"Je me voyais me défaire, c'était jouissif de dégringoler", dit-elle lors de l'écriture du Ravissement de Lol V. Stein (1964) (1), pompant six litres de vin par jour. "L'alcool fait parler", dit-elle dans La Vie matérielle (2). L'alcool ouvre l'"autoroute de la parole", il emporte toute psychologie et permet l'infinité du verbe. Dieu est mort, proclame Marguerite Donnadieu dans La Vie matérielle. L'alcool ne console en rien. "L'homme qui boit est un homme interplanétaire." À travers cette métaphysique su zinc, l'écrivaine répète son credo. L'alcool ouvre aux rares élus la dilatation infinie de l'écriture. Atteinte d'une cirrhose (3), cette abonnée à la rechute a toujours refusé la médicalisation de son état, proclamant même que les non-buveurs étaient les vrais malades. [...]."
Alain Rubens : De la bouteille à l'encre in Hors-série référence LIRE magazine : Autrices inoubliables, avril-mai-juin 2026, n°10, p. 110.
NOTES JMS :
(1) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Ravissement_de_Lol_V._Stein et https://www.babelio.com/livres/Duras-Le-Ravissement-de-Lol-V-Stein/4094
(2) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_matérielle et https://www.babelio.com/livres/Duras-La-Vie-materielle--Marguerite-Duras...
(3) Cf. not. : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cirrhose