"Quand Janey est rejetée sexuellement, elle est malade physiquement. Quand elle est rejetée, elle se révolte naturellement. C'est la nature de la réalité. Aucune rationalité possible. La seule chose qui soit vraie : le monde dénué de sentiments, le monde robot, ça n'existe pas. Ce monde est un monde dangereux pour vivre."

Kathy Acker : extrait de The South Bank Show, Londres, 1984 in Qui a peur de Kathy Acker ? (Who's afraid of Kathy Acker ?), par Barbara Casper (Allemagne, Autriche, 2007, 79 mn). V.F. : Télé Europe.

relation

"Une étude récente de l'Université de Toronto a montré qu'un individu établit, en moyenne, dix mille relations tout au long de son existence. [...]."

Christophe Médici : Savoir gérer les personnes toxiques, Ed. Dangles, 2015, p. 8.

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"Une étude récente, menée par les chercheurs de l'université de Pennsylvanie, a démontré que 70% de nos choix relationnels d'adultes étaient déterminés par nos relations d'enfance."

Ibid., p. 15.

religion

"La misère religieuse est, d'une part, l'expression de la misère réelle, et, d'autre part, la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l'âme d'un monde sans coeur, de même qu'elle est l'esprit d'une époque sans esprit. C'est l'opium du peuple (1)."

"Le véritable bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée en tant que bonheur illusoire du peuple. Exiger qu'il soit renoncé aux illusions concernant notre propre situation, c'est exiger qu'il soit renoncé à une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la religion est donc, en germe, la critique de cette vallée de larmes, dont la religion est l'auréole."

Karl Marx : Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, Ed. Allia, janvier 1998, 48 p. Trad. de Jules Molitor (1935).

NOTE JMS :

(1) Cet extrait du texte de Karl Marx est notamment repris en deuxième de couverture de la col. opium du peuple, des Editions Aden (Bruxelles) et on peut  le trouver également dans une traduction assez proche de Maximilien Rubel (avec la col. de Louis Evrard et Louis Janover) publiée en avril 1994 chez Folio essais dans le recueil d'écrits du philosophe allemand (p. 90 ; 2ème page de l'introduction*).

* Ajoutons ici que, dans une note très instructive de présentation de cette introduction (pp. 533-534), il est dit ceci :

"On lit chez Heine : "Pour les hommes à qui la la terre n'a plus rien à offrir, on a inventé le ciel [...]. Gloire à cette invention ! Gloire à une religion qui a versé à l'humanité souffrante, dans la coupe amère, quelques gouttes douces et soporifiques, de l'opium moral, quelques gouttes d'amour, d'espoir et de foi" (Ludwig Börne, éd. 1971, p. 111 et commentaire de K. Briegleb, ibid., p. 866). Voir aussi Wackenheim, 1963, p. 187, sq. "La célèbre phrase : "La religion est l'opium du peuple" n'est qu'une répétition de la théorie de Bauer selon laquelle la religion enndort la conscience des croyants, les réconcilie avec la réalité misérable en dessinant un tableau illusoire du bonheur promis dans le monde futur" (Z. Rosen, 1977, p. 140). L'auteur renvoie, en outre, à d'Holbach et à S. Maréchal, qui employaient, à propos de la religion, des comparaisons métaphoriques similaires."

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"Rivarol disait de Palissot, tour à tour transfuge de la religion et de la philosophie : "Il ressemble à ce lièvre qui, s'étant mis à courir entre deux armées prêtes à combattre, excita tout à coup un rire universel"."

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 819.

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"L'on ne peut pas douter que tous les libertins et les malfaiteurs de ces temps-là, connus sous le nom de routiers, cotereaux et mainades, ne se soient joints aux albigeois (1) dès qu'ils virent que, sous prétexte de religion, l'on pouvait piller, violer, brûler et saccager impunément."

Nicolas Sylvestre Bergier : Dictionnaire de théologie dogmatique, article "Albigeois", 1788.

SOURCE : Guy Bechtel & Jean-Claude Carrière : Dictionnaire de la bêtise, suivi du Livre des bizarres, nouvelle éd., Robert Laffont, col. Bouquins, 2014, p. 23.

NOTE :

(1) Croisade des Albigeois [1208-1244] : guerre menée à l'initiative du pape Innocent III [1160-1216 (pape de 1198 à 1216)] contre le comte de Toulouse Raimond VI et les albigeois ou cathares, par les barons du Nord conduits par Simon de Montfort. Elle fut déclenchée à l'occasion de l'assassinat de Pierre de Castelnau, légat pontifical, et, marquée d'atrocité de part et d'autre, s'acheva par la prise de Montségur [d'après différentes éd. du Petit Larousse illustré].

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"Fait partie des bases de la société. Est nécessaire pour le peuple."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor Astral, col. "Les Inattendus", 2015.

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"L'humanité use de la religion comme d'un vêtement d'enfant devenu trop petit : rien à faire, il éclate."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, àHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, p. 140). 

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"Les religions sont enfants de l'ignorance : elles ne survivent pas longtemps à leur mère."

