Dictionnaire des citations


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Japonais

" [...] En 2013, en visite à Tokyo, François Hollande rappelle que dix Japonais ont péri dans l'attaque d'un site gazier en Algérie. "J'ai exprimé les condoléances du peuple français à l'égard du peuple chinois", dit le président français en conférence de presse avec le Premier ministre Shinzô Abe. Après avoir confondu les deux peuples ennemis, Hollande a poursuivi comme si de rien n'était."

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 37.

jardin

"Hermann Hesse était randonneur et le restera, mais [...] il est aussi jardinier et le jardinage, motivé par une vie plus proche de la nature, devient pour lui une activité de méditation, une école de pensée et une source d'inspiration."

"Dans mon petit jardin, je sème haricots, salades, résédas et cresson, en attendant joyeusement le printemps, et quand je les nourris des restes des plantations précédentes, j'ai toujours une pensée pour elles et pour celles à venir. Comme tout le monde, j'accepte ce cycle bien ordonné de la nature comme une évidence et une chose foncièrement belle. Et quelquefois seulement, au moment où je sème ou récolte, il m'arrive de me dire quelques instants combien il est étrange que, de toutes les créatures de la Terre, seuls nous, les hommes, ayons quelque chose à redire à cet ordre des choses et ne soyons pas satisfaits de l'immortalité universelle et que nous en voulions une particulière, rien que pour nous."

Hermann Hesse

SOURCE : Andreas Christof Schmidt : Hermann Hesse Der Weg nach innen (Hermann Hesse Voyage intérieur), Schmidt et Paetzel Fernsehfilme, SWR, en col. avec arte SWR, 2012.

Jean Jaurès

Cette "icône républicaine s'illustra d'abord par ses diatribes contre les Juifs qui, "par l'usure, par l'infatigable activité commerciale et par l'abus des influences politiques, accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique" (La Dépêche de Toulouse, 1er mai 1895). Dans un discours de 1898 au Tivoli Vaux-Hall, il dénonçait cette race dévorée par la fièvre du gain et du prophétisme : "Nous savons bien qu'elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corruption et d'extorsion". Jaurès s'apaisa, après avoir, selon Gustave Hervé (1), trouvé le financement de son nouveau journal, L'Humanité, auprès de bailleurs de fonds juifs. Il créa ensuite la Section française de l'Internationale ouvrière, restant résolument colonialiste et pacifiste, ce qui attisait la haine de Clémenceau et de la droite. [...]."

François Xavier Testu : Le Bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, pp. 501/502.

NOTE JMS :

(1) Gustave Hervé (1871-1944) est un homme politique français qui passa du socialisme au fascisme, mais garda toutefois toute sa vie ses convictions philosémites.

Jean de La Fontaine

"Jean de La Fontaine était un homme affable."

Auguste Derrière : Les mites n'aiment pas les légendes, Le Castor Astral / Maison PoaPlume, 2013, p. 54.

Préface de Albert Muddah. Avec la participation exceptionnelle de Plonk et Replonk.

jésuite

"Un jésuite demande son chemin à un passant.

- Pour aller à la cathédrale ?

- Oh ! fait l'autre, je ne crois pas que vous puissiez y arriver. C'est tout droit."

in Hervé Nègre : Dictionnaire des histoires drôles, Librairie Arthème Fayard, 1973 ; rééd. Le Livre de Poche n° 4054, 1974, vol. II, J à Z, p. 60, histoire n° 1386.

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"Mais enfin, mon révérend Père, dit un franciscain à un jésuite, pourquoi répondez-vous toujours aux questions par des questions ?"

"Et pourquoi pas ? dit le jésuite."

in Hervé Nègre : Dictionnaire des histoires drôles, Librairie Arthème Fayard, 1973 ; rééd. Le Livre de Poche n° 4054, 1974, vol. II, J à Z, p. 61, histoire n° 1391. 