Arthur Schopenhauer : idem ci-dessus, p. 140.

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Dans les siècles anciens, la religion était une forêt derrière laquelle des armées pouvaient faire une halte et se mettre à l'abri. [...] Mais après tant d'erreurs elle n'est plus que broussailles derrière lesquelles des escrocs peuvent se cacher. Il faut donc se garder de ceux qui aimeraient l'impliquer dans tout ce qui se passe, et les accueillir avec le proverbe [...] : Detras de la cruz est el diablo [derrière la croix se tient le diable]."

Arthur Schopenhauer : idem ci-dessus, p. 140.

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"L'idée de Dieu, les religions, source et maintien de l'ignorance, de l'abrutissement, par conséquent de l'esclavage, de la misère."

(Bibl. Nat. Mss fr., N.A. 9591.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Ed. Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 44.

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"Avec la tyrannie religieuse, l'instruction n'est plus qu'un instrument de mort, une corde pour pendre, un chevalet pour torturer, une torche pour brûler les hérétiques, les dissidents, les penseurs, tout ce qui s'écarte du culte prétendu moralisateur."

"[...]."

(Bibl. Nat., Mts français, N.A., 9581, n° 74.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, p. 58.

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Dans un texte écrit sur Bertrand Russell, signé O. T.,intitulé "Misère de la religion, grandeur du mysticisme" et publié dans Le Point références. Vivre sans Dieu. Les textes fondamentaux (décembre - janvier 2017, p. 92.), on peut y lire notamment ceci :

"[...]."

"Sur le plan théorique, la religion est caractérisée par une adhésion irrationnelle au dogme de l'existence de Dieu. Or il est patent qu'une telle existence est impossible à attester sur le plan de l'expérience sensible et qu'elle est indémontrable sur le plan du raisonnement scientifique. [...]."

"En la matière, seul le scepticisme est une attitude pertinente : la seule chose que je sais de Dieu, c'est que je ne sais pas s'il existe. Mais une telle prudence agnostique vire aisément à l'athéisme résolu, pour peu que l'on prenne conscience de l'obscurantisme religieux en matière de connaissance scientifique : non contentes d'affirmer une existence impossible à prouver, les religions se sont constamment opposées aux progrès de la connaissance humaine, comme l'attestent les exemple de Galilée, qui dut se parjurer et renoncer officiellement à l'héliocentrisme pour sauver sa vie (1), et de Darwin, dont la théorie de l'évolution est encore remise en cause aujourd'hui par les fondamentalistes. Non seulement les religions prétendent connaître l'inconnaissable, mais elles refusent même de reconnaître le connaissable."

"Le verdict s'aggrave si l'on prend en compte les conséquences morales et politiques des grandes religions : en prenant parfois beaucoup de libertés avec les paroles des fondateurs, elles se sont transformées en institutions sociales exerçant une domination tyrannique sur les hommes. Retardant les avancées scientifiques et les progrès politiques, engluant les peuples dans un conservatisme tous azimuts, elles ont fait d'une illusion théorique une redoutable menace pour la liberté et l'égalité des hommes. Plus grave, elles ont fait de l'homme un lâche, incapable d'affronter la réalité sans le secours d'une croyance en une vie meilleure dans l'au-delà."

"[...]."

NOTE JMS :

(1) L'Eglise ne l'a d'ailleurs réhabilité qu'en 1992 !

__________________________________________________

"Il fut un temps où il était impossible d'être incroyant. L'historien Lucien Febvre (1) l'avait bien montré dans Le Problème de l'incroyance au XVIe siècle (2) : Rabelais (3) pouvait critiquer vertement l'Eglise et les curés, mais il ne pouvait être athée, c'était hors du cadre mental de l'époque."

"Aujourd'hui, à l'heure des ordinateurs et de la physique quantique, on peut se demander comment il est encore possible de croire. [...]."

"Une réponse à cette énigme est peut-être la suivante : en réalité, la plupart des croyants d'aujourd'hui ne croient pas vraiment aux dogmes de leur propre religion. [...]."

"Très tôt, les théologiens juifs, chrétiens et musulmans ont produit des interprétations distanciées des textes sacrés. A La lecture littérale de la Bible ou du Coran, on peut substituer des lectures morales, spirituelles, existentielles ou métaphysiques. [...]. Pour beaucoup de croyants aujourd'hui, les dogmes comptent moins que les messages - l'amour, la paix, le bien, la joie, la justice, etc. On adhère à des valeurs plus qu'à un corpus de dogmes."

"Il est aussi des gens pour qui la présence de leur dieu est plus importante que son existence. Je m'explique. Une amie fervente chrétienne m'a expliqué un jour que Jésus était pour elle comme un "ami imaginaire". La présence de ce compagnon virtuel à ses côtés le soutenait et comptait plus pour elle que de savoir s'il existait vraiment ou non, ce dont elle n'était pas vraiment sûre. Après tout, n'est-ce pas ce que l'on fait avec les héros de fiction : leur "présence" comme soutien moral ou comme modèle de vie ne signifie pas leur existence effective. Les religions au XXIe siècle ont cette capacité d'accueillir en leur sein de multiples types d'expérience et d'engagement [...] et de multiples degrés d'adhésion [...]. Voilà une raison de leur permanence. [...]."