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Sur la place de Rome où se trouve le collège des Jésuites, le vent souffle en permanence. Les Romains l'expliquaient ainsi : "Un jour le diable et le vent se promenaient ensemble. Passant devant le collège des Jésuites, le premier dit au second : "Attends-moi là : je vais entrer parce que j'ai deux mots à leur dire.""

"Il y est encore."

François Xavier Testu : Le bouquin des méchancetés et autres traits d'esprit, Robert Laffont, col. "Bouquins", 2014, p. 1147.

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"[...]. Loyola a pris le nom véritable qui appartenait à son ordre : jésuites. Il avait certainement étudié et compris la véritable force du christianisme, celle qui l'avait fait maître du monde et, en s'appelant jésuite, il rendait hommage au génie du fondateur chrétien. Il est entré dans ses voies plus que nul autre avant lui. Il est, par excellence, l'homme de la religion du Christ et la milice des Jésuites, la véritable milice du christianisme."

(Bibl. Nat., Mss.fr., N.A. 9.591, f° 16-17.)

Auguste Blanqui : Ni Dieu ni Maître, Aden, col. "opium du peuple", Bruxelles, 2009, pp. 64-65.

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"Perinde ac cadaver"

Comme un cadavre.

Expression par laquelle saint Ignace de Loyola, dans ses Constitutions, prescrit aux Jésuites la discipline et l'obéissance à leurs supérieurs, sauf dans les cas où la conscience le défend.

Les pages roses du Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013, p. 1229.

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Dans son livre intitulé Martin Heidegger. Catholicisme, révolution, nazisme (1), Guillaume Payen (2), à propos des liens que Martin Heidegger a entretenu avec les jésuites, écrit ceci :

"[...] Au mois de septembre 1909, son projet n'était plus simplement le  projet que son pays natal lui avait tracé : sa famille, en particulier sa mère, le prêtre de Messkirch (3) Camillo Brandhuber, son mentor et ancien recteur de petit séminaire à Constance Conrad Gröber, tous le destinaient à la prêtrise. Le bénéfice d'une bourse Eliner supposait en outre qu'il s'inscrivît en théologie à l'université de Fribourg. Or, le 30 septembre 1909, Heidegger devint novice de la Compagnie de Jésus, à Tisis, près de Feldkirch, dans le Voralberg, cette région de l'extrêmité occidentale de l'Autriche qui donne sur le lac de Constance. [...]. Heidegger déviait du chemin à lui  tracé : certes "résolu dans le choix de la carrière ecclésiastique", il se sentait "enclin à la vie dans les ordres" [et] aurait pu demander à être novice à [l'abbaye de] Beuron (4) ; il préféra les jésuites, cette élite des soldats du Christ qui défendait la foi catholique et romaine par la foi et par la plume."

'[Mais] Heidegger quitta la Compagnie de Jésus dès le 13 octobre [...]. Après deux semaines réglementaires de probation [...], il avait été reconnu inapte ; une randonnée en montagne, sur Äple, près de Feldkirch, aurait rendu manifeste des troubles cardiaques. [...]. Il souffrait effectivement au coeur, d'un mal de nature psychosomatique ; ces troubles cardiaques "d'origine nerveuse" se manifestèrent particulièrement à des moments clés de sa jeunesse comme le fut l'entrée chez les Jésuites."

NOTE JMS :

(1) Paru en 2016 chez Perrin (678 p.).

(2) Guillaume Payen est né en 1979. Il est titulaire d'une maîtrise en philosophie (sur Sénèque) et d'un doctorat en histoire (sur Martin  Heidegger). Etudes post-doctorales à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah sur la question de l'antisémitisme chez Martin Heidegger. Chargé d'enseignement à l'Université de Paris-Sorbonne et à l'Institut catholique de Paris. Chercheur associé au CRM (Centre Roland Mousnier) et chef du pôle histoire du centre de recherche de l'EOGN [Centre des Officiers de la Gendarmerie nationale (situé à Melun, en Seine-et-Marne)]. 

(3) Ville où est né Martin Heidegger, baptisé en 1889 à l'église Saint-Martin dont son père était le sacristain.