Jean-François Dortier (4) : "Comment peut-on être croyant ?" : éditorial du mensuel Sciences Humaines : Croire en Dieu aujourd'hui. Panorama des religions en France, avril 2020, n° 324, p. 5.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Febvre, https://www.babelio.com/auteur/Lucien-Febvre/15976, https://www.college-de-france.fr/site/lucien-febvre/index.htm, https://data.bnf.fr/fr/11902460/lucien_febvre et https://www.franceculture.fr/personne-lucien-febvre

(2) Le titre exact est : Le Problème de l'incroyance au XVIe siècle. La religion de Rabelais, Albin Michel, 2003 (1ère éd. 1942).

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/François_Rabelais, http://classes.bnf.fr/dossitsm/b-rabela.htm, https://www.babelio.com/auteur/Francois-Rabelais/2223, http://www.cosmovisions.com/Rabelais.htm et https://www.franceculture.fr/personne-francois-rabelais.html 

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-François_Dortier, https://www.babelio.com/auteur/Jean-Francois-Dortier/4430, https://www.dortier.fr et https://www.franceculture.fr/personne/jean-francois-dortier

 

repentance

"Il n'est pas sûr que, dans la conscience collective de l'Europe, l'esclavage des Nègres et la colonisation aient jamais véritablement été considérés, d'un point de vue moral, politique et juridique, comme des crimes. Il y eut certes, à l'époque, des hommes et des femmes de bonne volonté, ou des mouvements qui s'élevèrent contre ces atrocités. Je pense en particulier à quelques figures connues, aux mouvements abolitionnistes, aux différentes organisations philanthropiques, voire à des partis ouvertement anticolonialistes. Mauvaises consciences de leur temps, ils étaient cependant bien isolés, à contre-courant du sens commun. Car il faut savoir que pour que l'esclavage des Nègres et la colonisation soient admis dans la culture comme des choses naturelles, il a fallu entreprendre un énorme travail visant à inculquer à l'Européen ordinaire l'idée selon laquelle ces gens étaient différents ; et que la violence à laquelle ils étaient soumis n'était guère scandaleuse ; qu'elle visait en réalité leur bien. Des dispositifs ont été mis en place, dont la fonction était d'accoutumer les Européens au racisme. L'histoire de ces dispositifs, de cette socialisation et de cette accoutumance au racisme est très peu connue, et rares sont ceux qui s'y intéressent. Alors, aujourd'hui, on entend dire ça et là, y compris dans les milieux dits "de gauche", qu'il faut en finir avec la repentance. La vérité est qu'à supposer qu'il y ait jamais eu d'appel à la repentance, personne ne s'est jamais en réalité repenti parce qu'au fond, on a toujours estimé qu'il n'y avait aucune raison de le faire. Ce qui me frappe, par conséquent, c'est le déni de responsabilité ; le poids de l'ignorance et la force de l'indifférence. [...]."

Achille Mbembe (1) in : La Vie Le Monde "L'histoire de l'Occident. Déclin ou métamorphose ?", VIIe partie "Le déclin de l'Occident ?" (Hors-série n° 11, 2014, p. 174).

NOTE JMS :

(1) Professeur d'université né au Cameroun en 1957. A notamment publié De la postcolonie. Essai sur l'imagination politique dans l'Afrique contemporaine (Karthala, 2000), Sortir de la grande nuit. Essai sur l'Afrique décolonisée (La Découverte, 2010) et Critique de la raison nègre (La Découverte, 2013). 

IIIe République

"Les discrètes enveloppes remises aux journalistes et les liasses de billets destinés à soutenir les titres amis sont l'une des principales utilisations des fonds secrets sous la IIIe République."

Les dossiers du Canard enchaîné n° 153 : Macron contre Macron, oct. 2019, p. 125.

réseau

"Structurellement, la franc-maçonnerie est un réseau, puisqu'elle met en contact des gens entre lesquels s'est établi des liens. [...]. Ils ne se connaissaient pas et désormais il y a, entre eux, un lien qu'on qualifie de fraternité."

Roger Dachez (1)

in Mes questions à... La franc-maçonnerie, de Serge Moati et Alice Cohen (France, 2014).

NOTE JMS :

(1) Roger Dachez est né en 1955. Il est médecin, historien, franc-maçon et chargé de cours à l'Université Denis Diderot. Il a beaucoup écrit sur la franc-maçonnerie et dirige la revue d'études maçonniques Renaissance Traditionnelle.

résignation

"La seule présence de Jehanne (1) dans notre histoire (2) nous interdit la résignation."

Philippe de Villiers (3) : Jehanne et le sursaut français in Valeurs actuelles n° 4315-4316 du 8 au 21 août 2019, p. 31.

NOTES JMS :

(1) Jeanne d'Arc.