(4) l'Abbaye de Beuron est une abbaye bénédictine, dans le Bade-Wurtemberg, consacré à Saint Martin de Tours.

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"C'est [à La Providence d'Amiens qu'Emmanuel Macron] a fait ses études et rencontré sa femme Brigitte, au club de théâtre. Avant lui, l'institution jésuite avait vu grandir le futur général Leclerc ou, quelques décennies plus tard, le journaliste Laurent Delahousse. [...]."

Enquête de Marie-Amélie Lombard-Latune in Le Figaro Premium du 30 mai 2017.

http://www.la-providence.net

jésuitique

"JESUITIQUE adj. 1. Relatif aux jésuites. 2. Péjor. Hypocrite : Argumentation jésuitique."

Le Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013.

jésuitisme

"JESUITISME n.m. 1. Système moral et religieux des jésuites. 2. Péjor. Hypocrysie doucereuse ; fourberie."

Le Petit Larousse illustré 2014, Larousse, 2013.

Jésus-Christ

"[...] ce nouveau numéro de Doc Stupéfiant [évoque] la représentation de Jésus à travers deux mille ans d'histoire. Petit rappel [...] : aucun passage du Nouveau Testament ne détaille l'apparence du Christ. D'ailleurs, l'Eglise fut tentée d'interdire les images de Jésus, mais ses représentants réunis au VIIIe siècle lors du synode de Nicée (1) y renoncèrent. [...]."

Jean-Baptiste Duchesne : encadré Télérama consacré à Jésus l'artiste !, documentaire d'Aurélia Perreau et Julien Beau (Fr., 2019, 1h30mn).

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxième_concile_de_Nicée

Jésus-Christ

"Le Verbe incarné (1) n'a jamais ri."

Charles Baudelaire : "De l'essence du rire et généralement du comique dans les arts plastiques" in Oeuvres complètes, tome II, Gallimard, col. "Bibliothèque de la Pléiade", 1976, p. 527.

NOTE JMS :

(1) Jésus-Christ, selon la religion chrétienne.

jeu

"Qui montre son jeu risque de le perdre."

Baltasar Gracian : L'Homme de cour (1647)

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 108.

jeu de cartes

"Le besoin d'exciter l'esprit se manifeste tout particulièrement dans le fait d'avoir inventé et de maintenir le jeu de cartes, qui exprime vraiment le côté pitoyable de l'humanité."

"Dans tous les pays, le jeu de cartes est devenu l'occupation principale de toute la société : il est la mesure de la valeur de celle-ci et la faillite déclarée de toutes les idées. Parce qu'ils n'ont pas d'idées à échanger, ils échangent des cartes et chacun tente de gagner des florins aux dépens des autres. Quelle pitoyable génération !"

"Le jeu de cartes a une influence démoralisante. Car l'esprit du jeu est de gagner pour prendre à l'autre, de toutes les manières possibles, par n'importe quelle ruse et n'importe quel pli, ce qui est à lui. Or, l'habitude de procéder ainsi dans le jeu s'enracine, se communique à la vie pratique, et on en arrive peu à peu à  faire la même chose pour ce qui est à moi et à toi, et à considérer comme permis chaque avantage que l'on tient en main à l'instant, pourvu que la loi l'autorise."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française par Eliane Kaufholz-Messmer, pp. 99/100).

Jeux Olympiques

"En 2016, Margarita Mamun (1), 20 ans, gymnaste rythmique, se prépare pour les Jeux Olympiques de Rio. L'athlète exécute son art avec la grâce d'une ballerine. Sa coach la cajole ou la rabroue à la façon d'une soeur aînée : il y a de l'affection et du respect entre elles. Toutes deux subissent les foudres de la présidente de la fédération russe de gymnastique rythmique au look improbable (robe à fleurs, talons aiguilles rouges, canotier sur chignon, ostentatoires bijoux et lunettes noires), incarnation diabolique à souhait de la "méthode russe". Soit la conviction qu'un athlète ne donnera le meilleur de lui-même que sous les insultes et les humiliations : "T'es qu'une merde, tu tremblais comme une feuille", "tu nous fais chier, tu représentes la Russie, pas tes potes !"..."