(2) ...de France.

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_de_Villiers

Alain Resnais

"Il y a beaucoup de gens qui aiment le cinéma, mais peu de gens que le cinéma aime. Resnais, le cinéma ne l'aime plus, alors qu'il aille se faire pendre."

Jean-Luc Godard

SOURCE :

Gérard Pangon : Sauve qui peut, Godard : article paru dans le Télérama n° 2515 du 25 mars 1998, p. 156, à propos de l'émission de France Culture, A voix nue, diffusée du 30 mars au 3 avril 1998.

restaurant

"Selon le livre Guinness des records (1), la Maison Botin, dont la fondation remonte à 1725, est le plus vieux restaurant du monde ainsi que l'une des références pour tous ceux qui veulent goûter la meilleure cuisine traditionnelle de Madrid."

Citation extraite de : https://www.botin.es/fr/accueil (2)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_Guinness_des_records et https://www.guinnessworldrecords.com

(2) Francisco Goya a (ou aurait ?) même travaillé dans ce célèbre restaurant avant de devenir l'immense artiste que l'on connaît (différents sites l'affirment, mais d'autres emploient le conditionnel ; quant à ses fonctions, tantôt il est dit qu'il est serveur, tantôt qu'il est aide-cuisinier).

retraite

"L'homme, lorsqu'il se laisse aller à lui-même, lorsqu'il se laisse aller au repos, perd son mordant, perd sa vigueur, et c'est pourquoi tant de gens, lorsqu'ils sont obligés de prendre leur retraite, voient leur vie très abrégée."

"Ce mot de "retraite" ne devrait pas exister. Il devrait y avoir pour tous les hommes le droit au travail jusqu'à leur mort."

Georges Simenon in Le Siècle de Simenon, documentaire de Pierre Assouline (France, 2013).

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"L'ALLEMAGNE VERSE-T-ELLE DES PENSIONS A D'ANCIENS COLLABOS FRANCAIS ?"

"Cinquante-quatre personnes, vivant en France, bénéficient d'une pension d'invalidité, dite "retraite nazie", versée par Berlin. Paris a voulu connaître leurs noms. Demande rejetée par l'Allemagne, au nom de la protection des données, ce qui entretient le doute sur ce pensionnés de guerre."

"LA REPONSE DE NIELS WEISE historien du Centre de recherches en histoire contemporaine à Munich."

"Bien qu'elle soit surnommée "retraite nazie", cette pension ne doit rien à Hitler mais à la République fédérale d'Allemagne. Elle a été votée en 1950 par les députés du Bundestag (1) afin d'indemniser les blessés de guerre, sans distinction de nationalité, pour leurs années de service sous le Troisième Reich. Les allocataires sont des civils qui ont travaillé pour l'armée allemande, des soldats enrôlés de gré ou de force à la Wehrmacht (2), mais aussi des Waffen-SS (3). Or, sur les neuf cent mille membres de la Waffen-SS, près de deux cent mille étaient des étrangers dont, en France, ceux de la "division Charlemagne". Après la guerre, ils étaient considérés par l'Allemagne comme des soldats à part entière."

"En 1993, un scandale a éclaté quand on s'est rendu compte que cent vingt-huit légionnaires lettons, coupables de massacres, touchaient cette allocation. Cela a obligé l'Allemagne à corriger sa loi : un amendement de 1998 prévoit de priver de pension toute personne responsable de crime contre l'humanité. Le Centre Simon-Wiesenthal (4) a estimé que soixante-dix mille allocataires devaient ainsi être rayés des listes. Or depuis, ils sont seulement quatre-vingt-dix-neuf à avoir été radiés. Rien n'exclut donc qu'en France d'anciens Waffen-SS ou des collaborateurs bénéficient encore de cette pension."

"Propos recueillis par Christophe Bourdoiseau"

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bundestag

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Wehrmacht

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Waffen-SS

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Wiesenthal et https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_Simon-Wiesenthal

SOURCE :

Télérama n° 3610 du 20 mars 2019, p. 16.

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Lu sur une pancarte lors d'une manifestation contre la retraite à points :

" Retraite à poing, mon point dans ta gueule !!! "

SOURCE :

Photographie parue dans Touche pas à mon modèle social. Entretien avec Eric Heyer (1) in Télérama n° 3648 du 11 décembre 2019.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://www.franceculture.fr/personne-eric-heyer.html

 

 

 

réussite

"Les médiocres se résignent à la réussite des êtres d'exception. Ils applaudissent les surdoués et les champions. Mais la réussite d'un des leurs, ça les exaspère."

Michel Audiard : Garde à vue (Claude Miller, 1981) (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikiquote.org/wiki/Garde_à_vue

SOURCE :

Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 13.

rêve

"Rêver (bien ou mal) est insipide (quel ennui que celui des récits de rêve !". En revanche, le fantasme aide à passer n'importe quel temps de veille ou d'insomnie ; c'est un petit roman de poche que l'on transporte toujours avec soi et que l'on peut ouvrir partout sans que personne y voie rien, dans le train, au café, en attendant un rendez-vous. [...]."

Roland Barthes : Roland Barthes par Roland Barthes, Ed. du Seuil, col. "écrivains de toujours", p. 90.

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"Ils ont échoué parce qu'ils n'ont pas commencé par le rêve."

Nicholas Shakespeare : La vision d'Elena Silves, Albin Michel, col. "Les grandes traductions", 1991, 308 p. (The Vision of Elena Silves, Harvill, 1989) (1).

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Shakespeare

Pierre Reverdy

"Cher monsieur Reverdy (1) que je n'ai pas l'honneur de connaître, il me semble que depuis que vous consacrez votre vie à la poésie, vous essayez de faire manger un peu de votre merde à tout le monde."

Francis Picabia : courrier à Pierre Reverdy

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Reverdy, https://www.espacefrancais.com/pierre-reverdy et https://www.mon-poeme.fr/citations-pierre-reverdy

SOURCE :

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 761. 

révisionnisme

"D'après l'abbé Pierre (1), qui soutient le révisionniste (2) Roger Garaudy (3) contre le Mrap (4), il n'est pas anormal de se poser la question de savoir si le massacre industriel des juifs d'Europe est bien un génocide (5)... Un peu comme si on lui demandait si les compagnons d'Emmaüs (6) ne blanchiraient pas de l'argent sale, plutôt que du linge, pour alimenter son compte en Suisse ! On peut toujours poser des questions... La mienne est idiote, la sienne est honteuse, et j'ai une réponse : les soi-disant révisionnistes (il faut bien leur donner un nom, bien qu'ils soient innommables) sont des antisémites congénitaux haineux. Rien d'autre."

Raymond Pascal, Fontainebleau : rubrique Ca va mieux en le disant in Télérama n° 2416 du 1er mai 1996, p. 6.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbé_Pierre et https://www.fondation-abbe-pierre.fr

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Révisionnisme

(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Garaudy et https://www.cairn.info/revue-cites-2011-3-page-215.htm

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/MRAP et https://www.mrap.fr

(5) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Génocide et https://www.cnrtl.fr/definition/g%C3%A9nocide

(6) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnon_d%27Emmaüs, https://emmaus-france.org et https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmaüs

révolte

"Qu'est-ce qu'un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s'il refuse, il ne renonce pas : c'est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de ce "non" ?"

"Il signifie, par exemple, "les choses ont trop duré", "jusque-là oui, au-delà non", "vous allez trop loin", et encore, "il y a une limite que vous ne dépasserez pas". En somme, ce non affirme l'existence d'une frontière. On retrouve la même idée de limite dans ce sentiment du révolté que l'autre "exagère", qu'il étend son droit au-delà d'une  frontière à partir de laquelle un autre lui fait face et le limite. Ainsi, le mouvement de révolte s'appuie, en même temps, sur le refus catégorique d'une intrusion jugée intolérable et sur la certitude confuse d'un bon droit, plus exactement l'impression chez le révolté, qu'il est "en droit de...". La révolte ne va pas sans le sentiment d'avoir soi-même, en quelque façon et quelque part, raison. C'est en cela que l'esclave révolté dit à la fois oui et non. Il affirme, en même temps que la frontière, tout ce qu'il soupçonne et veut préserver en-deça de la frontière. Il démontre, avec entêtement, qu'il y a en lui quelque chose qui "vaut la peine de...", qui demande qu'on y prenne garde. D"une certaine manière, il oppose à l'ordre qui l'opprime une sorte de droit à ne pas être opprimé au-delà de ce qu'il peut admettre."

Albert Camus : L'homme révolté, idées/gallimard, 1973, pp. 25-26.

révolution

Figaro (le mariage de) :

"Encore une des causes de la Révolution !"

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor astral, col. "Les Inattendus", 2015

riche

"Si l'on veut gagner sa vie, il suffit de travailler. Mais si l'on veut devenir riche, il faut trouver autre chose."

Alphonse Karr 1808-1890 (1) : Les Guêpes (revue satirique - 1839-1849 -).

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_Karr et https://www.mon-poeme.fr/citations-alphonse-karr

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 131.

Paul Ricoeur

" Du philosophe Ricoeur, le futur président retient la volonté de concilier les contraires, qui deviendra le fameux "en même temps" (1)."

in Les dossiers du Canard enchaîné n° 153 : Macron contre Macron, octobre 2019, p. 7.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/En_même_temps

 

ridicoculiser

"[...]. Mot-valise [...] formé par Edmond Rostand (1) sur ridicule et cocu : RIDICOCULISER v. tr. "rendre ridicule en faisant cocu"."

Dictionnaire historique de la langue française sous la direction d'Alain Rey, Dictionnaires LE ROBERT, juin 2012, tome 3.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Rostand et http://www.edmond-rostand.com

ridicule

"Je n'ai pas peur du ridicule."