"Témoin de ce sadisme assumé, le spectateur prend fait et cause pour la talentueuse Margarita, dite Rita, se demandant quand la digue va céder. [...]."

Marie-Joëlle Gros : encadré Télérama consacré au documentaire de Marta Prus : Limites (Pologne/Allemagne, 2017, 1h10).

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Margarita_Mamun

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"[...]. Fin août [1996, Jean-Marie Le Pen] affirme "croire à l'inégalité des races". Neuf jours plus tard, [il] persiste et signe sur Europe 1 : "Aux jeux Olympiques, il y a une évidente inégalité entre la race noire et la race blanche (...]. C'est un fait. Je constate que les races sont inégales. C'est une banalité (...). Je ne fais là qu'exprimer ce que pense tout le monde."

"Comment Le Pen a réussi son oral de matraquage" : article de Véronique Brocard in Télérama n° 2439 du 9 octobre 1996, p. 9.

journalisme

"[Jean-Luc Mélanchon (1)] s'est fait une spécialité dans la prise à partie de journalistes. "Allez au diable Madame Chabot", lance-t-il à Arlette Chabot (1) en 2009, coupable de ne pas lui laisser suffisamment la parole. A un étudiant en journalisme, il brocarde la "sale corporation de voyeuristes" avant de traiter le jeune de "petite cervelle". On l'entendra émettre des amabilités telles que "crétin" ou "vermine" à l'égard de journalistes."

Matthieu Verrier : Le contre-manuel de la politique, Tana éditions, avril 2016, p. 107.

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arlette_Chabot

journaliste

"Je demeure convaincu qu'un journaliste n'est pas un enfant de choeur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie."

Albert Londres : Terre d'ébène. La traite des Noirs, Albin Michel, 1929, 268 p. ; rééd. Le Serpent à Plumes, col. "Motifs", 1998, 280 p. et Arléa, 2008, 218 p.

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"Il paraît que la Constitution anglaise interdit à la souveraine de parler politique. La Constitution française est moins sévère ; elle ne l'interdit qu'aux journalistes." (1)

Henri Rochefort (1831-1913) (2)

SOURCE : Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 36.

NOTE JMS : 

(1) Commentaires du journal Le Monde (idem page ci-dessus) : "Après la chute de Napoléon III, Rochefort ne s'assagit pas, et glisse vers un nationalisme brouillon qui le conduira à soutenir Boulanger, à salir Dreyfus et à harceler la IIIe République, soutenu par une verve inextinguible [...]."

(2) Cf. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Rochefort

jubilation

"La propagande stalinienne veut faire croire que l'homme ne peut qu'être heureux, que la population vit dans le meilleur des pays et que le travail forcé pour le socialisme est une tâche héroïque et honorable."

"J'ai inventé une expression pour désigner cela : "les paysages de la jubilation". Des hommes et des femmes souriants et joyeux se promènent dans un univers que l'Etat s'est totalement approprié. Mais les gens sont tenus de jubiler. Ils sont mal vêtus, mal nourris, tout va mal, mais ils rient. Et pourquoi rient-ils ? Parce que le fait de ne pas rire est un message politique. En U.R.S.S., se présenter à une réunion avec la mine triste était interdit. D'une certaine manière, l'expression du visage était elle aussi devenue la propriété de l'Etat."

Mikhaïl Ryklin, philosophe.

Intervention dans le documentaire de Boris Rabin : La Fabrique du surhomme soviétique (Allemagne, 2009, 51 mn)

jugement

"C'est un grand malheur de juger les sentiments des autres par les siens, surtout lorsqu'on les a nobles et généreux."

Christine de Suède 1626-1689 (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Christine_de_Suède et https://www.mon-poeme.fr/citations-christine-de-suede

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 167.

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"Juger, c'est de toute évidence ne pas comprendre puisque, si on comprenait, on ne jugerait pas."