Fanny Ardant (1)

SOURCE :

Cité en page de couverture du Télérama n° 2418 du 18 au 24 mai 1996 et en lien avec La folie Ardant : entretien de l'actrice avec Pierre Murat, pp. 28-32.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fanny_Ardant et http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-326/biographie

Arthur Rimbaud

"Lettre enflammée de Victor Hugo à Arthur Rimbaud :

"Poète admirable, je vous aime !"

Réponse goguenarde de Rimbaud à Hugo, par retour du courrier :

"Je sais que ce n'est pas facile, mais tâchez de m'oublier ; voyagez !"

SOURCE :

Jean Piat et Patrick Wajsman : Vous n'aurez pas le dernier mot ! Petite anthologie désinvolte des plus belles reparties, Albin Michel, 2006, p. 9.

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"Eugène Leroy a 15 ans. Un peu plus tard, il achète Une saison en enfer, de Rimbaud (1), qui sera le livre de sa vie."

Olivier Cena et Laurent Boudier : "Eugène Leroy (2) dans la lumière du Nord" in Télérama n° 2404 du 7 février 1996, p. 13.

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Rimbaud et https://www.poesie-francaise.fr/poemes-arthur-rimbaud  

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Eugène_Leroy, http://www.artnet.fr/artistes/eugène-leroy et http://www.eugeneleroy.com

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"Si je rencontre un type qui [n'aime pas Rimbaud], c'est terminé. Je sais que son appartement sera stupide, sa femme idiote et je n'aurai jamais rien à lui dire."

Michel Audiard

SOURCE :

"L'infréquentable. Une jeunesse française", par Arnaud Folch ; in Valeurs actuelles, hors-série n° 19 : La France d'Audiard, juin 2019, p. 22.

rire

 "[...] vous devriez d'abord apprendre l'art de la consolation terrestre, vous devriez apprendre à rire, mes jeunes amis, même si vous tenez à demeurer des pessimistes absolus. Peut-être un jour, en riant, enverrez-vous au diable toute cette consolation métaphysique, et la métaphysique elle-même pour commencer !"

Friedrich Nietzsche : "Essai d'autocritique", VII (1886) in  Textes divers sur la tragédie, La naissance de la tragédieIdées Gallimard, p. 180. Trad. Geneviève Bianquis.

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"[...] les gens accoutumés à ne voir dans la vie que des mots et que des apparences [...] ne voient pas de quelle tristesse sont faits certains éclats de rire."

Georges Courteline : La philosophie de Georges Courteline, éd. Mille et une nuits, mars 2009, p. 72.

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Le comte : "Qui t'a donné une philosophie aussi gaie ?"

Figaro  :"L'habitude du malheur. Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer."

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais : Le Barbier de Séville (acte I, scène 2), Folio/Gallimard, 1996, p. 49.

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"Vray est qu'icy peu de perfection

Vous apprendrez, si non en cas de rire ;

Aultre argument ne peut mon cueur elire,

Voyant le dueil qui vous mine et consomme :

Mieulx est de ris que de larmes escripre,

Pour ce que rire est le propre de l'homme (1)."

François Rabelais : Gargantua, "Aux lecteurs", Garnier-Flammarion, 1968, p. 41.

NOTE JMS :

(1) Cette idée avait été antérieurement développée par Aristote dans : Partie des animaux, livre III, chap. X. Il a même été soutenu que Rabelais s'en serait inspiré, ce dont on peut douter. Cf. notamment à ce sujet Daniel Ménager : La Renaissance et le rire, P.U.F., 1995, p. 13*.

* La première éd. de cet ouvrage est sortie le 1er avril. Ca ne s'invente pas !

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Dans un encadré TV.com consacré au documentaire de Jacques Mitsch intitulé : Une histoire naturelle du rire (France-Italie, 2011, 50 mn), on peut lire la chose suivante :

"Des spécialistes de différentes disciplines contribuent depuis quelques décennies à l'élaboration d'une très sérieuse science du rire. Le neurobiologiste Robert Provine, mondialement reconnu, étudie le sujet depuis près de vingt ans. Interviewé dans ce documentaire, il décrit le pouvoir émotionnel et social du rire. L'étudier implique de s'intéresser aussi à la neurobiologie de l'empathie, mise en lumière par le chercheur Giacomo Rizzolatti. De leur côté, des éthologues comme Jan van Hoff et Marina Davila Ross - chatouilleuse émérite ! - ont observé chez le singe et le bébé les mécanismes de construction et d'évolution du rire, apparemment génétiques. D'après Marina Davila Ross, les humains rient depuis plus de dix millions d'années. Le réalisateur donne aussi la parole à Jakk Panksepp qui, lui, préfère titiller la panse des rats."

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"Le rire est satanique, il est donc profondément humain."

Charles Baudelaire : "De l'essence du rire et généralement du comique dans les arts plastiques", in Oeuvres complètes, tome II, Gallimard, col. "Bibliothèque de la Pléiade", 1976, p. 532.

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"Fuis du plus loin la Pointe assassine,

L'Esprit cruel et le Rire impur."

Paul Verlaine : Art poétique

SOURCE :

Robert Kopp (1) : "La caricature, une "fleur du mal" " in La Revue Des Deux Mondes : Le rire est-il mort ?, juillet-août 2018.

NTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Kopp

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"Le rire est du mécanique plaqué sur du vivant."

Henri Bergson (1) : Le Rire (1900)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Bergson

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 67.

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"[...]. Le rire en groupe est fasciste : des gens se choisissent un bouc émissaire. Et c'est insupportable." [...]."

Fanny Ardant in La folie Ardant : entretien avec Pierre Murat (Télérama n° 2418 du 15 mai 1996, p. 32).

 

 

robinet

"Parmi nos article de quincaillerie paresseuse, nous recommandons un robinet qui s'arrête de couler quand on ne l'écoute pas."

Marcel Duchamp : Duchamp du Signe, Flammarion, 1975.

SOURCE :

Roger Dadoun : Duchamp Ce Mécano qui Met à Nu, Hachette, 1996, p. 116.

nouveau roman

"Le nouveau roman (1)... on nous a aussi dit que nous formions l'école du regard. Notre seul point commun était le refus du personnage et de l'intrigue que nous trouvions dépassés. Pour le reste... Rien à voir entre l'extériorité revendiquée de Robbe-Grillet (2) et ma démarche très intérieure."

Nathalie Sarraute

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouveau_roman, https://www.espacefrancais.com/le-nouveau-roman, https://www.babelio.com/livres-/nouveau-roman/2639 et https://www.franceculture.fr/litterature/le-nouveau-roman-en-5-grands-principes

(2 ) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Robbe-Grillet, https://www.babelio.com/auteur/Alain-Robbe-Grillet/3129, https://www.espacefrancais.com/alain-robbe-grillet, http://www.leseditionsdeminuit.fr/auteur-Alain_Robbe_Grillet-1445-1-1-0-1.htmlhttp://www.academie-francaise.fr/les-immortels/alain-robbe-grillet et https://www.franceculture.fr/personne-alain-robbe-grillet.html

SOURCE :

Michèle Gazier : L'aventurière intérieure in Télérama n° 2598 du 27 octobre 1999, p. 68.

roman

"Cet art que l'on fait en allant deux mois ou deux ans à la Côte d'Azur, à Manton ou ailleurs, et à penser, ce n'est pas cela le roman. Le roman, c'est un romancier, c'est-à-dire d'avoir dans la peau des personnages, d'avoir le besoin de vivre avec d'autres personnages en soi."

"Ce n'est pas non plus de décider qu'on va prendre une écriture artiste. Maintenant, c'est l'objet ; le personnage ne doit plus exister. Ca fera peut-être quelque chose un jour, mais le romancier est un artisan avant tout et qui, tout simplement, perfectionne son outil au jour le jour."

Georges Simenon in Le Siècle de Simenon, de Pierre Assouline (France, 2013).

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"J'arriverai peut-être un jour à écrire un roman tel que je le conçois, c'est-à-dire sans aucun artifice, sans que rien ne sente le coup de pouce, sans que rien ne sente la description, l'analyse, etc. Parvenir à faire vivre, sous les yeux du lecteur, des gens tels qui sont et dans une vérité tellement vraie, tellement profonde, que tout le monde puisse s'y reconnaître. Voilà mon rêve."

Idem ci-dessus.

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"[Le petit père André (1)] tentait de décourager les femmes de lire des romans, ce genre moderne qui commençait à faire fureur. Mais il avouait ainsi son impuissance : "J'ai beau les faire quitter à ces femmes, dès que j'ai tourné le cul elles ont le nez dedans."."

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Ed. Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 38.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/André_Boullanger

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"Balzac invente la réapparition des personnages d'un roman à l'autre. Une idée simple mais révolutionnaire."

Gilles Macassar : Balzac, roi du casting (1), in Télérama n° 2578 du 9 juin 1999, p. 92.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Honoré_de_Balzac, https://www.babelio.com/auteur/Honore-de-Balzac/25532https://gallica.bnf.fr/essentiels/balzac et  http://hbalzac.free.fr

romantisme

"Le romantisme est un produit du christianisme : une religiosité exhubérante, une vénération romanesque pour la femme et une bravoure chevaleresque, par conséquent, Dieu, la dame et l'épée : voilà les signes distinctifs du romantisme."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, pp. 141/142).

Roms

Dans le quotidien Lille + n° 843 du mardi 6 avril 2008, on peut lire à la rubrique EUROPE un texte intitulé Journée mondiale des Roms et dont voici le contenu :

"Les Roms célèbrent, chaque 8 avril depuis 1971, leur journée internationale. Ils forment la première minorité transnationale d'Europe, avec 8 à 10 millions de personnes réparties dans tous les Etats membres. Leur nom ne vient pas de la Roumanie, où vivent la plupart d'entre eux, mais du terme tzigane "rom", qui signifie "homme". Arrivés du nord de l'Inde au XIVe siècle, ils ont été tenus en esclavage dans certains pays jusqu'au milieu du XIXe siècle. Plus de 500 000 d'entre eux ont été exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui encore, leur situation reste précaire. "On dispose d'indications claires attestant que la discrimination raciale constitue une entrave puissante à l'accès des Roms au marché de l'emploi", soulignait en 2004 un rapport de la Commission européenne. De son côté, la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance, mise en place par le Conseil de l'Europe, demandait cette même année à ce que soit arrêtée d'urgence en Bulgarie "la pratique consistant à envoyer un fort pourcentage d'enfants roms dans les écoles spéciales, normalement prévues pouur les enfants handicapés mentaux." "