André Malraux 1901-1976 (1)

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/André_Malraux , https://www.histoire-image.org/fr/etudes/andre-malraux-ecrivain-engage et https://dicocitations.lemonde.fr/auteur/2886/Andre_Malraux/20.php

SOURCE :

Idem ci-dessus, p. 169.

Juif

"...] Il y a comme ça des arrêts dans la vie, des événements extérieurs qui m'ont complètement changé. D'abord, cette misère généralisée, celle dont ma mère a été victime. Et puis la Dernière Guerre, les Juifs. Jamais, jamais je m'en remettrai. Et je suis sûre que ma dernière pensée avant la mort sera celle-là. Je ne peux pas du tout surmonter cet obstacle. Et mon effarement total alors, ma plus grande surprise, c'est que 99 % des gens n'y pensent jamais."

Marguerite Duras dans Le Siècle de Marguerite Duras, de Pierre Assouline (France, 2012).

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"Fils d'Israël. Les Juifs sont tous marchands de lorgnettes."

Gustave Flaubert : Le Dictionnaire des idées reçues, Le Castor Astral, col. "Les Inattendus", 2015.

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"[...]. En Egypte, après avoir volé sur ordre spécial de Jéhovah les vases d'or et d'argent prêtés par ses vieux amis, qui lui faisait confiance, [le peuple élu de Dieu] entreprit, Moïse le meurtrier à sa tête, sa marche semée de brigandages et de crimes vers la Terre bénie, pour arracher cette "Terre promise" à ses propriétaires légitimes, sur l'ordre explicite et récurrent du même Jéhovah de ne surtout pas céder à la pitié, assassinant sans ménagement aucun et exterminant tous les habitants, même les femmes et les enfants (Josué, chapitres 10 et 11) - simplement parce qu'ils n'étaient pas circoncis et ne connaissaient pas Jéhovah, raison suffisante pour justifier toutes les horreurs ; tout comme on nous raconte fièrement, pour la même raison, l'infâme scélératesse auparavant du patriarche Jacob et de ses élus contre Hamor, le roi de Salem, et son peuple (1 Genèse 34), justement parce que ces gens étaient des incroyants."

Arthur Schopenhauer : Die Kunst zu beleidigen, Verlag C.H. Beck, oHG, München, 2002 (L'art de l'insulte, Ed. du Seuil, 2004, pour la trad. française, pp. 91/92).

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- "[...]."

- "C'est pour une enquête, dit Maurice. On est chargé par le ministère de la repopulation d'interroger les bouseux sur ce qu'ils pensent de la chasse aux adjoints."

- "De la chasse aux... dit Wack. Puis il comprit. "Et les youpins, qu'est-ce qu'ils en pensent ?" dit-il d'un ton agressif."

"Maurice était juif (1). C'était pour cela que les paysans de l'escadron ne l'aimaient pas. Les paysans et les officiers. Les officiers aimaient bien les paysans parce qu'ils étaient faciles de les commander et qu'ils soignaient bien les chevaux. Les paysans n'aimaient pas beaucoup les officiers mais ils les craignaient et ils les respectaient. Mais les uns et les autres avaient suffisamment d'instruction pour savoir qu'il fallait détester les juifs."

"Les youpins sont exempts de réponse, dit Maurice sans sourciller. Tu sais bien qu'ils ont déjà tué le petit Jésus. Alors comment veux-tu qu'ils s'intéressent aux adjoints ? Ils laissent ça aux bouseux."

Claude Simon : Le cheval, les éditions du Chemin de fer, 2015, pp. 27/28. Postface de Mireille Calle-Gruber.

- "[...]."

NOTE JMS :

(1) Dans le récit de Claude Simon, Maurice est juif et Parisien (cf. p. 26 de l'ouvrage).

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- "[...]."

- "Oh ! dit-il, [j'marche] pas dans leurs bourrages de crâne, moi, vous savez."

- "Oui, dis-je. Vous avez bien raison, il ne faut marcher dans aucun bourrage de crâne."

- "Moi, j'lis, dit-il. J'ai d'l'instruction et de la lecture."

- "Oui, dis-je."

- "Je ne m'en cache pas, dit-il. Je n'ai pas peur de le dire. Je suis un bon Français, mais ça m'empêche pas que je me demande qu'est-ce qu'on va faire dans cette guerre pour des Polonais qu'on a seulement jamais vus."

- "Peut-être qu'ils n'existent même pas ? dit Maurice. Peut-être même que c'est un nom qu'on a inventé comme ça rien que pour nous faire marcher ?"

"L'homme se mit à rire."

"Vous alors, vous êtes marrant. J'vois ce que vous êtes. Eh bien, je vais vous dire, moi : qu'est-ce qu'on en a à foutre de la Pologne, hein ? Je vais vous dire : cette guerre c'est les Anglais qui nous obligent à la faire, c'est le capitalisme anglais et les juifs !"

- "Comme vous dites, dit Maurice (1). Ces sales youpins !"

- "Pas de danger que vous trouviez un Anglais là où c'est qu'on se fait tuer, dit l'homme. On l'a bien vu en quatorze. Et pas de danger non plus que vous soyiez un de ces youpins avec ce que vous avez sur le dos. Sont tous à l'arrière à se remplir les poches pendant que vous êtes là à faire le zouave."

- "Le dragon, dit Maurice. Il paraît que nous sommes un régiment de dragons. [...]. Mais ça ne fait rien : je suis bien d'accord, zouave ou dragon vous ne verrez jamais un youpin assez bête pour..."

"[...]."

Claude Simon : idem ci-dessus, pp. 32/33.

NOTE JMS :

(1) Cf. note ci-dessus.

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- "[...] tu me casses les pieds. Qu'est-ce que tu veux ?"

- "Voilà, dit [Maurice (1)] : à ton avis, qu'est-ce que tu crois qui vaut le plus cher : la peau d'un cheval ou la peau d'un juif ?"

- "Il faudrait avoir les cours de la Bourse, dis-je. Ma concierge ne me fait pas suivre la cote."

- "Mais comme ça, à vue de nez ?"

- "Tu sais ce que c'est que la Bourse, dis-je. C'est une question de circonstances."

- "Enfin quand même, dit-il. Il y a des trucs qui ne changent pas. Par exemple le veau coûte plus cher que le boeuf, et le boeuf plus cher que le cochon, à moins que ce ne soit le contraire. Mais sur tous les champs de foire on sait ça."

- "Juste, dis-je. Alors j'ai l'impression qu'au foirail le kilo de cheval vaut plus cher que le kilo de juif."

- "C'est ce que je pensais aussi, dit-il."

- "Tu penses bien, dis-je."

Claude Simon : idem ci-dessus, pp. 38/39.

NOTE JMS :

(1) Cf. note ci-dessus.

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"Le juif renâcle à l'idée de se mélanger au peuple non élu... en dehors des heures d'ouverture de son magasin."

Pierre Desproges se donne en spectacle, Théâtre Grévin, 1986.

SOURCE :

"Shocking ! Ces plaisanteries que l'on n'ose plus faire" in Revue Des Deux Mondes : Le rire est-il mort ?, juillet-août 2018, p. 40.

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"A la fin de la guerre du Kippour (1), Golda Meir (2) dit à Kissinger (3) :

- "Je ne comprends pas comment vous, un Juif, osez me demander de ne pas faire prisonniers les soldats égyptiens que nous avons encerclés dans le Sinaï (4)."

- "N'oubliez pas que je suis d'abord citoyen du monde, puis Américain, puis Républicain, puis Juif."

"Réponse de Golda :

- "Ce n'est pas bien grave : en hébreu, on lit de droite à gauche !"