 

Pierre de Ronsard

"Ridicule avec ses mots grecs et latins."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor Astral, col. "Les Inattendus", 2015.

rose

"La rose est sans pourquoi (1), elle fleurit parce qu'elle fleurit,

 Elle ne prête pas attention à elle-même, elle ne se demande pas si on la voit."

 Angelus Silesius : Le pélerin chérubinique, Cerf et Albin Michel éd., col. Sagesses chrétiennes, 2007, p. 97 (Livre I, 289). Trad. Camille Jordens.

 NOTE DU TRADUCTEUR :

 (1) Ohn warumb est un terme technique de la mystique spéculative dominicaine médiévale et particulièrement d'Eckhart. Mais on la trouve déjà chez la mystique flamande Beatrijs van Nazareth (près de Lierre) (? - 1268). La source du "sans pourquoi" est à chercher du côté de Bernard de Clairvaux Serm. in Cant. 83, 4 : "Amo quia amo, amo ut amen" (j'aime parce que j'aime, j'aime pour aimer)" (p. 97).

NOTE JMS :

(1) A lire, entre autres choses, à propos de ces vers : Martin Heidegger, Le principe de raison, NRF Gallimard, 1962, chap V ("La rose est sans pourquoi"), pp. 97-111. Trad. André Préau.

Trad. dans ce chapitre :

"La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu'elle fleurit,

 N'a souci d'elle-même, ne désire être vue."

 (cité 2 fois : d'abord p. 103, puis p. 104).

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"Quand j'ai dit :

 Une rose est une rose est une rose est une rose. Et l'ai fait ensuite rimer j'ai fait de la poésie et qu'ai-je fait j'ai caressé vraiment caressé un nom et lui ai parlé."

 Gertrude Stein, How to write, in Lectures en Amérique. Cité dans Poésure et peintrie, éd. RMN, avril 1998, p. 509.

 

rosier

"On dit que plus un rosier souffre et plus il donne de belles roses. Les jardiniers le savent, qui en plantant cet arbuste lui flanquent rituellement quelques coups, du plat de la pelle. [...]."

Lydie Dattas : La chaste vie de Jean Genet, N.R.F. Gallimard, juin 2006, 224 p.

Tino Rossi

"[...]. Voyez, j'ai pas honte de l'avouer en public. J'ai 45 ans. J'suis plus un gamin. J'vous jure que c'est vrai. Le jour de la mort de Brassens, j'ai pleuré comme un môme, alors que je sais pas pourquoi mais, le jour de la mort de Tino Rossi, j'ai repris deux fois des moules. [...]."

Pierre Desproges : Dernières volontés, album En scène au théâtre Fontaine (1984), chez Tôt ou tard (janv. 2002).

rouge

"LAISSONS LA PEUR DU ROUGE AUX BETES A CORNES."

Slogan de l'époque de mai 68

Cité dans Beaux-Arts Hors-Série n° 45 : MAI 68 LA REVOLUTION DES IMAGES DE A à Z, avril 2018, p. 183.

Jean-Jacques Rousseau

Dans un courrier à Télérama du 18 juillet 2012 (n° 3262, p. 16), Anne-Sarah Moalic (docteure en histoire contemporaine, université de Caen - Basse-Normandie) fait remarquer, à propos de Rousseau, la chose suivante :

« (…) j’ai un a priori négatif sur le "promeneur solitaire’’, dont les Rêveries m’avaient profondément agacée quand j’étais au lycée. Lorsque j’ai rédigé ma thèse sur le vote des femmes en France, je suis allée consulter l’ Emile, puisque sa pensée a en effet eu une grande influence sur la pensée française. Or, au côté d’Emile, il y a Sophie. Et quand Rousseau parle des "enfants’’, il sous-entend "les garçons’’. Penseur de l’égalité, le sexe est une limite qu’il ne franchit pas. "Le mâle n’est mâle qu’en certains instants, la femelle est femelle toute sa vie ou du moins toute sa jeunesse’’, écrit-il, n’ayant pas de mots trop durs pour les femmes, forcément extrêmes, outrées, flatteuses, dissimulées, ridicules dès qu’elles veulent "usurper’’ la place des hommes. Cela se ressent bien sûr dans leur éducation, et Sophie n’est pas à la même école de liberté qu’ Emile. Rousseau, éclairé ? Oui, mais encore à la bougie. Je ne dénonce pas son attitude, commune à la majorité des hommes et des femmes de son temps. Seulement, il me semblait important de ne pas oublier cet aspect-là de sa pensée. »