NOTES JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Kippour et https://www.lhistoire.fr/la-guerre-du-kippour

(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Golda_Meir et https://dicocitations.lemonde.fr/auteur/3016/Golda_Meir.php

(3) Cf. not. : https://en.wikipedia.org/wiki/Henry_Kissinger, https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Kissinger et https://citations.ouest-france.fr/citations-henry-kissinger-2195.html

(4) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sinaï

SOURCE :

Jean Piat et Patrick Wajsman : Vous n'aurez pas le dernier mot ! Petite anthologie désinvolte des plus belles reparties, Albin Michel, 2006, p. 88.

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"[...]. En 1946, l'Ifop indiquait que seul un tiers des personnes interrogées pensaient que "les Juifs sont des personnes comme les autres", contre 89 % aujourd'hui. [...]."

in : L'antisémitisme augmente-t-il ?, article paru dans la revue Sciences Humaines n° 320, déc. 2019, p. 20.

jupe

 SOUS LES JUPES DES FILLES

"Rétines et pupilles

 Les garçons ont les yeux qui brillent

 Pour un jeu de dupes :

 Voir sous les jupes des filles,

 Et la vie toute entière,

 Absorbés par cette affaire,

 Par ce jeu de dupes :

 Voir sous les jupes des filles."

"[...]."

 Paroles et musique d'Alain Souchon, qui en est également l'interprète (1995).

justice

Dans l'encadré Télérama consacré au documentaire de Thierry Fournet intitulé Les Révoltés de la justice américaine (France, 2015, 55 mn), Vincent Arquillière écrit ceci :

"A travers divers cas, [ce documentaire] brosse [...] un tableau intéressant - et assez effrayant - d'une institution devant laquelle tous les citoyens ne sont pas égaux ; être noir et/ou pauvre constitue à l'évidence un sérieux handicap. Notamment dans l'Illinois, dont il est principalement question ici : parmi cent quarante-quatre condamnés à la peine capitale innocentés entre 1976 (date de son rétablissement dans certains Etats) et aujourd'hui, une vingtaine y ont été jugés. Plusieurs d'entre eux témoignent, ainsi que des avocats, professeurs et étudiants en droit et autres experts. Tous racontent des enquêtes bâclées, des preuves falsifiées, une défense incompétente, et parfois même des tortures par la police pour extorquer des aveux (avec un appareil qui ressemble en tout point à notre sinistre gégène...).

"La médiatisation de plusieurs affaires a conduit à la création, en 1998, du Centre des erreurs judiciaires au sein de l'université Northwestern dans la banlieue de Chicago. Des dizaines d'étudiants y travaillent sur des dossiers de condamnés à mort ou à perpétuité. Treize ans plus tard, le gouverneur républicain de l'Illinois décidait d'abolir la peine capitale (1)."

NOTE JMS :

(1) Il s'agit de Pat Quinn, né en 1948 et membre du Parti démocrate (et non républicain, comme il est écrit dans cet encadré). Le 9 mars 2011, il signa l'abolition de la peine de mort dans l'Etat de l'Illinois.

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"La 'ndrangheta existe, parce qu'en Italie, la justice civile ne fonctionne pas."

"Mommo Piromalli, ancien boss de la Gioia Tauro, à l'hôpital de Messine, lors d'une conversation avec le préfet de police de Reggio Calabria, Vincenzo Speranza, février 1979."

Nicola Gratteri & Antonio Nicaso : Dire e non dire, Arnoldo Mondadori Editore S.p.A., Milan, 2012 ; adaptation française : Mafia calabraise Les dix commandements, Express Roularta Editions, Paris, 2013, p. 178.

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"La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique."

Blaise Pascal : Pensées (1670)

SOURCE :

Les grandes expressions philosophiques, Hors-série Le Point, nov.-déc. 2017, p. 138.

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"Un dossier de justice est un instrument. On lui fait jouer l'air qu'on veut."

Henri Jeanson 1900-1970 (1)

NOTE JMS :

(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Jeanson et http://citation-celebre.leparisien.fr/auteur/henri-jeanson

SOURCE :

Le Monde. 200 pensées à méditer avant d'aller voter, Omnibus/Le Monde, mars 2017, p. 191.